Sherlock Holmes, c’est un
peu comme Dieu. Il y a ceux qui croient à son existence. Et ceux qui
le considèrent comme une formidable trouvaille.
Aussi la
publication, aux éditions Little Big Man, de La Vendetta de Sherlock
Holmes,
pourrait-elle relancer quelque peu la polémique entre holmesiens et
sceptiques. L’ouvrage étant paru en avant-première en Corse, Jean
Pandolfi-Crozier a eu un aperçu de ce que donnera la querelle à la
sortie nationale du journal tenu par son arrière-grand-oncle Ugo
Pandolfi. Certains le félicitent chaleureusement pour son
imagination fertile et sa plume alerte. D’autres l’engueuleraient
presque d’avoir tant tardé à publier ce précieux témoignage !
Etre l’inventeur (au sens de découvreur, comme pour un trésor)
d’un manuscrit prouvant non seulement que Holmes a existé,
mais encore qu’il est venu en Corse, c’est un heureux hasard pour ce
journaliste qui, adolescent, se passionnait pour le célèbre
détective. « C’est même pour pouvoir l’imiter que, collégien, j’ai
volé des éprouvettes et des ballons d’essai pour me livrer à des
expériences de chimie en chambre. J’ai arrêté après avoir vérifié
que le carbure de calcium en contact avec de l’eau produit
effectivement de l’acétylène et que celle-ci est un gaz
particulièrement inflammable dont la combustion peut totalement
noircir les murs, asphyxier l’apprenti chimiste détective et
effrayer sa grand-mère... » Cependant, précise-t-il, « je croyais
comme tout le monde que Sherlock Holmes n’était
qu’un personnage romanesque. Mais je crois sérieusement à
l’authenticité du manuscrit de mon arrière-grand-oncle. Et du reste
depuis la parution de la Vendetta, je ne me sens plus seul dans
cette foi. Sans doute s’agit-il des effets de mon propre
double-je(u) ! C’est contagieux me semble-t-il. »
En revanche,
bien avant de mettre au jour le journal de son ancêtre, il tenait
déjà pour efficace la déduction sherlockienne. Il n’est pas le seul.
Et de citer « le docteur Edmond Loccard qui, dès 1924, incita les
policiers modernes à s’inspirer des méthodes de Sherlock Holmes» avant
d’ajouter « c’est ce que j’ai tenté de faire avec la découverte de
l’incroyable manuscrit de mon arrière- grand-oncle. Il me fallait
éliminer l’impossible et vérifier si l’improbable pouvait être la
vérité. J’ai fait mon Sherlock Holmes. J’ai
mené mon enquête. Mais avec les moyens de la modernité.
L’informatique et les bases de données ont remplacé la loupe et les
réactifs chimiques. C’est seulement après ces investigations que je
pouvais présenter La Vendetta de Sherlock Holmes au
lecteur ».
Grâce au journal d’Ugo Pandolfi, on découvre de
nouveaux aspects de Holmes : on le
découvre plus humain, plus accessible et bien moins misogyne ou nul
en littérature que ne le dit le Dr Watson. Pour Jean
Pandolfi-Crozier « L’hagiographie de Sherlock Holmes par John
Watson n’est que le résultat d’un travail romanesque commandé alors
que le journal de Ugo Pandolfi décrit le Sherlock Holmes
historique. Il est évident que Watson est jaloux de son ami
détective et sans doute se venge-t-il en le décrivant comme il le
fait, de la supériorité que lui impose SherlockHolmes. Il est
indéniable, par exemple, que Watson prête à Holmes une
misogynie et une inculture qui n’appartiennent qu’à l’hagiographe. »
Dans la lignée des œuvres de René Réouven, « qui a, le premier,
exploré la piste corse en découvrant un lien entre Moriarty et
l’école du crime de Sartène » le journal d’Ugo Pandolfi apporte une
preuve supplémentaire que point n’est besoin d’être anglais pour
traiter du grand détective dont on fête les 150 ans cette année et
auquel le descendant d’Ugo Pandolfi souhaiterait volontiers offrir «
Un billet d’avion Londres-Ajaccio pour le premier charter de
tourisme littéraire organisé en hiver pour les holmésiens d’Europe,
d’Amérique et d’Asie à destination de la Corse ».