Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l' Homme en Tunisie

Membre du Réseau Euroméditérranéen des Droits de l' Homme

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La justice tunisienne aux ordres inflige une lourde peine d'emprisonnement à Jalel ZOGHLAMI (BEN BRIK) et son frère Néjib

Le prononcé du jugement dans l'affaire de Jalel et Néjib ZOGHLAMI, ajourné le jour de l'audience (28/10/04), vient de tomber ce matin, 4 novembre 2004, comme un couperet sur les têtes des prévenus. La joie suscitée par la relaxe obtenue le 2 novembre 2004 dans l'anecdotique affaire dite du « feu arrière » a été de très courte durée. La justice tunisienne aux ordres a fait montre, encore une fois, de sa servilité et de sa soumission.. Huit mois de prison ferme pour avoir soi-disant détérioré le bien d'autrui -article 304 nouveau du Code pénal tunisien- (en l'occurrence une vitrine que les sbires du régime de M. ben Ali ont volontairement cassé après avoir sauvagement agressé les frères ZGHLAMI pour en imputer mensongèrement la responsabilité à Jalel et Néjib).

Ce n'est pas la relaxe accordée pour trois des onze chefs d'inculpation (vol, grivèlerie et tentative de violences volontaires aggravées) retenus contre les deux frères de Taoufik BEN BRIK dans cette triple affaire qui va ôter à ce « jugement » son caractère éminemment politique. L'objectif visé à travers cette piètre mise en scène judiciaire consiste à écarter Jalel de la scène politique, l'empêcher de s'exprimer librement, entre autres à travers l'organe non autorisé dont il est le secrétaire général « KAWS EL KARAMA », et d'apporter un énième coup bas à la famille BEN BRIK tout entière, et particulièrement à l'épouse de Jalel, Mme Ahlem BELHAJ, Présidente de l'Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD), gravement malade et ayant plus que jamais besoin de la présence de son mari à ses côtés ainsi que leur deux enfants en bas âge !

Une aussi sévère et injuste condamnation pour des délits fabriqués (qui plus est de droit commun) vise également à placer de facto Jalel, nouvellement détenteur d'un DEA en Droit, dans l'impossibilité juridique d'effectuer son inscription au Barreau de Tunis. Cette peine d'emprisonnement sert, en réalité, d'alibi mensonger à une future interdiction quasi-certaine d'exercer la profession d'Avocat.

C'est ainsi que M. BEN ALI s'en prend à ses opposants politiques, démocrates et défenseurs des droits humains, en les traînant dans la boue des incriminations infondées de droit commun en vue de les discréditer aux yeux de l'opinion publique aussi bien nationale qu'internationale, en les privant indûment de toute source de revenu pour les affamer (politique de précarisation sociale et économique…), bref en leur ôtant, rien moins que cela, la liberté !.

L'arbitraire n'a manifestement pas de limites. La « trêve éloctaraliste » à peine achevée, le régime reprend aussitôt sa baïonnette et matraque tous ceux qui osent s'opposer à son pouvoir despotique ou tout simplement qui expriment leur différence !

Le CRLDHT, tout en condamnant l'instrumentalisation outrancière de la justice tunisienne par le régime de M. BEN ALI à des fins politiciennes répressives, réitère sont soutien à Jalel et Néjib ZOGHLAMI et à travers eux à toute la famille BEN BRIK dans cette épreuve qui les opposent au régime despotique, et assure Mme Ahlem BELHAJ de son entière et indéfectible solidarité.

Le CRLDHT exige la libération médiate de Jalel ZOGHLAMI et son frère Néjib et de mettre fin, sans délai, aux parodies judiciaires faites d'incrimination mensongères de droit commun contre les démocrates défenseurs des droits humains et opposants politiques.

Paris, le 4 novembre 2004

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