Voici l'article paru dans le magazine CORSICA.
          Le seul magazine d'information corse...
 


Par Élisabeth Milleliri    


 
 

Sherlock Holmes

 
 

A-t-il existé ?
Est-il venu traquer son ennemi Moriarty en Corse, comme l’affirme Jean Pandolfi-Crozier ?
Au lecteur d’éliminer l’impossible. Et de retenir l’improbable...


 
 

 

            Sherlock Holmes, c’est un peu comme Dieu. Il y a ceux qui croient à son existence. Et ceux qui le considèrent comme une formidable trouvaille.
Aussi la publication, aux éditions Little Big Man, de La Vendetta de Sherlock Holmes, pourrait-elle relancer quelque peu la polémique entre holmesiens et sceptiques. L’ouvrage étant paru en avant-première en Corse, Jean Pandolfi-Crozier a eu un aperçu de ce que donnera la querelle à la sortie nationale du journal tenu par son arrière-grand-oncle Ugo Pandolfi. Certains le félicitent chaleureusement pour son imagination fertile et sa plume alerte. D’autres l’engueuleraient presque d’avoir tant tardé à publier ce précieux témoignage !
            Etre l’inventeur (au sens de découvreur, comme pour un trésor) d’un manuscrit prouvant non seulement que Holmes a existé, mais encore qu’il est venu en Corse, c’est un heureux hasard pour ce journaliste qui, adolescent, se passionnait pour le célèbre détective. « C’est même pour pouvoir l’imiter que, collégien, j’ai volé des éprouvettes et des ballons d’essai pour me livrer à des expériences de chimie en chambre. J’ai arrêté après avoir vérifié que le carbure de calcium en contact avec de l’eau produit effectivement de l’acétylène et que celle-ci est un gaz particulièrement inflammable dont la combustion peut totalement noircir les murs, asphyxier l’apprenti chimiste détective et effrayer sa grand-mère... » Cependant, précise-t-il, « je croyais comme tout le monde que Sherlock Holmes n’était qu’un personnage romanesque. Mais je crois sérieusement à l’authenticité du manuscrit de mon arrière-grand-oncle. Et du reste depuis la parution de la Vendetta, je ne me sens plus seul dans cette foi. Sans doute s’agit-il des effets de mon propre double-je(u) ! C’est contagieux me semble-t-il. »
           En revanche, bien avant de mettre au jour le journal de son ancêtre, il tenait déjà pour efficace la déduction sherlockienne. Il n’est pas le seul. Et de citer « le docteur Edmond Loccard qui, dès 1924, incita les policiers modernes à s’inspirer des méthodes de Sherlock Holmes» avant d’ajouter « c’est ce que j’ai tenté de faire avec la découverte de l’incroyable manuscrit de mon arrière- grand-oncle. Il me fallait éliminer l’impossible et vérifier si l’improbable pouvait être la vérité. J’ai fait mon Sherlock Holmes. J’ai mené mon enquête. Mais avec les moyens de la modernité. L’informatique et les bases de données ont remplacé la loupe et les réactifs chimiques. C’est seulement après ces investigations que je pouvais présenter La Vendetta de Sherlock Holmes au lecteur ».
          Grâce au journal d’Ugo Pandolfi, on découvre de nouveaux aspects de Holmes : on le découvre plus humain, plus accessible et bien moins misogyne ou nul en littérature que ne le dit le Dr Watson. Pour Jean Pandolfi-Crozier « L’hagiographie de Sherlock Holmes par John Watson n’est que le résultat d’un travail romanesque commandé alors que le journal de Ugo Pandolfi décrit le Sherlock Holmes historique. Il est évident que Watson est jaloux de son ami détective et sans doute se venge-t-il en le décrivant comme il le fait, de la supériorité que lui impose SherlockHolmes. Il est indéniable, par exemple, que Watson prête à Holmes une misogynie et une inculture qui n’appartiennent qu’à l’hagiographe. » Dans la lignée des œuvres de René Réouven, « qui a, le premier, exploré la piste corse en découvrant un lien entre Moriarty et l’école du crime de Sartène » le journal d’Ugo Pandolfi apporte une preuve supplémentaire que point n’est besoin d’être anglais pour traiter du grand détective dont on fête les 150 ans cette année et auquel le descendant d’Ugo Pandolfi souhaiterait volontiers offrir « Un billet d’avion Londres-Ajaccio pour le premier charter de tourisme littéraire organisé en hiver pour les holmésiens d’Europe, d’Amérique et d’Asie à destination de la Corse ».