Pour le Journal Scolaire de la Corse
Bastia le 29/9/2002
Docteur, humaniste, et
Homme politique
" La Corse "
Séparée
du continent européen il y a 600.000 ans, cette « montagne dans la
mer » culmine à 2.700 mètres tandis que de très nombreux
sommets tutoient les 2.000 mètres. L’île tient de la nature
des richesses exceptionnelles : la beauté, minérale, pure, confondante,
s’y décline sur tous les modes et des panoramas comme Les Calanches
de Piana, Scandola, Bonifacio, le golfe d’Ajaccio, merveilles au milieu
de cent, de mille merveilles, suscitent l’émotion esthétique
et la paix intérieure. Les forêts et les maquis, remplis d’une
faune riche, embaument la Corse ; la neige, les rivières, les lacs et les
sources – don du ciel- déversent l’eau à profusion tandis
que l’île se baigne et se mire voluptueusement, par ses rivages somptueux,
dans cette Méditerranée envoûtante ; certes lac des grandes
civilisations riveraines où se sont épanouies la démocratie,
les cultures de la vigne, de l’olivier, des agrumes et du figuier mais où
aussi, malheureusement, se sont développés des conflits dont l’humanité,
dans un rite funèbre contraire à la sagesse, a le triste secret.
La main de l’homme est partout,
et surtout dans la montagne où des champs secs et dénudés
voient d’innombrables murettes s’élancer à l’assaut
des cimes, témoins muets de l’ardeur au travail et de la peine de
nos ancêtres dans leur quête de subsistance ; comme sont des témoins
d’une civilisation agropastorale évanouie, ces bergeries bien conçues,
solides et ces villages austères et fiers, souvent dépeuplés.
Mais la vie, bruisse à nouveau des projets, des chantiers, de l’espoir
qu’elle génère ; espoir qui sera , un jour, à nouveau
attesté par les cris joyeux des enfants. La nostalgie ne crée rien
sauf le désespoir : dans les villes, les bourgs, les plaines, on voit les
activités – tourisme, petites industries, artisanat, commerce- se
multiplier, s’intriquer et faire naître la vie.
Le peuple corse se compose de femmes et d’hommes dont l’origine et
la provenance se perdent dans la nuits des temps. Et l’archéologie
montre, à travers de sites remarquables comma Aleria, Filitosa, Cucuruzzu,
Cauria, Mariana et tant d’autres, l’ancienneté et la qualité
de l’occupation de l’espace. Terre de migrations, la Corse porte,
dans sa culture, tenace comme le chiendent et créative comme les aubes,
les signes féconds des brassages, des métissages mais elle reste
elle-même ; l’Histoire atteste sons aspiration immémoriale
à la liberté, souvent menacée par les convoitises des grandes
puissances ou la folie des dictateurs comme en 1940 ; elle révèle
aussi le fil continu, parfois fragile mais cependant résistant qui relie
les générations, enjambe les siècles, chante en polyphonies,
en tressant le lien social perpétuellement affermi et rénové.
La Corse a toujours été la terre d’accueil de l’étranger,
souvent démuni et donc vulnérable, qui cherche un repas, un toit,
un emploi ; terre de partage, elle doit le rester pour celles et ceux qui respectent
son identité, sa culture, sa terre et veulent s’asseoir à
la table commune, sans renoncer, bien entendu, à être eux-mêmes.
Un mode de vie à préserver, un patrimoine à défendre
et à valoriser, une économie à construire, ouverte sur la
Méditerranée et l’Europe, ouverte sur le monde et ses peuples,
voilà les matériaux des chantiers d’un avenir, assis sur le
progrès économique et social, la fraternité et la paix.
Dr Edmondu SIMEONI
Le JSC remercie très vivement Le Docteur Edmond
SIMEONI pour l'animation de cette nouvelle rubrique, pour le joindre
passez par notre l'adresse e-mail du journal scoalire de la CORSE : journal@tiscali.fr
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