La Francophonie, une affaire de jeunes francophones passionnés de technologies et ouverts sur le monde.

par Kokou Mawuli Fernand Ackey et Eric Koudzo Nayo
fernandbienvenue.ackey@moncourrier.com

Lieu culturel par excellence entre peuples de différentes cultures, la Francophonie est devenue aujourd’hui un véritable outil de travail, d’échange d’idées et de connaissances et sert de baromètre et de mesure de l’état des relations entre les nations (en développement) et celles (industrielles) qui utilisent cet outil commun d’échange.

Notre planète terre étant devenue ce que les technocrates appellent "un village planétaire" grâce aux formidables prouesses technologiques de communication par satellite, à l’Internet et autres inforoutes de l’information, les habitants de la terre se sentent désormais plus proches les uns des autres, plus concernés par les problèmes des uns et des autres, entraînant par conséquent une solidarité plus accrue.

La couche de la populations mondiale qui devrait tirer le plus grand profit de cette "ouverture planétaire", c’est celle des jeunes.

De l’Afrique au Québec, du Vietnam à la France en passant par l’Europe centrale, la Belgique et la Suisse, les jeunes se rassemblent comme des frères siamois et vivent les mêmes craintes et les mêmes espoirs : la soif de connaître et de découvrir des horizons nouveaux, les rêves de succès et de grandeur, communiquer avec les autres, les dangers de la sexualité mal contrôlée, l’attrait de la drogue, du tabac et de l’alcool, sans oublier les meurtrissures de la guerre.

Et grâce à la télévision, à la radio, à l’Internet, toutes ces préoccupations se succèdent et défilent sans discontinuer comme un perpétuel cinéma, mettant les jeunes au centre d’un tourbillon d’événements innombrables et divers susceptibles de bouleverser leur comportement.

Que faire donc devant une telle situation ? À quels repères s’attacher ou s’identifier pour pouvoir s’affirmer ?

C’est ici qu’apparaît l’importance du concept de la Francophonie, ce trait d’union culturel grâce auquel les déséquilibres linguistiques, raciaux, politiques se réduisent, les incompréhensions se minimisent pendant que la solidarité s’accentue. Sur les ondes et les sites web des stations de Radio comme RFI, Africa N° 1, Radio Suisse Internationale, la Radio Suisse Romande, la Voix de l’Amérique, la BBC, la langue française permet aux jeunes d’échanger des correspondances, de devenir amis et se rendre visite, de procéder à des jumelages d’écoles et associations, d’assister ou participer à des débats télévisés par satellite. Les manifestations culturelles comme la Francofête de Québec, les festivals de cinéma de Ouagadougou (Fespaco), les festivals de Musique de Johannesburg (Kora), Abidjan (Masa), les Francofolies de France, toutes ces manifestations entrent dans le cadre d’une organisation culturelle francophone bien structurée qui draine chaque année des millions de jeunes sur place et face aux écrans de TV et Internet.

Nous n’oublierons pas les magazines d’information de toutes sortes pour jeunes paraissant dans toutes les variantes de la langue française dans les pays francophones et qui font la richesse et le charme de cet outil culturel : la spécificité du français québécois, louisianais, haïtien, guadeloupéen, suisse, ivoirien, sénégalais avec les richesses du terroir de chaque peuple. Et ces peuples sont diversifiés : lusophones, comme la Guinée-Bissau, anglophones, comme le Ghana et le Nigeria, arabophone comme l’Egypte, la Syrie et le Liban. Un véritable foisonnement culturel qui va au-delà des barrières coloniales et qui ne vise qu’à l’épanouissement psycho-culturel de l’individu.

La jeunesse francophone a su tirer profit des avantages technologiques générés par la Francophonie. À preuve, ce concours auquel nous participons n’a été possible que grâce à Internet. En naviguant sur les sites francophones, nous avons découvert ce concours, de même que nous découvrons beaucoup d’autres choses qui intéressent la vie des jeunes.

*

En matière d’Internet au Togo, beaucoup de centres informatiques se créent dans le but de rendre facile son accès à toutes les couches de la population, les jeunes en particuliers. Les jeunes Togolais utilisent beaucoup l’Internet dans le cadre des recherches et surtout dans le cadre des correspondances. Ainsi par le biais de l’Internet les jeunes Togolais correspondent avec des jeunes d’autres horizons afin de s’échanger des idées, des expériences et de se découvrir.

Mais malgré la diversité des centres informatiques nous remarquons qu’au Togo tout le monde n’a pas accès à l’Internet, faute de moyens financiers ; l’Internet au Togo étant une affaire de gros sous. C’est dans cet ordre d’idées que ces derniers mois, beaucoup de centres informatiques se sont lancés dans la course de la vulgarisation de l’outil informatique en l’occurrence l’Internet en présentant des tarifs très réduits pour son obtention.

