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Sources: AFP via LibérationAu Tibet : Selon le bureau local de l'Agence France Presse, Wang Jinbo a été arrêté le 9 mai. Les policiers venus le chercher ont expliqué à son père qu'il « faisait l'objet d'une mesure de détention de quinze jours pour avoir diffamé la police locale sur l'internet » Quelques jours auparavant, le 30 avril, Wang Sen avait été interpellé pour avoir accusé, toujours via le net, un centre médical public de vendre des médicaments antituberculeux donnés par la Croix-Rouge. Aucune date pour les procès de ces deux dissidents n'a été fixée.Ils risquent 10 ans de prison... 11 opposants seraient actuellement détenus dans le pays pour avoir mené des activités politiques ou religieuses sur le web chinois. Qi Yanchen est le premier de la liste à avoir été condamné en septembre 2000 à quatre ans de prison pour « actes de subversion sur le net » et Huang Qi, arrêté en juin 2000 en tant qu'éditeur d'un site d'informations sur les personnes disparues. Le site avait été attaqué par la police suite au message d'une mère se plaignant des sévices subis par son fils lors des massacres de la place Tiananmen en 1989. Ce dernier risque jusqu'à dix ans de prison, son procès a été (officiellement) ajourné pour « raisons médicales », et cela pour une durée indéterminée...
846 internautes officiellement recensés à Lhassa Pourtant, les cybercafés ont fleuri à Lhassa, une ville en pleine expansion économique. Résultat du processus de «sinisation» du Tibet, la population de Lhassa se répartit aujourd'hui de la manière suivante: deux tiers «d'immigrants» ou colons chinois pour un tiers seulement de Tibétains. D'après les calculs de l'agence de presse officielle chinoise Xinhua, il y avait très exactement huit cent quarante-six utilisateurs de l'Internet recensés en janvier 2000 dans la ville. Un chiffre flou, qui correspondrait au nombre de personnes ayant accès à un ordinateur connecté à travers les adminstrations, les entreprises... Mais comme la capitale du Toit du monde est la cité de tous les mythes, on se demande dans quelle mesure ces internautes existent vraiment. Le réseau téléphonique ne supporterait pas plus d'une cinquantaine de connections simultanées à Lhassa... Un surfeur, deux contrôleurs Lhassa, qui était encore, dans les années cinquante la cité des dieux, est presque morne et décevante, grand bazar-vitrine de la société de consommation à la chinoise. Les autorités communistes locales ont bien pris conscience de la puissance des nouveaux outils de communication et du rôle politique important qu'ils peuvent jouer. Ils ont ainsi mis au point des systèmes de contrôle très sophistiqués, décourageant toute vélléité d'ouverture électronique autre que touristique. Les médias sont sous étroite surveillance, tout comme un simple accès à l'Internet. Pour avoir une autorisation de connection, les habitants de Lhassa doivent faire une demande à un bureau spécialisé, et s'inscrire pour obtenir une «carte d'identification». Si sa requête est acceptée, le «demandeur d'Internet» peut alors, pour la somme de 20 centimes pour trois minutes, se connecter au Web. Mais tout n'est pas gagné pour autant, car pour un utilisateur, deux à trois contrôleurs d'une cyberpolice spécialisée sont mobilisés: contrôle des sites visités, quand leur accès n'a pas été verouillé auparavant comme c'est le cas pour les sites d'exilés tibétains, interception des mails, mouchards présents dans les cafés Internet... Tout est fait pour dissuader les Tibétains de s'initier à ce dangereux outil de liberté. |