par Mamadou
Sanba Sow

 

 
      25 février 2006

Ce qui était attendu est enfin arrivé. Les résultats du concours d'accès aux institutions supérieures de l'enseignement ont été rendus public le 31-1-2006. Comme les années antérieures, ces résultats sont loin d'être le fruit de la compétence des élèves, mais plutôt une course à la corruption que se livrent les parents afin de trouver une place pour leur progéniture, au sein de nos universités publiques.

Le versement de 500.0 00fg à un réseau de fonctionnaires rongés par la corruption vous qualifie d'office pour ce maudit concours, des questions subsistent quant à l'avenir de notre chère Guinée :

Quel sort est- il réservé aux jeunes issus des Familles pauvres ?
N'ont- ils pas eux, droit à l'enseignement supérieur ?
Pourquoi privilégier l'argent au détriment de la connaissance ?

Seuls les dirigeants de notre système éducatif pourront répondre à ces différentes questions, eux qui se servent du peuple sans se soucier de l'avenir. Ces agissements qui se font au vu et au su de tout le monde doivent disparaître à jamais. L'école guinéenne n'est que l'apanage des riches, nul n'a le droit de se faire fortune sur le dos du peuple. Il est impératif aujourd'hui que soit revu le fonctionnement de notre enseignement, car il est inadmissible qu'il puisse exister 2 bacs plus un concours monté de toutes pièces rien qu'au lycée.

Foniké, jeune en soussou, est l'appellation que nous avons réservé à un personnage fictif qui se charge d'analyser, de décrypter nos écoles. Responsables éducatifs, élèves, devront s'habituer à ses critiques. Ici, humour et réalités s'affrontent. Gare aux allergiques ?

La plume plus : Monsieur faites-nous un bilan de ces trois mois d'étude.

Foniké : c'est vous qui parlez d'étude sinon, il y a eu plus de repos que de fréquentation des écoles par les élèves et profs. Si ce n'est pas les profs qui disparaissent de nos temples du savoir, c'est soit les élèves qui oublient qu'ils avaient cours ou bien une cascade de fêtes, de défaites et de congés prolongés, sans oublier les repos électoraux. On ne sait plus qui fait quoi.

Votre vision sur les compositions du premier semestre ?

Dans les conditions normales, il ne peut y avoir de compos que quand le travail est supérieur au chômage. Il fallait donc oublier les compos et continuer les cours pour un bon moment. Comme ça, on allait prolonger l'année scolaire jusqu'au mois de juillet. Dans l'état actuel des choses, les écoles'' caméléons'' ne finiront pas le programme et bonjour aux «  monsieur ! nous, on a pas vu ça » lors des prochains examens.

Maintenant, ce qui est fait est fait ! beaucoup ont agi avec le système des internautes. ''Copier coller'' avec les cahiers sous les casiers des tables. Attendons les résultats. Mais pendant ce temps vide, on assistera aux négociations de ‘' réussite non méritée'' qui viseront à falsifier les notes soit : financièrement ou sexuellement. Pour vue qu'on passe non ?

La corruption en milieu scolaire : un danger pour la Guinée

Le système éducatif guinéen, est de nos jours frappé par la corruption qui est un fléau qui ralentit efficacement son évolution au profit du mercantilisme. La corruption est une action de corrompre son résultat, un crime du fonctionnaire qui trafique de son autorité, ou de ceux qui l'y portent. En fait, comme l'indique la définition la corruption est un crime qui doit être puni par l'état guinéen. Mais nous remarquons au contraire qu'au lieu qu‘elle baisse, elle évolue et grandit en prenant de plus en plus d'espace ; c'est ainsi qu'elle se remarque de plus en plus dans l'éducation où nos chefs participent de près ou de loin à cette opération.
En effet, la plupart de ces chefs d'établissements reçoivent dans leurs écoles des élèves qui ne sont pas admis aux examens de passage en classe supérieure (7e pour le collège et BEPC pour la 11e) en contre partie ils reçoivent une somme d'argent qui varie selon l'intéressé. C'est à l'image de ces chefs que certains professeurs eux aussi se mêlent de la danse en transformant les notes de cours et de compositions en une marchandise précieuse. En fait les chômeurs se contentent d'acheter les notes à ces prof qui ne se soucient plus de leurs profession de foi et de leur conscience professionnelle. En onzième année, après la composition du premier semestre, un professeur nous a dit : « ceux qui ont de problèmes de notes venez me voir …. » et tout récemment j' ai assisté à une scène spectaculaire où le professeur qui est le prof. Principal de cette classe de terminale sciences sociales affirmait à ses élèves : « ceux qui seront dans mon groupe de révision n'auront pas de problème de notes, car ils seront ma première priorité… » ce qui démontre que ce prof en question fera tout pour donner des bonnes notes à celle ou celui qui intègre son groupe de révision.
Ainsi, ce fléau est aussi récent au niveau des salles d'examens où certains surveillants inconscients de leur profession de foi acceptent une contribution de1000fg par candidat pour leur permettre de copier, alors que cette somme ne vaut même pas le transport d'un seul surveillant. Mais n'oublions pas le problème des dossiers où les dirigeants se contentent de demander de l'argent aux élèves pour le retrait qui est gratuit. C'est le cas de la fiche de table où il est inscrite noir sur blanc « cette fiche est gratuite » alors que nos chefs la vendent à 100fg.
C'est le cas au niveau du service national des Examens et concours scolaires où des hommes ont créé des réseaux pour soutirer de l'argent aux pauvres élèves. Comme le témoignent ces deux élèves qui sont victimes : « j'avais déposé deux demandes pour le retrait de mes dossiers (attestation et relevé de notes du BAC1) à deux reprises sans résultat, Etonné de ce fait, un monsieur m'interpella et me demanda : as-tu accompagné ta demande de quelque chose ?
Non ! et quand je le fus pour la troisième fois, je l'accompagnai d'une somme de 5000fg, le mardi, puis on me donna un délai de 3 jours (le vendredi), alors que d'habitude le délai est d'une semaine… ».
« moi, quand j'ai reçu mon attestation de BAC1, j'ai constaté une erreur sur mon nom et quand je leur fus part de l'erreur, ils m'ont fait courir et quand je leur ai donné de l'argent, ils arrangèrent mon problème… »
comme vous le constatez, ces personnes inconscientes de leurs de fois religieuse et professionnelle se livrent à des pratiques néfastes pour la société guinéenne tout entière. Et cette pratique à des conséquences néfastes pour le système éducatif de notre pays au cas où des élèves qui n ‘ont pas le niveau se retrouvent frauduleusement en classe supérieure. Et si cette pratique n'est pas éradiquée, elle se répercutera sur notre avenir, car ces élèves d'aujourd'hui seront forcément les cadres de demain, et s'ils sont formés dans un cercle vicieux de la corruption, ils seront à leur tour des corrupteurs ou des corrompus.
Pour que la Guinée de demain soit une Guinée d'évolution, nous devons tous nous unir pour essayer d'éradiquer ce fléau dans nos écoles, car « une nation ne vaut que ce que vaut son école » et si cela est Juste, pourquoi ces gens nous poussent à être des corrupteurs ?
Est-ce pour se faire des immeubles ou pour acheter des belles voitures ?
Non !
Alors, pour tout simplement gâter l'avenir de la Guinée ?

Séndélla : la Saga est une famille.


Retour vers la Une d'Avril-Mai 2006