Nous
sommes très heureux de vous informer de l'hébergement d'un
confrère " Toc de Web " ...
Voici l'édito en avant première, chaque mois vous y retrouverez
des morceaux choisis... du Très Ajaccien " TOC de WEB! "
Notre travail liminaire au sein de l’Atelier Presse et Communication
affirme sa filiation à la tradition engagée par les sciences
sociales en opposition à la tradition technico-instrumentale, prétendument
neutre axiologiquement. L'objectif poursuivi avec dilection, n'est cependant
pas d'élaborer un nouveau discours critique, ou un discours critique
supplémentaire et incrémentiel sur les médias et leurs
modalités de fonctionnement, il est plutôt d'explorer les ressources
cognitives dont disposent les individus dans une société comme
la nôtre (de l'usager ordinaire des médias au spécialiste)
pour critiquer les défaillances et les débordements du travail
journalistique, ses insuffisances et ses vanités, comment y aboutir,
si ce n’est par le cas pratique ?
Ce faisant, nous cherchons à analyser les limites et les résistances
que rencontre régulièrement, parmi les journalistes, l'emploi
de ces ressources critiques. Par exemple, pourquoi tant de critiques adressées
aux journalistes, et même tant d'autocritiques de leur part sont-elles
si facilement relativisées par eux ?
Notre démarche relèvera moins d'une sociologie critique que
d'une sociologie de la critique. Notre intention n'est pas de critiquer
les journalistes : elle est plutôt de donner aux participants de l’atelier,
les moyens de frapper plus juste, c'est-à-dire aussi les moyens de
critiquer d'une façon qui, étant en meilleure prise avec les
pratiques, les représentations et les valeurs des journalistes, soit
plus difficile pour eux à relativiser ou à contourner.
Quelles sont les critiques que les "gens ordinaires" tendent à
adresser aux journalistes, les critiques que leur adressent, sous des formes
qui se veulent plus savantes, les sociologues professionnels eux-mêmes.
Ce pas de recul permet, autrement dit, et pour céder à une
expression à la mode, de faire son "auto-socio-analyse",
non pas cependant en tentant d'objectiver sa propre position ou une trajectoire
socioprofessionnelle par rapport à celle des journalistes.
La réflexivité qu'introduit le passage d'une sociologie critique
à une sociologie de la critique consiste donc moins à calculer
ses propres intérêts de sociologue par rapport aux intérêts
des journalistes qu'à rapporter ses raisons de critiquer les journalistes
à une compétence commune à la critique et à
un sens partageable du juste et de l'injustice, compétence et sens
commun que les journalistes eux-mêmes tendent à posséder
et qui font qu'en définitive un dialogue avec eux reste toujours
possible, par-delà même la divergence de nos intérêts
et de nos stratégies.
Nous espérons surtout que le lecteur aura quant à lui, trouvé le sens caché de cet Editorial cogniticien…