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Sources: AFP via le Monde InteractifEn Chine : Selon le bureau local de l'Agence France Presse, Wang Jinbo a été arrêté le 9 mai. Les policiers venus le chercher ont expliqué à son père qu'il « faisait l'objet d'une mesure de détention de quinze jours pour avoir diffamé la police locale sur l'internet » Quelques jours auparavant, le 30 avril, Wang Sen avait été interpellé pour avoir accusé, toujours via le net, un centre médical public de vendre des médicaments antituberculeux donnés par la Croix-Rouge. Aucune date pour les procès de ces deux dissidents n'a été fixée.Ils risquent 10 ans de prison... 11 opposants seraient actuellement détenus dans le pays pour avoir mené des activités politiques ou religieuses sur le web chinois. Qi Yanchen est le premier de la liste à avoir été condamné en septembre 2000 à quatre ans de prison pour « actes de subversion sur le net » et Huang Qi, arrêté en juin 2000 en tant qu'éditeur d'un site d'informations sur les personnes disparues. Le site avait été attaqué par la police suite au message d'une mère se plaignant des sévices subis par son fils lors des massacres de la place Tiananmen en 1989. Ce dernier risque jusqu'à dix ans de prison, son procès a été (officiellement) ajourné pour « raisons médicales », et cela pour une durée indéterminée... Le petit chemin de terre qui part de la porte nord de l'Université de Suzhou mène à une porte de bois à la peinture écaillée. On hésite, mais le petit panneau de carton est formel : «Internet, 24 heures sur 24.» Deux pièces exiguës au rez-de-chaussée et une troisième au premier étage, sont encombrées d'ordinateurs aux câbles scotchés par paquets sur les murs pour faciliter les branchements. Comme la plupart de ceux que l'on trouve désormais dans les villes de province, ce «wangba» (littéralement «bar à réseau») familial fut d'abord une salle de jeux vidéos, avant que le couple de patrons ne se décide il y a deux ans à investir dans une poignée de PC pour se mettre à la page digitale. «Bars à réseau» officieux et cybercafés officiels
Environ 50, pris d'assaut par les étudiants de la fac voisine de 8h du matin à minuit (le 24 heures sur 24 s'avérant trop contraignant). Car dans un pays où la prix élevé des PC et des connexions n'ont permis qu'au 0,40% le plus aisé de la population de s'abonner à l'Internet, les cybercafés sont pour beaucoup la meilleure alternative pour surfer tout son saoûl. Il y en a pléthore dans cette paisible ville moyenne de 5 millions d'habitants de la province du Jiangsu, à une heure de route de Shangaï. Surtout des cafés officieux comme ces «wangba», qui font une rude concurrence aux établissements ouverts par l'administration locale des télécoms ou par des sociétés privées munies d'une licence en bonne et due forme. Ces cybercafés officiels pratiquent des tarifs encore largement dissuasifs pour le cyber-chinois moyen (la moitié des 17 millions d'internautes du pays ont moins de 25 ans, 80% ont moins de 30 ans). Alors qu'une heure de connexion à Suzhou coûte normalement six yuans (5 francs), au «wangba» de la porte nord les deux heures d'Internet sont à cinq yuans (4,5 francs). Entre cyber-développement et répression en ligne Elle prend également soin de ne pas laisser entrer les mineurs (légalement interdits d'établissements publics de loisirs) et de garder un oeil sur les écrans. Histoire que les clients n'aient pas le mauvais goût de surfer sur des sites Web dissidents ou classés X. Conscients des menaces que le développement effrené du réseau fera peser tôt pu tard sur le régime, les autorités mettent actuellement sur pied des escouades provinciales de cyber-policiers chargés de surveiller les informations qui transitent sur la toile chinoise. Des opérations coup de poing destinées à remettre ponctuellement un peu d'ordre dans le paysage des cafés Internet, comme à Shangaï ou Xiamen, ont entrainé la fermeture de dizaine de cafés au cours des derniers mois. Mais tant que les règles du jeu politique sont respectées, les autorités locales semblent peu tourmentées par l'absence de licence officielle ou la multiplication des connexions. «Ils voient bien qu'on travaille dur» sourit la tenancière des lieux. Même cyber, en Chine, business is business. |