Et si l'OPEP devenait écolo ? Fred  

Et si l'OPEP était l'association écologiste la plus efficace du monde ?

En maîtrisant les prix du brut, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole est sûrement le plus convaincant pour encourager - ou démobiliser - la maîtrise de l'énergie. C'est la conclusion paradoxale que tire dans son article Le Monde suite à la publication, le 2 mars de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) d'une étude analysant 30 ans de consommation énergétique.

Les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979 ont entraîné des progrès très nets dans l'efficacité énergétique des pays développés, le retour du prix du pétrole à des niveaux modérés à partir de 1986 les a par contre incités à relâcher leurs efforts. La contrainte économique n'ayant plus stimulé la maîtrise énergétique, tous les acteurs n'ont pas évolué de la même manière. De fait, l'industrie, qui avait fourni les plus grands efforts dans les années 1970, s'est laissée aller à partir de 1986.

Dans les responsables:
Premier accusé : le transport automobile et aérien. Ils ont tous les deux explosé, le nombre de passagers par avion a triplé depuis 1973, celui d'automobiles a doublé. Les progrès techniques, n'ont pas compensé l'augmentation du trafic, le passage à des véhicules plus lourds et plus consommateurs d'énergie en raison de leur équipement en climatisation et autres gadgets. Le transport de marchandises par camions a lui aussi crû sans contrôle, doublant de ce fait la consommation d'énergie de ce secteur. Les particuliers sont quant à eux responsables d'augmentations par la quantité d'équipements électriques - électroménager, audio-vidéo, ordinateurs, etc. Soulignant que des possibilités très importantes d'économies d'énergie existent encore, l'Agence appelle les gouvernements à mener des politiques pour les favoriser. Mais peu probable que cet appel soit entendu, car il va à l'encontre des politiques menées par ailleurs, qui encouragent le développement des échanges et la baisse du prix de l'électricité, jugée comme un stimulant économique. Dans ce contexte, sans doute vaut-il mieux attendre d'une hausse continue du prix du pétrole une baisse de la consommation d'énergie et des émissions de CO2.


[Les Unes]             [La Une d'Avril et Mai 2004]           [Le Plan du site]