En matière d’ouverture sur le monde, le jeune francophile est avide d’informations de toutes sortes. Chaque jour à Lomé (Togo) où nous vivons, nous naviguons sur le Web pour savoir comment les jeunes vivent la drogue, le tabac et le Sida dans le monde. Comment faire pour lutter contre ces fléaux qui minent les jeunes et les détruisent ? Nous voudrions donc porter à la connaissance de nos amis jeunes du monde quelques chiffres sur des maladies au Togo, par le biais du Ministère de la Santé Togo (Bilan 1999 et statistiques du comité national de lutte contre la drogue au Togo en ce qui concerne les informations de la drogue.)

1) Le Programme national de lutte contre le Sida (PNLS) du Togo chiffre à 150.000 le nombre de séropositifs (porteurs du VIH) au 1er trimestre 1999, soit 3,3 % de la population.

2) Au moins 10.000 cas de MST sont dénombrés par le PNLS au 1er semestre 1998.

3) Au Togo, quelques 3 % de la population souffrent de la drépanocytose, cette maladie héréditaire qui déforme les globules rouges du sang et affaiblit l’organisme du malade.

4) Au Togo 18 % de la population souffrent d’un goitre dû à la carence.

10 % de la population du Nord du Togo souffrent d’une perte de vision à la tombée de la nuit par suite du manque de vitamine A.

42 % des femmes en âge d’avoir un enfant souffrent d’une anémie par carence en fer.

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5) Les conséquences de l’abus des drogues

a - Conséquences sur la santé

Au Togo, déjà dans les années 1980, un quart des admissions de l’hôpital psychiatrique de Zébévi était constitué par des sujets ayant consommé du cannabis ou autres psychotropes. En 1987, ce chiffre est porté à 40 %.

En 1990, un répertoire des activités du service de Neurologie du CHU - Campus révèle que 5 % des hospitalisations sont dues à l’usage de la drogue.

Une enquête récente réalisée en 1996 auprès de mille (1000) étudiants révèle que 6 % d’entre eux ont utilisé des drogues et parmi les 6 % beaucoup avouent avoir utilisé des drogues par voie intraveineuse.

Il faut craindre la recrudescence des maladies comme le SIDA/MST et les hépatites transmissibles par voie intraveineuses.

Au cours de 1996-1997 l’infirmerie Principale de la Garnison de Lomé du Camp RIT a accueilli une douzaine de cas de toxicomaniaques chroniques amenés soit par des parents soit par la police.

Le manque de structures appropriées fait que bien des cas restent non connus.

Comme on le voit, la toxicomanie existe et évolue de façon inquiétante. Elle pose des problèmes de santé publique et appelle une prise de conscience et des moyens pour y faire face.

Cas de toxicomanes traités à l’hôpital psychiatrique de Zébévi

ANNÉE

1986

1987

1988

1989

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

Nb de toxicomanes traités

31

39

64

70

68

41

72

35

31

36

69

176

86

Cas de décès constatés dans les ghettos liés à des activités de toxicomanie

1989

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

05

02

01

05

07

02

04

03

03

 

b) Conséquences socio - économiques

La population cible étant la jeunesse, les conséquences suivantes sont prévisible :

*- Augmentation des accidents de travail et de circulation

- Baisse de la productivité causée par la détérioration de l’état de santé de la population active.

- Baisse de la culture des produits de rente et vivriers en faveur de la culture du cannabis.

- Recrudescence de la délinquance et de la criminalité.

- Déperdition scolaire (fréquence des échecs et des abandons de l’école), diminution des capacités intellectuelles et physique de la population active.

6) Actions engagées

Mesures prises pour lutter contre le trafic et l’abus des drogues

Les autorités togolaises ont depuis longtemps accordé une attention particulière à ce phénomène de drogue en adoptant de nombreuses mesures tant au plan national qu’international.

a) Sur le plan national

- Mesures législatives et réglementaires

La première loi contre la drogue est la loi N°84-15 du 16 mai 1984 relative à la répression de l’usage, de la production et du trafic des substances vénéneuses et stupéfiantes.

Cette loi comportait beaucoup de lacunes.

C’est pourquoi une nouvelle loi élaborée avec l’assistance juridique du PNUCID.

Cette nouvelle loi (N°98-008 conforme à la convention de 1988 et à la loi-cadre harmonisée pour les pays de la CEDEAO), a été adoptée par l’Assemblée Nationale le 24 février 1998 et promulguée par le Président de la République le 18 mars 1998.

b) Structure nationale de coordination

Dans le cadre de la redynamisation de la lutte, le décret N°96-040/PR du 10 avril 1996 pris en conseil des ministère de l’Intérieur et de la Sécurité.

Ce comité interministériel a pour mission de coordonner la lutte dans le pays. Il regroupe les représentants de dix-sept (17) ministères et Organisations Non Gouvernementales impliquées dans la lutte.



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