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UN CRI D'ALARME POUR
LES PEUPLES TIBETAIN, OUIGHOUR ET MONGOL,
COLONISES PAR LA CHINE

Ayant reçu comme un formidable cadeau quelques éléments de la riche culture du Peuple du Pays des Neiges, ayant compris que ce Peuple et sa culture sont en réel danger de disparition pour l'humanité, ayant eu connaissance des souffrances insupportables de ce Peuple, comparable à celles des Peuples ouighurs et mongols également colonisés par la Chine, nous nous devons de le faire savoir et de protester.
En 1949, la Chine envahit dans un bain de sang son voisin le Tibet alors indépendant et entame dès lors une colonisation et un véritable génocide du Peuple tibétain.
Cela débouchera sur l'exil du Dalaï Lama et le soulèvement du 10 Mars 1959, à Lhassa, où des dizaines de milliers de Tibétains périrent. On estime à 1 million 200 000 le nombre de Tibétains morts suite à cette politique totalitaire au Tibet. Comparé aux 6 millions de Tibétains, on doit parler d'un génocide.
Aujourd'hui encore, il y a urgence car les violations des Droits de l'Homme et crimes contre l'humanité se multiplient, notamment les avortements imposés (parfois jusqu'au 8e-9e mois de grossesse), la stérilisation forcée des jeunes filles et des femmes tibétaines, les enlèvements, les assassinats, les disparitions de personnes, les arrestations et condamnations arbitraires, la peine de mort appliquée sans appel, l'emploi avéré de la torture, les exécutions, les travaux forcés, les viols, les famines, les suicides par désespoir. Le climat est celui d'une discrimination raciale où règne la malnutrition et le non-emploi des Tibétains dans un contexte de pillage des ressources entraînant de véritables catastrophes écologiques sur le toit du monde.

RISQUE DE DISAPRITION D'UNE CULTURE UNIQUE

La répression qui touche les monastères risque de faire disparaître la plus riche tradition de culture bouddhiste au monde. La transmission de cette culture s'opère d'éminents Maîtres à d'excellents Disciples. Beaucoup sont morts aujourd'hui, et leur savoir est perdu pour l'humanité.
Plus de 6000 monastères ont été détruits.
Des bibliothèques réputées aux livres irremplaçables, certains du VIIe siècle provenant d'Inde, ont été brûlées, une perte pour le patrimoine de l'humanité. Encore actuellement, les Tibétains sont expulsés par la force et leurs quartiers détruits. Il est interdit de détenir un portrait du Dalaï Lama. Les moines et les nonnes doivent dénoncer par écrit le Dalaï Lama au cours de séances intensives de rééducation.
En 1997, le bouddhisme a été qualifié de "culture étrangère". La récente fuite du Tibet du Karmapa âgé de 14 ans illustre, si cela était encore nécessaire l'absence de liberté au Tibet. La résolution du Karmapa pour partir est devenu ferme alors qu'il devenait coupé de son tuteur et qu'en 1998 deux intrus chinois avaient été trouvés dans le monastère de Tsurphu avec des couteaux et des explosifs. "Il s'agissait évidemment d'un complot pour nuire au Karmapa," selon un proche du Karmapa, "et de remettre la faute sur les Tibétains."
Le Karmapa vient d'obtenir enfin, début février, le statut de réfugié auprès des autorités indiennes. Il peut maintenant se déplacer librement en Inde à l'exception du Sikkim, revendiqué par la Chine.
Se déclarant très heureux, il veut se rendre à Bodhgaya et Varasani. La Chine, embarrassée par cet exil, a aussitôt averti l'Inde qu'elle ne tolèrerait aucune activité anti-chinoise de sa part. Les autorités chinoises utilisaient le Karmapa pour prétendre qu'elles toléraient le bouddhisme tibétain.
Pourtant, en 95, Gendhun Choekyi Nyima, un enfant de 6 ans reconnu par le Dalaï Lama comme réincarnation du Xe Panchen Lama a été arrêté avec sa famille. Fait sans précédent dans l'histoire, le gouvernement chinois ne reconnaissait pas au Dalaï Lama le droit de désigner le Panchen Lama et avait désigné arbitrairement un autre enfant, Gyaincain Norbu, fils d'un membre du Parti Communiste chinois.
Depuis près de 6 ans, Gendhun Choekyi Nyima et sa famille sont détenus en Chine.
Certaines rumeurs récentes ont fait état de la mort de l'enfant. Elles ont été démenties par les autorités de Pékin. Pour autant, personne n'a été autorisé à voir l'enfant. Pourtant, dans un Appel pour le plus jeune prisonnier politique du monde, 309 associations et personnalités demandent qu'une délégation du Comité des Droits de l'Enfant de l'ONU rende visite à Gendhun et à sa famille. Il aura 12 ans le 25 Avril 2001.
Chadrel Rinpoché qui a découvert l'enfant est toujours en prison, maintenu enfermé constamment sans pouvoir sortir de sa cellule pour faire de l'exercice physique, ni parler à personne. Il a protesté de ses conditions de détention et donc de sa peine en réalisant une grève de la faim en juillet 1997.
Cette année encore, au moins 3 000 Tibétains ont fui le Tibet. Un tiers sont des enfants de moins de 18 ans recherchant une éducation en exil. De nombreux exilés doivent faire l'objet de soins immédiats, et subissent fréquemment des amputations. Un grand nombre meurt en cours de route.

