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Je vous contacte pour vous soumettre un problème de santé publique que nous rencontrons dans notre quotidien et qui n'intéresse aucune autorité administrative.

Nous sommes dans une région de France superbe mais encore au moyen âge en ce qui concerne le respect des règles sur l'environnement et même des règles d'hygiène et de santé publique.
A Castirla, village Corse, le maire a trouvé comme solution pour pallier le problème de l'eau, de brancher le réseau d'eau potable au réseau d'eau agricole dont la pompe se trouve à 6 mètres des débours de la station d'épuration et à 100 mètres en aval des sorties à ciel ouvert d'égouts non traités d'un hameau ; et bien sûr l'installation, à l'accès libre de tous, n'est absolument pas protégée.
Nous avons dû batailler longtemps pour obtenir le débranchement, mais le démontage de l'installation et du té ne sont pas effectués malgré les recommandations de la DDASS.(Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales).
Nous avons appris à cette occasion que l'eau de notre commune était déclassée non potable depuis un mois (25/07/02) et cela fait maintenant plus de deux mois que nous sommes sans eau potable, sans qu' aucun administratif ne s'intéresse à notre cas.
Le maire que nous avons interpellé par pétition, lettre recommandée, téléphone, et par médias, nous rétorque manque d'argent dans la commune - alors que la commune de Castirla encaisse une taxe professionnelle d'EDF conséquente- et nous affirme boire cette eau.
La seule proposition de notre plus jeune maire de Corse est de contacter l'assistante sociale afin de demander des aides pour ceux qui ne peuvent financer l'achat de bouteilles d'eau.
La situation critique que connaissent les villageois de Castirla n'est pas isolée. D'Après la DDASS de Bastia, 153 communes délivrent de l'eau non potable à leurs administrés et ce depuis au moins une décennie, sans qu'aucuns maires, aucuns préfets ne s'en émeuvent. Personne ne soulève ce scandale, la population n'est pas tenue au courant, et n'imagine pas l'ampleur de ce problème.
La DDASS pourtant a essayé de communiquer auprès des médecins en leur faisant parvenir une plaquette d'information où sur la carte de la Corse, apparaissent, rougies et orangées, ces communes selon la fréquence des résultats positifs "de non potabilité" des analyses effectuées par leurs préleveurs.
Tout le monde semble considérer ce problème comme mineur car aucune épidémie n'a frappé encore. Pourtant cette carte des communes contrevenantes envoyées aux médecins n'est-elle pas un parapluie pour la DDASS en cas de problème et une incitation pour le corps médical à effectuer une veille épidémiologique ?
Mais les Corses même mal informés, sont néanmoins prudents et la plupart d'entre eux ne font plus confiance en leur eau du robinet, car ils boivent presque tous de l'eau en bouteille où s'alimentent auprès des sources qu'ils connaissent. Les Cortenais - CORTE- méfiants, dont le réseau est pourtant géré par l'Office Hydraulique Corse, sont aussi des adeptes réputés de l'eau en bouteille.
C'est un scandale qui dépasse le simple village de Castirla de 145 habitants, il est régional et dort sous une chape de plomb tellement lourde et opaque que les intérêts de tous les acteurs politiques de tous les partis ou administratifs de toutes les administrations de cette île y sont protégés.
Ce que le maire de Castirla a utilisé comme moyen pour fournir de l'eau à sa commune est une habitude en Corse et ne choque, ne dérange personne. Un directeur de la DDASS interrogé par un journaliste de RCFM, affirme qu'il n'ya pas péril en la demeure et que les concentrations de pollution de l'eau ne peuvent pas entraîner d'épidémie.
Un argument fallacieux lancé pour calmer une population qui s'interroge ! Dans les faits personne ne peut affirmer s'il y a ou non des germes pathogènes. La recherche n'est jamais effectuée puisque l'eau est déclassée non potable, personne n'est censé boire l'eau, la recherche très coûteuse, facturée au commune, devient inutile.
Après un reportage de FR3 (FR3 corse a déjà réalisé un reportage le samedi 28 septembre 2002 et rediffusé le lendemain au journal des régions) et de TF1, aucun homme politique ne s'est manifesté .
Le voile n'est qu'à peine déchiré et si vous décidez de vous intéresser à cette omerta, vous découvrirez une Corse meurtrie et abandonnée dans ses droits les plus élémentaires : ceux de l'hygiène et de la santé publique.

Merci de nous aider au nom de l'association Acqua Linda et de tous les Corses
Madame Demathieu-Taverna Présidente
acqua.linda@club-internet.fr


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