Voici Daniel Tabart, graphiste...
1/ Comment est née l’idée de votre
affiche ?
2/ Combien de temps avez-vous mis pour réaliser
cette affiche ?
3/ Vous a-t-on demandé un cahier des charges
?
4/ Les lettres sont originales… ?
5/ Quelles techniques avez-vous utilisées ?
6/ Quel a été l’intérêt
de l’informatique ? Quel programme avez-vous utilisé ?
7/ Quel est votre cursus ?
8/ Quelle est votre expérience professionnelle
?
9/ Avez-vous des projets
?
10/ Est-ce que toutes tes BD sont sur informatique
? Quelle est la première étape ?
11/ Quelles sont les difficultés rencontrées
avec l’informatique ?
12/ Utilisez-vous une « palette graphique »
? Vous utilisez la « 3 D » ?
13/ Quel est le plus important, le côté
graphique ou le côté texte ? Vous avez fourni un travail de recherche
?
1/ Comment est née l’idée de votre affiche ?
3/ Vous a-t-on demandé un cahier des charges ?
Pas du tout. On m’a laissé une liberté
totale. C’est vrai que j’avais fait un premier projet et ils ont
flashé sur le second, aussi je me suis arrêté là,
même si d’habitude on en fait trois.

J’ai créé moi-même la typo. La fabrication d’une
lettre est très complexe, c’est un travail extrêmement méticuleux.
Je n’ai pas dessiné les lettres exactement comme un typographe,
j’ai choisi des lettres délirantes, j’ai pris une certaine
liberté avec les lettres pour l’affiche.
Le texte, c’est très important. J’ai eu beaucoup de critiques,
que la typographie était mal choisie. Je débute et la prochaine
fois, je ferai les textes à la main. Le mieux c’est d’aller
chez un imprimeur.
J’ai divisé la tête en deux. Pour une moitié, j’ai dessiné en utilisant énormément de techniques : aussi bien du fusain, du stylo, du feutre, que de la sanguine, du stylo-bic, du pinceau… Toute l’autre partie est faite sur informatique, j’ai scanné et réalisé l’autre côté entièrement sur informatique et après, en plus, par-dessus, j’ai encore ajouté les reliefs de la Corse.
Ce qui est séduisant avec l’informatique, c’est qu’on
trouve des effets intéressants, tout en gardant le côté
très « dessin », très graphique.
« Photoshop » grâce auquel on a obtenu un dégradé
de la couleur première assez réaliste. Ce programme a permis aussi
les superpositions tout en gardant le dessin intact.
Je suis autodidacte. En effet, j’ai commencé très jeune,
par la peinture qui m’a passionné à la base. J’ai
commencé à 12 ans, très intensément, à faire
de la peinture. J’ai commencé mes premières expositions
de peinture à 14 ans, dans les collèges et lycées, petit
à petit comme ça.
Et après, comme il faut manger, il faut trouver un métier qui
paye. Alors j’ai décidé de faire une école, et je
suis allé dans une école privée à Montpellier, l’Ecole
Brousse, que j’ai trouvée très bien car les profs avaient
eu l’idée géniale de mélanger les deux techniques
: celle du dessin pur, académique, avec beaucoup de cours de nus et de
natures mortes, et en même temps, à côté, on avait
une formation très pointue sur les logiciels informatiques, comme Photoshop,
ce qui m’a permis d’allier les deux techniques. Ensuite, j’ai
fait une formation, encore plus spécifique, sur ces logiciels.

C’est très varié ! J’ai travaillé pour différentes
boîtes de communication. J’ai fait surtout des affiches classiques,
pour des événements.
Mais ce qui m’a captivé, c’était de faire des Tee-shirts
pour le surf parce que, là, c’est un travail très graphique.
Les Tee-shirts, c’est très intéressant car ça on
apprend beaucoup en dessin et surtout en typographie.
J’ai fait plusieurs choses, notamment des fresques pour les enfants dans
les hôpitaux : c’étaient des personnages qu’on a faits
en très grand, qu’on a imprimés sur des panneaux et qu’on
a scotchés.
Je suis très hétéroclite dans ce que je fais. Je fais beaucoup
d’expositions de peinture. Je fais aussi pas mal de sculpture. J’essaye
de toucher à tout, c’est ce qui est fascinant : arriver à
tout mélanger, une chose vous amène à une autre.
Oui, j’ai un projet de BD pour Micro Police, c’est une espèce de Futuroscope de l’insecte...
Oui, mais après une étape de dessin qui est très importante.
C’est « le crayonné » : comment on va mettre en place
les cases. Il y a alors au moins dix pages, sur des feuilles volantes, de croquis
pour savoir comment seront les cases, leur taille, comment les ajuster…
Ce qui est très important, c’est de mettre en avant les expressions,
les émotions, et la difficulté est de les retranscrire du dessin
sur ordinateur, que les dessins, malgré l’informatique, restent
émouvants.
L’informatique se prête mieux à Micro Police ou à
ce qui traite d’architecture (on peut dupliquer une colonne par exemple).
Avec l’informatique, d’un côté on gagne du temps, comme
pour réaliser les couleurs, mais on en perd aussi pour les contours,
le dessin et beaucoup de choses qui viennent s’ajouter à la difficulté
du dessin et de la couleur : les formats d’image et quand on transpose
un document sur un autre logiciel.
Mon travail sur les textures m’a beaucoup intéressé car
ce n’était pas évident de retranscrire de façon assez
réaliste.

Non, je travaille à la souris. Ce qui est intéressant avec la
« palette graphique », c’est de travailler à main levée
et moi, je n’utilise pas cette technique.
Comme les dessins sont faits avant, j’utilise la « courbe de Béziers
» : au début, on met 4 heures, puis quand on a pris l’habitude,
ça va très vite, c’est vraiment un outil génial et
indispensable. On peut, au préalable, faire les dessins, la mise au noir,
et après, utiliser l’informatique pour la couleur.
Non, je n’utilise pas la 3 D, mais c’est vrai qu’elle a aussi
des possibilités fabuleuses. Il y a un avenir là dedans.
J’essaye toujours de trouver quelque chose de nouveau quelque part mais
c’est ma démarche personnelle, j’essaye de trouver quelque
chose d’un peu à part .

13/
Utilisez-vous une « palette graphique » ? Vous utilisez la «
3 D » ?
Il y a là, en effet, un dilemme. Là, c’est
très particulier parce qu’il s’agit une BD historique. Elle
a été écrite par M. Umberto … qui a organisé
le festival. Donc, là, il y a beaucoup de texte et le texte est très
important.
Vous avez fourni un travail de recherche ?
Oui, on essaie de coller à la réalité de l’époque
et j’ai eu énormément de documentation, notamment sur les
bateaux, les (tri…) grecs qui sont très particuliers, c’est
très spécifique.