|
1/ Y a t-il un porte-parole ? Est-ce que la répartition des rôles se fait comme au théâtre, un fort-faible et un faible-fort ? Pido : En fait, sur scène c'est le personnage qui veut çà. On ne peut pas, sur scène, le faire parler plus lui. Tzek, c'est le personnage plutôt écrasé.(rires) Tzek : Mais en dehors de la scène, ça dépend. Ca dépend des questions, là par exemple c'est moi qui parle! Pido : Sur scène c'est plus naturel que ce soit le personnage qui a la grande gueule qui parle. Tzek : Et puis, des fois c'est moi qui parle quand il est fatigué, ou quand il n'a pas envie de parler. Pido : Il n'y a pas vraiment de porte-parole... 2/ Vous qui êtes des spécialistes de l'humour en Corse, pourriez-vous nous dire quelles sont les différences entre l'humour ajaccien et bastiais ? Tzek : Non il n'y a pas de différences. Pido : Nous, on nous parle souvent des différences entre Ajaccio et Bastia, on les cherche encore. Ca dépend du regard que l'on porte dessus. Nous on peut vous dire qu'on va partout en corse, bien sûr, il y a quelques différences mais elles ne sont pas énormes. Franchement elles ne sont pas décelables. Tzek : Sinon il faudrait faire deux spectacles différents. Pido : Non on n'a pas trouvé de différences, heureusement ! (OUF !) 3/ Avez-vous des modèles de comiques qui vous ont inspirés ? Pido : Des personnages ou on s'est calqués ? Non. Maintenant, des gens qu'on apprécie beaucoup comme comiques oui, mais on n'a pas copié des gens comme Dupontel, ou De Funès. Vous avez un genre, un peu comme les Chevaliers du Fiel…… Tzek : En fait, il y a les deux personnages ; on le voit bien qu'il y a les deux personnages comme les Chevaliers du Fiel mais eux c'est plus caricatural. Nous on a essayé de ne pas se cantonner à des caricatures, même si c'est de l'humour corse avec des personnages corses. Ce n'est pas péjoratif ce que je veux dire ; eux c'est les types de beaufs, l'apéro, de l'humour un peu gras parfois, et nous on n'est pas autant dans la caricature. Bon, on s'en inspire ; on dessine des personnages avec des traits vraiment marqués comme les masques dans la comédie italienne, mais on ne peut pas se comparer. Peut-être par rapport au succès, à la notoriété ; ils ont une très forte notoriété dans leur région, nous c'est dans notre région donc là c'est vrai que ça se rapproche assez mais sinon au niveau de l'humour, au niveau des personnages, c'est moins grossier chez nous. Grossier dans le sens les traits dessinés grossièrement. IL y a aussi l'aspect chansonnier ou cabarétiste, je dirai que nous on n'est pas des musiciens. Pido : Parce qu'on n'est pas musiciens sinon ce serait intéressant d'apprendre à jouer d'un instrument pour détourner des chansons, on avait fait un sketch sur les polyphonies mais comme on ne sait pas chanter non plus, on a fait exprès de l'exagérer, mais c'est sûr que quand on sait faire de la musique comme ils font eux , on doit être tenté de reprendre des chansons . 4/ Auriez-vous une anecdote sur votre pire et meilleur souvenir de spectacle ? Pido : Alors moi je me rappelle, au Palais Des Glaces à Paris, le public est à 50 cm de la scène pour les premiers rangs . C'est très près, et on commençait le spectacle dans un sketch ou on était à moitié dans le noir. On avait juste une petite lampe torche sur le front, et Tzek s'approche du public comme il était prévu dans la mise en scène. On arrive sur une femme et un type qui étaient ensembles, un couple, et la femme s'est déboutonnée la chemise et elle lui a montré ses seins !! il a été perturbé pendant un quart d'heure (rires) ! Tzek : Le pire, c'était au début, dans un restaurant. On nous avait fait jouer dans un restaurant et le bonhomme qui nous avait fait venir, le restaurateur nous avait confirmé, affirmé qu'il y aurait les conditions, la scène, les rideaux etc… IL n'y avait