MAHMOUD DARWICH

LA CONSCIENCE DU POETE

J'ai été volontaire pour vous parler de cet homme plutôt exceptionnel... Xavier dans son site web vous explique avec passion qui il est, ces quelques phrases tirées de son site vous donnerons, je l'espère, envie de le découvrir, comme moi.
Marie...

Parce qu'un homme a des devoirs et qu'un poète est avant tout un être humain, il a le devoir de mémoire. Il est la conscience des siens, la voix des citoyens, le cœur même du pays. Le poète a toujours été, est et restera le véritable homme politique de notre société. Car lui seul sait ce que vie et ressent le peuple, son frère. Lui seul peut parler, prophétiser, légiférer, car il vit avec ses semblables au cœur même du quotidien. Et s'il écrit des mots et raconte des histoires que les gens normaux ne comprennent pas, c'est peut-être justement parce que le monde marche sur la tête.

Mahmoud Darwich est palestinien. Il est poète. Il se bat donc avec ses armes.
Politiquement engagé dans le long combat pour la reconnaissance de son peuple, il a choisi les chemins de la vérité, donc de la dissidence puis de l'exil.
Né en 1942 en Galilée, il devient très vite un " réfugié " dans son propre pays. Contraint de vivre en résidence surveillé durant de longues années à Haïfa, il décide de quitter la Palestine occupée en 1970 pour Le Caire, puis Beyrouth où il partagera la vie d'expatrié de plus de 328 000 palestiniens, dont 52% entassés dans des camps. La guerre l'en chasse en 1982. Il fuit de nouveau, non pas à Tunis où l' OLP se réfugie, mais à Paris où il réside aujourd'hui.
Mahmoud Darwich est considéré comme l'un des chefs de file de la poésie arabe contemporaine, avec Samih Al Qassim, son frère spirituel qui vit en Israël, à Haïfa, et dirige la maison d'édition Arabisk. Il anime également l'une des principales revues littéraires du Moyen-Orient, Al-Karmel.
Intransigeant avec l'idée même du droit à l'autodétermination du peuple palestinien, il a été la conscience de l'OLP, en officiant comme Ministre de la Culture , mais confronté aux volte-face de son chef suprême, Yasser Arafat, il a préféré quitter l'organisation, refusant de cautionner la perte de l' identité palestinienne lors des innombrables tractations qui ont abouti au traité de paix signé avec Israël.
Mahmoud Darwich invoque la liberté pour les Palestiniens de revendiquer la Palestine pour patrie. Il souligne surtout l'intransigeance du peuple hébreu à ignorer son appel, lui qui fut jadis celui du Livre et, à ce titre, rejeté, persécuté et voué à l'extermination. Il veut croire que les hommes libres, au-delà des clivages politiques, seront porteurs d'un avenir de justice et de paix.

Recouvrant sa liberté de parole, le poète n'a pas manqué de critiquer les accords d'Oslo, prédisant les manquements d'Israël, le non-respect du calendrier, etc. Oubliant la politique de salon, Mahmoud Darwich a consolé sa peine et son amertume en trempant sa plume dans l'encre de son cœur. Il refuse de capituler, d'admettre l'impossible :
Je meurs d'espoir
D'embrasement je meurs
Je meurs pendu
Egorgé je meurs
Mais je ne dis point :
Notre amour est fini et mort
Non
Notre amour est impérissable

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