Voici Daniel Tabart, graphiste...

1/ Comment est née l’idée de votre affiche ?
2/ Combien de temps avez-vous mis pour réaliser cette affiche ?
3/ Vous a-t-on demandé un cahier des charges ?
4/ Les lettres sont originales… ?
5/ Quelles techniques avez-vous utilisées ?
6/ Quel a été l’intérêt de l’informatique ? Quel programme avez-vous utilisé ?
7/ Quel est votre cursus ?

8/ Quelle est votre expérience professionnelle ?
9/ Avez-vous des projets
?
10/ Est-ce que toutes tes BD sont sur informatique ? Quelle est la première étape ?

11/ Quelles sont les difficultés rencontrées avec l’informatique ?
12/ Utilisez-vous une « palette graphique » ? Vous utilisez la « 3 D » ?
13/ Quel est le plus important, le côté graphique ou le côté texte ? Vous avez fourni un travail de recherche ?


1/ Comment est née l’idée de votre affiche ?

L’idée, à la base, était simple : c’était de prendre la tête de Maure du drapeau corse et de la mettre de face afin d’évoquer « l’héroïque aventure », de transformer cette tête de Maure en héros, au lieu de la laisser de profil à sa vocation première qui est le drapeau corse.
J’ai essayé de styliser pour donner un caractère très antique, très grec, avec une lumière écrasante.
On a choisi la couleur de fond marron assez rouge par rapport à la terre. C’est une symbolique simple mais pour toucher le maximum de personnes. Le but de l’affiche : il faut que ce soit simple, précis et direct pour qu’on comprenne de suite, c’est assez particulier comme travail mais je ne suis pas un spécialiste de l’affiche.

2/ Combien de temps avez-vous mis pour réaliser cette affiche ?

Ça a été long, j’ai bien mis trois semaines, sans compter tous les changements de fond car, au début, on était parti sur un fond bleu.
J’ai aussi discuté pas mal pour imposer mon idée. C’est au graphiste à s’imposer : les gens ont tendance à vouloir trop stigmatiser les choses, l’île de Corse avec des clichés. La discussion avec les clients a été très importante pour arriver à les convaincre.

3/ Vous a-t-on demandé un cahier des charges ?

Pas du tout. On m’a laissé une liberté totale. C’est vrai que j’avais fait un premier projet et ils ont flashé sur le second, aussi je me suis arrêté là, même si d’habitude on en fait trois.

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4/ Les lettres sont originales… ?

J’ai créé moi-même la typo. La fabrication d’une lettre est très complexe, c’est un travail extrêmement méticuleux. Je n’ai pas dessiné les lettres exactement comme un typographe, j’ai choisi des lettres délirantes, j’ai pris une certaine liberté avec les lettres pour l’affiche.
Le texte, c’est très important. J’ai eu beaucoup de critiques, que la typographie était mal choisie. Je débute et la prochaine fois, je ferai les textes à la main. Le mieux c’est d’aller chez un imprimeur.


5/ Quelles techniques avez-vous utilisées ?

J’ai divisé la tête en deux. Pour une moitié, j’ai dessiné en utilisant énormément de techniques : aussi bien du fusain, du stylo, du feutre, que de la sanguine, du stylo-bic, du pinceau… Toute l’autre partie est faite sur informatique, j’ai scanné et réalisé l’autre côté entièrement sur informatique et après, en plus, par-dessus, j’ai encore ajouté les reliefs de la Corse.


6/ Quel a été l’intérêt de l’informatique ? Quel programme avez-vous utilisé ?

Ce qui est séduisant avec l’informatique, c’est qu’on trouve des effets intéressants, tout en gardant le côté très « dessin », très graphique.
« Photoshop » grâce auquel on a obtenu un dégradé de la couleur première assez réaliste. Ce programme a permis aussi les superpositions tout en gardant le dessin intact.


7/ Quel est votre cursus ?