LA PROCHAINE GÉNÉRATION. L'EDUCATION AU TIBET

Qu'un aussi grand nombre d'enfant franchisse l'Himalaya pour rejoindre l'Inde ou le Népal est quasiment une preuve du grave problème d'éducation pour les Tibétains au Tibet.
Un rapport du Centre Tibétain pour les Droits de l'Homme et la Démocratie (TCHRD) de 1997 décrit les violations fréquentes et systématiques des droits des enfants tibétains à l'éducation par la République Populaire de Chine. Il est basé sur les interviews, réalisées au printemps 97, de 50 enfants tibétains ayant fui il y a 2 ou 3 ans le Tibet.
Il révèle l'imposition de frais d'inscription scolaire prohibitif, la suppression graduelle de la langue et de la culture tibétaines, la discrimination des Tibétains, des leçons d'endoctrinement et des punitions excessivement cruelles.
On estime qu'après 1984, en dix ans 6000 à 9000 enfants et jeunes tibétains ont fui le Tibet dans le but d'obtenir une éducation en Inde et au Népal. En signant la Convention des Droits de l'enfant des Nations Unies, la Chine s'est engagée à fournir une éducation aux enfants tibétains.
Cependant, un tiers d'entre eux, en âge d'aller à l'école au Tibet, continuent à ne recevoir aucune éducation, alors que seulement 1,5% des enfants chinois ne sont pas scolarisés.
Malgré l'exigence par la Convention que l'éducation primaire soit libre et accessible pour tout enfant, 17% seulement des étudiants interviewés qui ont reçu une éducation primaire au Tibet n'ont pas eu à payer aux autorités chinoises les frais d'inscription à l'école primaire. Ces frais d'inscription variaient de 20 à plus de 6000 Yuans par an. Environ 31% des étudiants interviewés ont dû payer plus de 500 Yuans par an de frais d'inscription à l'école primaire, une fortune pour les Tibétains, sans compter les pots-de-vin demandés par les professeurs ou les autorités elles-mêmes. On note aussi la suppression graduelle de la langue tibétaine de l'éducation.
En Avril 1997, les autorités officielles de la "Région Autonome du Tibet" ont annoncé que le tibétain ne serait plus la seule langue pour l'éducation dans les écoles primaires.
En violation avec la Convention des Droits de L'enfant et la Convention Contre la Torture des Nations Unies dont la Chine est aussi un État Membre, les enfants ont décrit de nombreuses punitions brutales réalisées dans les écoles gérées par l'état chinois au Tibet.
Même les étudiants d'école primaire -des enfants entre 6 et 12 ans- étaient battus avec des matraques en caoutchouc, des fouets, des ceintures, des fils électriques, des jambes de chaise, de chaises entières, de bâtons en bambou et d'autres instruments. Un garçon, âgé maintenant de 12 ans, se souvient qu'un étudiant chinois rapporta qu'il l'avait fait tomber à un professeur chinois: "Le professeur mélangea du sable avec des morceaux de verre brisé dans de l'eau. Je dus m'agenouiller pendant une heure sur cette boue. Le verre entailla mes genoux et mes pieds. Cela m'a fait très mal et mes genoux saignaient. Le professeur m'a dit que si je bougeais à cause de la douleur, je devrais m'agenouiller pour un temps encore plus long. Je revis cela dans mes cauchemars encore aujourd'hui... Je suis resté ensuite 4 semaines à l'hôpital à cause de l'infection provoquée par ce traitement. Un autre enfant tibétain avait reçu la même punition...
Le verre avait atteint et infecté l'os. A la suite de cela, la jambe du garçon dû être amputée au niveau du genou." Lobsang Nyandak, directeur du TCHRD a déclaré que "l'avenir des enfants tibétains sera marqué par un manque d'éducation, le non-emploi et l'ignorance de leur propre culture. Cette situation vise deux buts, exclure les Tibétains du pouvoir économique et politique et assimiler totalement la prochaine génération de Tibétains à la Chine." Mais, pire encore, la malnutrition aggrave encore cela.

