Le S.T.I s’étonne des communiqués de la F.S.U et du S.N.A.L.C. consacrés
au mouvement d’affectation des personnels enseignants. Cette année encore,
une trentaine de jeunes corses se trouvent en situation d’exil alors que
75 professeurs continentaux appartenant pour beaucoup à leurs structures
syndicales nationales, font leur entrée dans l’Académie.
En l’espace de 5 ans, 280 postes d’enseignement ont été occupés alors que
de nombreux corses ont du partir. La F.S.U., le S.N.A.L.C. et le S.G.E.N.
qui siègent tous trois à la Commission Administrative Paritaire Nationale
qui préside aux affectations n’ont jamais contesté les règles qui régissent
ce mouvement : ces organisations ont toujours refusé le décret de mise hors
norme de l’Académie. Ces syndicats ont négocié des exceptions à la règle
commune qu’ils affirment être la règle de droit. Les passe-droits ainsi
établis semblent cette année ne plus pouvoir fonctionner. En effet l’arrivée
massive de professeurs continentaux depuis quatre ans, conjuguée à une normalisation
des supports rend absurde « la reconduction des méthodes employées durant
les années passées ».
Pour sa part, le syndicat nationaliste de l’enseignement : le S.T.I., lors
de la Commission Paritaire Académique du vendredi 13 Avril 2000 a adopte
la position suivante : « Seul un décret de mise hors norme de l’Académie
de Corse permettra de résoudre le problème des affectations, des dotations
et de l’adaptation à notre langue et notre culture du système éducatif.
Le S.T.I ne considère comme légitimes que les revendications qui s’appuient
sur ce principe »
Pourquoi maintenir en corse des enseignants qui acceptent par leur engagement
syndical la règle nationale française, mais veulent y soustraire leur cas
personnel ? Pourquoi les organisations syndicales demandent-elles au Recteur
de déroger à la loi nationale alors qu’elles n’adhèrent pas au principe
qui autorise cette dérogation : le décret de mise hors norme de l’Académie
de Corse ?
Pourquoi le gouvernement après avoir ignoré le thème essentiel de l’éducation
dans les Accords de Matignon, affecte-t-il en corse des enseignants continentaux
dans des disciplines saturées lorsqu’on évoque « une gestion rationnelle
des moyens humains » ? . Dans le même temps l’Etat accorde aux DOM- TOM
un décret de mise hors norme fondé sur le droit du sang et nous refuse ce
même décret revendiqué à partir de notre culture.
Face à ces positions incohérentes dans leur principe, partisanes dans leur
application et clientélistes dans leur méthode, le S.T.I propose depuis
cinq ans l’octroi d’une bonification de 1000 points à tout enseignant qui
demande son affectation en Corse comme vœu unique, en justifiant de sa scolarité
dans cette Académie jusqu’en classe de 3ème. Le déblocage d’une situation
explosive (par la transparence dans la gestion des affectations et des choix
politiques clairs) est une urgence : on ne peut plus techniquement accepter
l’ouverture de l’Académie à tous et le maintien de tous.
Le S.T.I. réaffirme sa détermination et apporte son soutien à ceux qui assument
le choix de la mise hors norme, afin que la solution adoptée ne soit jamais
celle de quelques privilégiés.
(IV.5 Vœux portant sur les DOM « 1000 points sont attribués pour les vœux
portant sur les académies de la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et
la Réunion, pour les agents originaires ou dont le conjoint ou les ascendants
directs (père ou mère) sont originaires du DOM demandé, sous réserve de
justification de cette qualité par un document joint à la demande »)Bulletin
Officiel de l’éducation nationale ; numéro spécial N°15 du 30 Novembre 2000.
Adaptation des programmes d’histoire et de géographie pour les enseignements
donnés dans les DOM (B.O N°8 du 24 février 2000)