REGIONE CUNFINANTE
Serìa ghjuvèvule se qualchi studiu
fussi fattu nant'à certe regione bislingue cume u Valle d'Aosta,
l'Alsassia, l'Alto Adige etc..
Ste regione di fruntiere hanu a particularità di parlà
una
lingua regiunale cumpresa in a sfera linguìstica di u paese
cunfinante :
I Valdostani (Valle d'aosta) di lingua francopruvenzale sò
Taliani ; ma si sò resi contu che l'imparera di u francese
l'aiutava à mantene u so vernàculu, e di più
unn'eranu spaisati quand'elli francàvanu l'Alpe.
L'Alsassiani, essendu Francesi, hanu a so lingua regiunale chi è
sumigliante assai à l'alemanu. Amparanu u tedescu ch'elli
cunsidereghjanu forma scritta e sapiente di a
lingua alsassiana :
Cusì ammaestreghjanu duie lingue maiò d'Auropa e li
si pare d'esse in casa soia ch'elli sìanu di quà o
di là di u fiume Renu (rhin). Ponu cusì travaglià
e campà sia in Francia, sia in Alemania, sia in Sguizzara.
A Còrsica ch'ùn vole micca assume a s'appartenenza
à l'area linguistica taliana [dicenu chi u corsu hà
sumiglianze dinù cù u spagnolu e cù u portughese
(sic)] ; distante di 170 chilòmetri da Nizza, è sola
sola in u mediterraniu, e e pruspettive per a nostra ghjuventù
ne venenu ridotte assai..
Les propos sont de
la responsabilité de l'auteur, mais le JSC en assume la diffusion
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Pour
franciser l'ile, il fallait expugner la langue italienne, agent conservateur
de la corsitude:
Si la majorité des corses d’aujourd’hui
ont une maîtrise imparfaite de leur langue, ce n’est sûrement
pas de leur fait, et il n’y a aucune honte à éprouver
si l’on a pas eu la possibilité de grandir dans un contexte
de profonde corsophonie. Nous connaissons trop bien quelles sont les
causes et qui sont les responsables de cet état de fait. Toutefois
cette connaissance toujours plus approximative de la langue corse
et une ignorance presque totale de la culture italienne (ignorance
voulue, entretenue et soutenue par une précise volonté
POLITIQUE de l’État français), ont permis la prolifération
d’arguments propagandistes jacobins qui ne répondent
à aucune vérité historique, de subsister dans
les esprits de nombreux nationalistes de la Corse contemporaine, et
d’into xiquer ainsi tout débat sur la langue corse.
Pour qu’un débat sur la langue se fasse sur "des
bases saines", il est primordial TOUT D’ABORD de se débarrasser
des malentendus, des inexactitudes, et des nombreuses altérations
de la réalité historique que nous avons hérité
de la propagande jacobine, à savoir
1 - LES DOMINATIONS PISANES ET GENOISES N’ONT
JAMAIS ÉTÉ PERÇUES PAR LES CORSES DE CES ÉPOQUES
COMME DES DOMINATIONS "ÉTRANGÈRES".
Culturellement, la Corse a fait partie à part entière
du sous continent italien depuis les anciens romains jusqu’en
1852, date à laquelle la langue toscane fut abolie, et date
à laquelle les sgiò corses furent obligés de
cesser la traditionnelle fréquentation des universités
de Pise et de Rome. Jusque là les Corses se considéraient
tout aussi italiens des pisans et des génois, tout comme les
anciens grecs qu’ils fussent d’Athènes, de Corinthe,
de Sparte, de Syracuse, de Neapolis (Naples) ou de Massilia (Marseille)
se considéraient grecs à part entière. Pou r
les uns comme pour les autres cela ne les empêchaient pas d’avoir
des patries différentes et de se déclencher perpétuellement
des guerres intestinales. La domination génoise en Corse est
une des nombreuses guerres intestinales d’Italie (Pise fut conquise
par Florence, la république de Bologne fut conquises par les
armées du Pape, Brescia et Bergame furent arrachées
à la Lombardie par la République de Venise, Amalfi fut
conquise par Naples, la république de Sienne dut se rendre
face à Florence, les républiques maritimes de Gênes,
Pise, Amalfi et Venise furent durant toute leur existence constamment
en guerre entre elles, les Siciliens se sont souvent soulevés
contre Naples, etc…)
2 - LA LANGUE TOSCANE N’A JAMAIS ÉTÉ
IMPOSÉ POLITIQUEMENT EN CORSE NI PAR PISE, NI PAR GENES
Durant l’époque Pisane, les textes
officielles étaient rédigés en Latin (comme dans
toute l’Europe occidentale chrétienne). La langue toscane
fit son apparition en Corse durant la période génoise.