LES ENFANTS DU TIBET SOUFFRENT EN SILENCE DE MALNUTRITION QUI CAUSE LA MORT DE BEAUCOUP ET EMPÊCHE LA CROISSANCE DES SURVIVANTS

Un cri d'alarme avait déjà été lancé en 1995 pour dénoncer la malnutrition au Tibet. Une étude récente effectuée par des médecins américains et tibétains, et publié dans le New England Journal of Medicine du 1er février dernier, montre que la situation est réellement alarmante :la moitié des enfants du Tibet souffrent de retard de croissance, de problèmes médicaux et de retard mental dû à la malnutrition maternelle et infantile. Le journal précise qu' " il existe un mythe, selon lequel les enfants dont la croissance est retardée sont " petits mais en bonne santé. " C'est un concept qui n'est plus acceptable et qui va à l'encontre des Droits Humains fondamentaux quant à une nourriture appropriée et à l'accès à des soins médicaux, défini dans la convention de l'UNICEF sur les droits de l'enfant. Les médecins ont déclaré : " Notre étude démontre que les enfants tibétains ne sont pas " petits mais en bonne santé ", ils présentent des signes cliniques de malnutrition, de maladies sévères et une mortalité élevée. " Les problèmes liés au retard de croissance comprennent un développement ralenti, une intelligence sous la moyenne, des difficultés scolaires et une capacité de travail basse à l'âge adulte. Les conséquences touchent donc la productivité économique. Les femmes, plus petites, ont aussi un risque de complications obstétriques plus élevé. Les études effectuées sur près de 2100 enfants tibétains de moins de 7 ans démontrent que plus de la moitié présentent des signes modérés à sévères de retard de croissance associés à un rachitisme, des lésions cutanées et un abdomen ballonné. Ce sont dans les régions rurales que furent constatés les retards les plus importants. Chaque jour qui passe oblige les enfants du Tibet à supporter une catastrophe silencieuse qui cause la mort d'un grand nombre et entrave la croissance des survivants. Cette catastrophe aura des conséquences négatives sur les futures générations du Peuple du Tibet. Les financiers estiment pourtant que les investissements nationaux pour les jeunes enfants sont très importants et entraînent de fort retour économique. Combien d'études les enfants du Tibet devront-ils supporter avant que ceux qui disposent de ces ressources prennent les décisions économiques et politiques pour signifier que trop c'est trop et qu'il est temps d'améliorer les choses. Cinquante pour cent de malnutrition infantile au Tibet est une fréquence très élevée, comparée aux autres populations, c'est très au-dessus de la moyenne chinoise, en général, qui est de 17%. Pourquoi une telle discrimination ? Dans un but de pillage des ressources et de colonisation du pays !

REAGISSONS !

Parmi les trésors de la culture du Tibet, sont l'Amour et la Compassion Bouddhistes selon lesquels on souhaite que ce qui nous apporterai le bonheur se produise aussi pour les autres et qu'ils soient à l'abri de la souffrance et de ses causes, comme nous le souhaitons pour nous-même. Aussi, si vous vous sentez concerné par cette cause, vous pouvez écrire à vos Députés et Sénateurs pour leur faire connaître la réalité de la situation.
Vous pouvez leur demander :
- De rejoindre les Groupes Tibet de l'Assemblée Nationale et du Sénat
- D'écrire à France-Tibet pour soutenir l'Appel pour le plus jeune prisonnier politique du monde, le Panchen Lama.
- D'écrire au ministère des affaires étrangères et à la Présidence de la République pour que la France reconnaisse le gouvernement tibétain en exil comme légitime représentant du peuple tibétain si, dans un délai de 3 ans, les autorités de Pékin et le gouvernement tibétain en exil ne sont pas parvenus à un accord sur un nouveau statut pour le Tibet par le biais de négociations organisées sous l'égide du secrétaire général des Nations unies

Tashi Delek ! France-Tibet-Gu-Chu-Sum, 10 rue Jean Macé, 75011 PARIS
Site Web : http://www.tibet.fr


france.tibet@tibet.fr


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