Comment peut-on être Européen ?
Friederike Klasen, LK 12.1

Pour répondre à cette question, il faut d'abord définir le terme « identité ».
Le mot identité peut renfermer deux notions : L'unanimité ou l'égalité des êtres.
Si on parle d'unanimité, alors bien sûr, une telle identité n'existe ni entre les peuples européens, ni entre les hommes d'un même pays, par exemple l'Allemagne, la France ou l'Italie.
Pourtant personne ne doute de l'existence d'une identité allemande, française ou italienne. Pour cette raison, il est préférable de répondre à la question de l'identité européenne en ne retenant que la notion d'égalité entre les êtres. Cette égalité se base sur des critères objectifs communs aux peuples d'Europe, mais qui restent typiques et uniques. Ainsi chaque peuple d'Europe possède ses particularités culturelles et politiques qui se sont développés depuis des millénaires. Mais malgré ces différences, il y a quand même beaucoup de choses qui ont réuni les peuples d'Europe. Je pense d'abord à notre culture occidentale marquée par le Christianisme.
On a toujours essayé de réunir les peuples d'Europe, commençant au Moyen-âge, mais avant tout au début du siècle des Lumières et surtout après la Révolution française.
L'une des raisons pour ces efforts était la conscience des hommes européens que les guerres entre leurs peuples étaient déraisonnables.
Cette conscience a mené à la fondation de la fédération des peuples après la première guerre mondiale, et après la seconde guerre mondiale; elle a aussi mené à la signature des contrats de Rome en 1957. Ces accords étaient la base de la création d'une communauté de six pays européens : la naissance de l'Union Européenne qui réunit aujourd'hui 25 pays.
Le but de l'Union Européenne est : réunir les États d'Europe plus fortement dans les domaines de la culture, de l'économie et de la politique sans négliger leurs particularités nationales.
Une idée essentielle dans la collaboration des États européens, est l'effort de former des lois selon des principes que l'on considère comme justes, par exemple le principe de la séparation entre l'État et l'Église, le principe des droits de l'homme, le principe de la tolérance pour toutes les religions et confessions, le principe de l'égalité entre les femmes et les hommes et aussi le principe de la protection des minorités.
Les peuples d'Europe ont poursuivi ces buts résolument. C'est pourquoi les Européens après la fin des grandes guerres du siècle passé, peuvent vivre en paix et peuvent continuer á grandir. Aujourd'hui les grandes guerres et les crises n'ont plus lieu en Europe mais dans d'autres continents et civilisations.
La collaboration et l'entente entre les Européens est responsable d'une identité spéciale, parce qu'aujourd'hui on peut vraiment dire qu'il y a en Europe une culture de la liberté, de la tolérance et de la paix, qui est unique dans le monde, à l'exception des Etats Unis et de l'Australie, dont les sociétés sont aussi des héritiers de l'Europe.
En 2001 l'ancien Premier ministre Jospin a caractérisé l'identité européenne de la manière suivante : « Rappelons que l'Europe est une civilisation, qui a en même temps une histoire commune, une communauté économique, une société humaine et beaucoup de cultures, qui forment en même temps une culture unique. »
Mais à mon avis, on peut seulement parler de l'existence d'une identité européenne si celle-ci est aussi une identité subjective. Cela signifie que nous, les Européens, devons nous identifier avec l'Europe et nous sentir Européens. Ce n'est pas une chose facile car beaucoup d'Européens se sentent certainement avant tout comme des membres de leurs patries. Mais ça ne doit pas être un obstacle au fait de se sentir européen ou de s'identifier avec l'Europe.
A mon avis, chaque situation de vie apporte une réponse différente. Dans mon cas, quand je suis á Cologne, je me sens comme une personne de Krefeld, en Bavière, je me sens comme une personne de Rhénanie, en France je me sens Allemande. Quand je suis á l'étranger en Europe, je constate que je ne suis pas seulement Allemande mais aussi Européenne. Là, je ne vois pas les gens que je rencontre comme des étrangers parce que je perçois qu'ils sont comme moi – à l'exception de la langue – et je sens qu'ils m'acceptent comme une Allemande, et moi, je les accepte comme des Anglais, des Français ou des Espagnols. Je pense que la raison de ce sentiment est que, dans ces situations, nous nous sentons tous Européens.
Mais moi, qui ai déjà fait beaucoup de voyages à l'étranger, je crains être le membre d'une minorité. D'un autre côté, la politique complique ce sentiment d'identité européenne, qui existe bien. C'est vrai que la politique a réalisé quelques symboles qui permettent aux gens de reconnaître clairement l'identité européenne que ce soit en Europe ou en dehors. Ainsi, il y a un drapeau européen, un hymne européen, un passeport européen et la monnaie européenne dans quelques pays européens.Tout ça ne suffit pas pour produire le sentiment de « nous, les Européens ». Mais sans ce sentiment, ce n'est pas possible de comprendre et de vivre l'identité européenne. L'Europe unie dans sa formation d'aujourd'hui a été créée dans les 50 dernières années de la politique, de la bureaucratie et de la technocratie, qui n'ont pas réussi á expliquer les avantages d'une Europe unie aux peuples européens et ainsi á nous la faire aimer. C'est clair, quand on voit que très peu de gens prennent part aux élections législatives européennes.
On ne peut pas créer l'Europe d'en haut. Pour que l'identité européenne puisse être comprise, ressentie et finalement vécue par la majorité des Européens, il est nécessaire que la politique informe les peuples de la signification d'une Europe unie et pacifique et ce pour nous tous.
En plus, il faut encourager les opportunités de rencontres entre les Européens surtout pour les jeunes. Bien sûr, nous passons nos vacances en Espagne, Italie ou en Autriche, mais il faudrait rendre normal d'entrer en contact avec des citoyens des pays baltiques ou d'ailleurs et d'entretenir ces relations.
Tant que cela ne se passera pas, l'identité européenne n'aura pas la chance de rentrer dans les cœurs de tous les Européens et n'aura qu'une existence théorique.


L'EUROPE – QU'EST-CE QUE CELA VEUT DIRE ?
Exposés des cours de français 12.1 et 13.1
Maria-Sibylla-Merian-Gymnasium, Krefeld
Septembre 2004

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