Cela dit les génois parlen t une langue (le ligure) qui est
beaucoup plus éloigné du Toscan que ne l’est la
langue corse. Si l’on considère en plus que la Corse
fut arrachée aux pisans et que de nombreux corses étaient
encore des partisans de Pise et rêvaient le retour de celle-ci,
on voit mal comment les génois aurait pu "imposer"
en Corse le toscan, langue de leur ennemis les Pisans… S’il
y avait une langue à "imposer", celle-ci aurait logiquement
dut être le Ligure, langue que l’on parlait couramment
dans les villes fondées par les génois comme Bastia,
Calvi et Bonifacio. De plus, jamais U Babbu n’aurait officialisé
cette langue dans sa Corse libre et indépendante, ni l’aurait-il
choisi comme langue de l’enseignement pour son Université
de Corte, si celle-ci avait été le fruit d’une
"imposition linguistique" de l’ennemi génois…
Le toscan fait son apparition à la même époque
dans TOUS les états italiens (y compris la république
de Gênes) 8 siècles avant l’unité politique
de la péninsule, sans imposition politique et sans que ce ux
ci ait du subir une " domination" toscane, mais exclusivement
pour des raisons culturelles:
Le Toscan fut en Europe une des premières langues vulgaires
écrites. Le prestige de ses auteurs et de leurs œuvres
permit à cette langue de s’introduire dans toutes les
universités italiennes (jusque là le Latin avait été
l’unique langue), tous les sgiò italiens eurent ainsi
accès au Toscan…
L’évolution des langues italiennes avait éloigné
de plus en plus celles-ci du Latin officiel, cela demandait désormais
de plus en plus d’effort pour un sgiò italien de s’exprimer
correctement en Latin. Le toscan étant pour tous les italiens
infiniment plus facile et compréhensible, il est normal que
ceux-ci se tournèrent de plus en plus vers cette langue, et
que celle-ci, sans officialisation ou imposition d’aucune sorte,
commença tout naturellement à remplacer le Latin : Les
gens du peuple ne comprenaient presque plus rien au Latin, lorsqu’on
publiait un édit dans cette langue, il ne suffisait plus de
le lire au pe uple analphabète sur la place des villages, il
fallait encore le traduire dans toutes les variantes parlées
de ces villages. Le toscan qui avait l’avantage d’être
d’intercompréhension immédiate avec toutes les
autres langues italo-romanes et d’être par conséquent
compris de tout le monde facilita tous ces problèmes bureaucratiques,
voilà pourquoi les fonctionnaires des états italiens
commencèrent graduellement à l’utiliser en lieu
et place du Latin.
C’est comme ça que le toscan s’est imposé
à la même époque dans toute l’Italie y compris
en Corse, de façon NATURELLE, et non POLITIQUE. Les Genovesi
n’y sont pour rien, leur présence en Corse durant ce
passage Latin-Toscan n’eut aucune influence sur cette évolution.
Le dernier état qui résista le plus longtemps en n’utilisant
que le Latin comme langue officielle fut l’état du Vatican…
3 - L’INTERCOMPRÉHENSION NATURELLE
ENTRE LE CORSE ET LE TOSCAN N’EST PAS LE FRUIT DE LA DOMINATION
PISANE ET GENOISE
La langue corse présente autant s i ce n’est plus de
proximité avec les parlers du Lazio (Latium) ou de l’Umbria
(Ombrie) qu’avec le Toscan, sans qu’il n’y ait eu
ni en Corse de domination Umbra ou Laziale, ni non plus dans ces 2
régions une domination pisane.
La boussole est une invention qui n’existe qu’à
partir du XIe siècle, avant cela on naviguait à vue,
c’est pourquoi du temps des étrusques jusqu’aux
pisans, les échanges matériaux et humains entre l’île
et le continent passaient tous par l’Italie centrale (Toscana
et Lazio). Ces échanges n’étaient pas à
sens unique, si d’un côté nous avons de nombreux
villages dont la population d’origine venait du centre de l’Italie
(ex: Pigna en Balagne fut fondé en l’an 1000 par un évêque
de Rome, la population d’origine provenait de la ville éternelle
car les Pisans favorisaient une politique de repeuplement dans les
lieux inhabités de l’île pour empêcher aux
sarrasins de pouvoir s’y installer), de l’autre il exista
jusqu’en 1800 des flux constants d’immigration de cors
es en Italie centrale (e x: le quartier de Rome "Trastevere"
a été pendant des siècles le quartier traditionnel
des corses à Rome). La proximité géographique
et historique et les mélanges humains ont fait du Corse un
peuple de l’Italie centrale, c’est pourquoi l’évolution
du Latin de Corse aurait de toute manière été
très proche du toscan comme le sont l’Umbro ou le Laziale
même dans l’absence d’une domination pisane ou génoise.