rien !! On n'avait qu'un petit rideau, on jouait à même le sol et il y avait une soirée couscous ! On était à quelques mètres des tables et les gens mangeaient avec un manque de respect total pour ce qu'on faisait : passe-moi le sel, sers-moi le vin… je crois que c'était le pire. Pido : Ouais, c'était en 1996, dans le cap corse à Pinu, dans un petit village. Au début on jouait dans les restaurants parce que pour se faire connaître c'est le seul moyen, mais bon les gens avaient la tête baissée, ils ne nous écoutaient même pas. Mais on a crié !! ils nous écoutaient après !! Donc le meilleur c'était le coup des seins (rires) , mais ça c'est une anecdote. (faut revenir en avril...) Tzek : On a aussi des fous rires qu'on pourrait mettre en anecdote mais on en a tellement eu ! Pido : On a des bons souvenirs ! 5/ Maintenant que vous êtes connus et reconnus, faites-vous appel à des paroliers ? Pido : Non pas pour l'instant mais peut-être que ça viendra . On a déjà une direction artistique en collaboration avec Gad Elmaleh , là peut-être qu'on va travailler avec Isabelle Montini mais pas sur les paroles , sur l'aspect général du spectacle , pas sur le contenu des sketchs . 6/ Comment Marie-Ange Nardi vous a-t-elle engagée dans son émission ? Pido : Ce n'est pas elle qui nous a engagée. Elle ne nous connaissait pas , c'est la maison de production qui l'embauche, etqui fait l'émission. Cette maison de production nous connaissait parce que le directeur de la boite nous avait vu au Palais des Glaces et nous avait engagés pour d'autres projets , alors en attendant ils se sont dit : c'est bien si on vous connaît en vous faisant déjà travailler à France2 . Après on a fait la connaissance de Marie-Ange Nardi qui est très sympa . 7/ Est-ce un choix délibéré de votre part que de vous produire à quelques mètres de Bernard Bonnet ? Ne craignez-vous pas la concurrence ? Pido : Si ! c'est terrible comme spectacle ! Bonnet ça attire tout le monde . 8/ Que pensez-vous du sentiment anti-corse perçu par certains lors d'émissions satiriques ? Vous a-t-on fait des reproches ? Tzek : Quand on était à Paris ? non... C'est vrai qu'on peut rire de tout mais c'est difficile aussi parce que là , ils sont quand même allés assez loin . Pido : Franchement est-ce que nous les corses on ne rigole pas de blagues belges ? Bon peut-être qu'ils l'ont mal prit aussi , mais il ne faut pas être sur la défensive comme ça , il faut le prendre sur le ton de l'humour . Quand on se moque des autres peut-être qu'ils sont blessés aussi de la même manière . Tzek : Il faut prendre un peu de recul avant de réagir sur le vif . 9/ Quand vous improvisez , vous vous lâchez….. ? Pido : Quand on improvise on ne se maîtrise pas nous-mêmes (rires), ça vient tout seul. Ca dépend des humeurs et du public aussi. C'est rare d'aligner deux spectacles sans improvisations. Tzek : On a besoin d'improviser. Pido : Quand on jouait à Paris , on a fait à peu près 80 spectacles d'affilés, et c'est un besoin d'improviser, pour ne pas tomber dans l'ennui et pour se re dynamiser . Alors tous les soirs, on se trouvait 2, 3 trucs pour faire rire l'autre. On a écrit une pièce de théâtre et on avait envie de la jouer. Ce n'est pas qu'on voulait arrêter les sketchs, les sketchs c'est le mieux pour nous sur la scène, mais on voulait compléter parce que c'est frustrant d'écrire des trucs et de ne pas pouvoir les jouer et ce qu'on avait écrit notamment c'était une pièce de théâtre. On aurait bien aimé la jouer. C'était une comédie évidemment .
Le JSC remercie tout particulièrement Yann qui nous a permis cette rencontre, qui est le concepteur du site web de TzeK et Pido, il nous a offert aussi les photos des spectacles, encore merci à tous les 3 pour votre accueil chaleureux, à très bientôt !!! ILS SONT à AJACCIO à partir du 8
AVRIL ALLEZ LES VOIR !!! |