Je suis autodidacte. En effet, j’ai commencé très jeune, par la peinture qui m’a passionné à la base. J’ai commencé à 12 ans, très intensément, à faire de la peinture. J’ai commencé mes premières expositions de peinture à 14 ans, dans les collèges et lycées, petit à petit comme ça.
Et après, comme il faut manger, il faut trouver un métier qui paye. Alors j’ai décidé de faire une école, et je suis allé dans une école privée à Montpellier, l’Ecole Brousse, que j’ai trouvée très bien car les profs avaient eu l’idée géniale de mélanger les deux techniques : celle du dessin pur, académique, avec beaucoup de cours de nus et de natures mortes, et en même temps, à côté, on avait une formation très pointue sur les logiciels informatiques, comme Photoshop, ce qui m’a permis d’allier les deux techniques. Ensuite, j’ai fait une formation, encore plus spécifique, sur ces logiciels.

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8/ Quelle est votre expérience professionnelle ?

C’est très varié ! J’ai travaillé pour différentes boîtes de communication. J’ai fait surtout des affiches classiques, pour des événements.
Mais ce qui m’a captivé, c’était de faire des Tee-shirts pour le surf parce que, là, c’est un travail très graphique. Les Tee-shirts, c’est très intéressant car ça on apprend beaucoup en dessin et surtout en typographie.
J’ai fait plusieurs choses, notamment des fresques pour les enfants dans les hôpitaux : c’étaient des personnages qu’on a faits en très grand, qu’on a imprimés sur des panneaux et qu’on a scotchés.
Je suis très hétéroclite dans ce que je fais. Je fais beaucoup d’expositions de peinture. Je fais aussi pas mal de sculpture. J’essaye de toucher à tout, c’est ce qui est fascinant : arriver à tout mélanger, une chose vous amène à une autre.


9/ Avez-vous des projets ?

Oui, j’ai un projet de BD pour Micro Police, c’est une espèce de Futuroscope de l’insecte...


10/ Est-ce que toutes tes BD sont sur informatique ? Quelle est la première étape ?

Oui, mais après une étape de dessin qui est très importante.
C’est « le crayonné » : comment on va mettre en place les cases. Il y a alors au moins dix pages, sur des feuilles volantes, de croquis pour savoir comment seront les cases, leur taille, comment les ajuster…


11 / Quelles sont les difficultés rencontrées avec l’informatique ?

Ce qui est très important, c’est de mettre en avant les expressions, les émotions, et la difficulté est de les retranscrire du dessin sur ordinateur, que les dessins, malgré l’informatique, restent émouvants.
L’informatique se prête mieux à Micro Police ou à ce qui traite d’architecture (on peut dupliquer une colonne par exemple).
Avec l’informatique, d’un côté on gagne du temps, comme pour réaliser les couleurs, mais on en perd aussi pour les contours, le dessin et beaucoup de choses qui viennent s’ajouter à la difficulté du dessin et de la couleur : les formats d’image et quand on transpose un document sur un autre logiciel.
Mon travail sur les textures m’a beaucoup intéressé car ce n’était pas évident de retranscrire de façon assez réaliste.

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12/ Utilisez-vous une « palette graphique » ? Vous utilisez la « 3 D » ?

Non, je travaille à la souris. Ce qui est intéressant avec la « palette graphique », c’est de travailler à main levée et moi, je n’utilise pas cette technique.
Comme les dessins sont faits avant, j’utilise la « courbe de Béziers » : au début, on met 4 heures, puis quand on a pris l’habitude, ça va très vite, c’est vraiment un outil génial et indispensable. On peut, au préalable, faire les dessins, la mise au noir, et après, utiliser l’informatique pour la couleur.
Non, je n’utilise pas la 3 D, mais c’est vrai qu’elle a aussi des possibilités fabuleuses. Il y a un avenir là dedans.
J’essaye toujours de trouver quelque chose de nouveau quelque part mais c’est ma démarche personnelle, j’essaye de trouver quelque chose d’un peu à part .

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13/ Utilisez-vous une « palette graphique » ? Vous utilisez la « 3 D » ?

Il y a là, en effet, un dilemme. Là, c’est très particulier parce qu’il s’agit une BD historique. Elle a été écrite par M. Umberto … qui a organisé le festival. Donc, là, il y a beaucoup de texte et le texte est très important.
Vous avez fourni un travail de recherche ?
Oui, on essaie de coller à la réalité de l’époque et j’ai eu énormément de documentation, notamment sur les bateaux, les (tri…) grecs qui sont très particuliers, c’est très spécifique.


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