Les italiens historiquement n’ont jamais exercé de politique
"d’impositions linguistiques". Ceci est une prérogative
jacobine. Les Génois sont restés
300 ans à Chypre et dans d’autres petites îles
grecques, l’officialité de la langue grecque dans ces
lieux n’a jamais été mise en discussion.
De même les vénitiens occupèrent pendant 500 ans
Crète et 700 ans Corfù. Là aussi on retrouve
dans le parler local quelques rares mots d’origine vénitienne,
mais le grec fut toujours langue officielle.
Les italiens ont toujours administré leur conquête sous
le modèle de "La Pax Romana": Donner à César
ce qui est à César, c’est à dire dans le
cas des génois par exemple: "payer nous nos taxes",
mais sur le domaine de la culture et des croyances religieuses (les
îles grecques par exemple ne furent jamais converties au catholicisme),
"vous êtes chez vous, conservez vos usages et vos coutumes
et faites ce qui vous semble meilleur…"
Ce qui intéressait les Genovesi, c'etait seulement " le
fric ", ils n'étaient pas des impérialistes, mais
des Businessmen, c'est là toute la différence entre
leur domination et celle des jacobins : Les uns voulaient notre argent,
les autres veulent notre âme...
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4 – L’ABOLITION DE L’ITALIEN EN 1852
N’A PAS ÉTÉ UN ACTE LIBÉRATOIRE DANS
LE BUT D’EFFACER LA LANGUE "ÉTRANGÈRE"
DES "EX COLONISATEURS" ! !
Les français ne pouvaient pas abolir la langue parlée
des corses vu que celle-ci n’était qu’une forme
d’expression orale qui n’avait jamais eu aucun statut
d'officialité, cela dit ils savaient parfaitement qu’
en abolissant l’expressi on littéraire des Corses (le
Toscan), l’absence d’intercompréhension avec
le Français condamnait les parlers locaux (Capicorsinu, Balanninu,
Pumunticu, Cismuntanu, Bonifazincu) tôt ou tard à disparaître,
favorisant ainsi le processus de francisation (FRANCISATA)
IL EST IMPORTANT D’EXPLIQUER AUX JEUNES CORSES QUI
ONT GRANDI DANS UN SYSTÈME FRANCOPHONE QUI EXCLUT TOUTE COHABITATION
AVEC UNE AUTRE LANGUE, QUEL EST LE DEGRÉ D’INTERCOMPRÉHENSION
ENTRE LA LANGUE CORSE ET LES IDIOMES ITALIENS.
La langue corse appartient à la famille des langues italo-romanes.
L’Italie est un pays qui possède de nombreuses langues
issues dans leur majorité de cette famille italo-romane.
Contrairement au Corse, les langues régionales italiennes
sont toutes en excellente santé, et ceci sans qu’aucune
d’entre elles ait droit à la coofficialité ou
soit enseignée à l’école. La raison de
cette subsistance des langues vivantes italiennes est due à
l’intercompréhension naturelle et immédiate
qui existe entre celles-ci e t le toscan, langue officielle du pays.
EX :Un zitello sicilien qui grandit à Rome peut lorsqu’il
rentre en vacances en Sicile comprendre et donc communiquer avec
ses petits cousins ou amis qui lui parlent Sicilien. De même
celui ci peut, s’il le désire, facilement s’approprier
de cette langue, car comprendre une langue, c’est déjà
la connaître, de là à la parler l’effort
est très modeste, il suffit juste un peu de pratique…
Ce n’est pas le cas d’un zitellettu de la diaspora Corse
qui grandit à Paris. Celui ci est totalement exclus lors
d’une conversation en langue Corse.. C’est d’ailleurs
la raison pour laquelle, historiquement, la Bourgeoisie corse est
celle qui a mis le plus de zèle pour soutenir le processus
de Francisata. On faisait tout pour que les enfants grandissent
en parfaits francophones, car seul le Français pouvait donner
accès aux aspirations sociales et économiques de la
Bourgeoisie. Une fois grandis ces gosses ne pouvaient supporter
l’idée de se sentir excl us dans leur propre île,
c’est pourquoi il faisaient tout pour accélérer
le génocide de la langue Corse. Ce racisme de classe sociale
est une des causes à la base des nombreux complexes qu’à
dû souffrir a lingua nustrale…
La langue Corse est désormais EXCLUE de pratiquement TOUS
LES DOMAINES DE LA VIE COURANTE. L’écrasant monopole
de la francophonie a relégué la lingua nustrale uniquement
à la culture spécifique de notre île (chants
et poésies) et aux quelques rares moments d’intimité
entre corsophones. Ces derniers ont perdu l’habitude de s’adresser
directement en langue corse dans les lieux publics car c’est
désormais une perte de temps: 9 fois sur 10 ils ne sont plus
compris.
L’unique moyen pour INVERSER la tendance de L’EXTINCTION
du corse, est celui de RE-CONSTRUIRE un mécanisme de contexte
naturel qui lui soit favorable et qui puisse lui restituer toutes
ses PREROGATIVES DE LANGUE VIVANTE.
L’handicap qui fait le plus de tort au corse est sa complète
EXCLUSION DU M ONDE DU TRAVAIL:
-L’absence d’intercompréhension franco-corse
font que l’apprentissage de cette langue représente
un réel effort. TRÈS PEU DE GENS SONT DISPOSES À
FOURNIR CE GENRE D’EFFORT POUR UNE LANGUE QUI NE DONNE AUCUNE
SORTE D’OPPORTUNITÉ ECONOMIQUE et qui n’est lié
qu’au domaine du sentiment identitaire. Si la plupart des
corses et des "nationalistes" abandonnent eux-mêmes
ce genre de projet en cours de route (la tâche demande trop
de temps et les possibilités de "bains linguistiques"
sont trop rares pour être efficaces), comment vouloir espérer
que l’autre moitié de la population d’origine
continentale puisse trouver l’incitation nécessaire
pour se rapprocher de notre langue?…
Il est IMPERATIF de redonner à la langue corse une IMPORTANCE
PLURALISTE (économique et culturelle) favorable à
son épanouissement. Le moyen le plus efficace pour libérer
le corse de sa PRISON FOLKLORISTIQUE est celui de RENOUER les liens
culturels avec la sphère linguistique italienne. Le modèle
à suivre est l ’exemple du Québec, car l’
intercompréhension qui existe entre le Québécois
et le Français est semblable à celle qui existe entre
le Corse et le Toscan.
Se rapprocher de la culture italienne signifie reprendre contact
avec les autres langues italiques, et entre autre avec le Gaddurese
de nos frères les "Corsicani" de Sardaigne. Cela
permettrait aux Corses de découvrir combien ces dialectes
sont présents dans la littérature et le Cinéma
italien. Gadda, Pasolini et Verga sont trois écrivains d'importance
capitale dans la littérature italienne (ils sont mandataires
dans le système scolaire italien) : Leur œuvres plus
importantes ont été écrites en DIALECTE ROMANESCO
et en SICILIEN.
IL N’EST PAS RARE DE VOIR DES FILMS INTÉGRALEMENT EN
SICILIEN, EN NAPOLITAIN OU EN ROMAIN.
Il faut être totalement myope (ou malintentionné)
pour ne pas comprendre que favoriser un tel rapprochement donnerait
LA POSSIBILITÉ AUX OEUVRES CORSES ET À NOTRE LANGUE
E N GÉNÉRAL D’ACCEDER À UN MARCHÉ
DE 60 MILLIONS DE LOCUTEURS CAPABLES DE COMPRENDRE A LINGUA NUSTRALE…
Les langues italiennes et le Corse reposent sur une "Forma
Mentis" commune. Pas besoin d’avoir une imagination hors
du commun pour comprendre toutes les opportunités qu’implique
un tel état de fait pour l’épanouissement de
notre langue. Tourner le dos à une culture si proche de la
notre est pour la langue corse UN ACTE SUICIDAIRE.
Il est malheureux de constater que désormais les touristes
italiens s’adressent à nos compatriotes en français
ou en Anglais (sic) car la Francisata est tellement bien ancrée
qu’ils n’ont plus conscience de la possibilité
de communication directe qui existe avec notre langue.
IL FAUT ABBATRE CE GENRE DE BARRIÈRE DE COMUNICATION, CELA
REPRÉSENTE LA DERNIÈRE CHANCE POUR NOTRE LANGUE D’ÉCHAPPER
AU PIÈGE DE L’ISOLEMENT… entre Corses et Italiens,
non au filtre du français, de l’anglais ou de l’Espagnol…
Voilà pourquoi je pense, qu’il est
dangereux de soutenir que le cors e est à équidistance
entre l’Italien et l’Espagnol. Cela est un piège
pour empêcher l’épanouissement de notre langue.
S’il faut obtenir l’enseignement obligatoire du corse
dès la maternelle, il faut aussi pousser les jeunes corses
à privilégier l’Italien (qui appartient à
notre patrimoine culturel) par rapport à l’Espagnol.
Piero Pietri
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