Xenja Bossowa                                                                             Un serpent vivant dans les Corn Flakes


LONDRES (Reuters) - Un jeune Britannique a eu la désagréable surprise en préparant son petit-déjeuner de découvrir un serpent vivant d'une soixantaine de centimètres dans son paquet de céréales.

Jordan Willett, cinq ans, pensait avoir trouvé un cadeau publicitaire, quand le serpent - un serpent des blés totalement inoffensif - a commencé à onduler et à sortir du paquet de "Corned Puffs" acheté par ses parents dans un magasin Netto à Telford, dans le centre de l'Angleterre. "Il était assez grand et a sorti sa tête du paquet", a raconté le garçon au Daily Mail. "J'avais déjà vu des serpents à la télévision, mais jamais dans un paquet de céréales." Netto a indiqué mercredi avoir contacté ses fournisseurs afin de vérifier les stocks du produit concerné. "Cela semble être un incident bizarre, mais nous nous en occupons sérieusement", a déclaré un responsable de la société. Les serpents des blés, qui se nourrissent de souris et d'oiseaux, sont vendus comme animaux domestiques un peu partout dans le monde

Le plus petit chien du monde meurt de cause naturelle

PRAGUE (Reuters) - Le plus petit chien du monde, homologué comme tel en 1999 en vertu de sa taille de 15 cm, est décédé de cause naturelle, a estimé jeudi un tribunal tchèque. Selon l'agence de presse CTK, le tribunal d'Olomuc, dans l'est de la Republique tchèque, a rejeté une demande de dédommagement d'un million de couronnes (33,45 millions d'euros) réclamée par le propriétaire du chihuahua, qui accusait un vétérinaire d'avoir paralysé son chien. Le juge, citant des avis d'experts, a considéré que la mort était due à l'hydrocéphalie, malformation de naissance caractérisée par un volume élevé de liquide céphalo-rachidien.
Ondra avait été inscrit dans le Livre Guinness des Records en 1999 comme le plus petit chien du monde. Son âge était incertain. La deuxième catégorie, donc le fait divers politique, sera présentée par Ina, parce qu'elle parlera d'un fait divers qui a eu des coséquences plus au moins politiques.
Je me réfère exclusivement à la première catégorie de ces petites histoires, donc au fait divers « pur et simple » : Comme j'ai dit dans la définition, le fait divers contient toujours une histoire qui nous raconte un événement plus ou moins exceptionnel.

L'anecdote :
[...] Il semble plutôt qu'ils racontent une histoire simple et facile à comprendre. En effet, on peut comparer le fait divers avec l'anecdote qui est aussi une brève histoire. L'anecdote nous raconte un détail curieux pour expliquer une particularité caractéristique. Elle ne touche pas à l'essentiel, cela véut dire qu'elle ne parle pas des sujets d'une importance mondiale, mais quand même elle nous incite à sourire et à réfléchir. Vous avez vu que dans les exemples tirés de l'internet, il ne s'agit pas d'un événement d'une grande importance. Il semble plutôt qu'ils racontent une histoire simple et facile à comprendre. Peut-être que maintenant vous vous demandez :
« Pourquoi est-ce que nous sommes ici alors ? Pour apprendre quelque chose d'une sorte littéraire banale et sans valeur ? »
En fait, c'est justement cette sorte littéraire qui a une grande valeur pour beaucoup de lecteurs d'un journal. La rubrique des faits divers ou des « chats écrasés », comme on les appelle, est aussi indispensable que le « Feuilleton » dans les journaux allemands. D'ailleurs, en Allemagne, le « Feuilleton », c'est la page culturelle.
- Mais pourquoi est-ce que ce genre journalistique est apprécié est tant apprécié par les lecteurs?
En effet, le fait divers satisfait un besoin inconscient de l'homme : c'est le désir des histoires. Selon le neurologue important Manfred Spitzer l'homme a besoin des histoires pour être capable de comprendre la complexité des faits. Il dit : « Geschichten treiben uns an, nicht Fakten. »
- Mais pourquoi ?
Commencons par notre enfance : les parents nous ont fréquemment fait la lecture des contes de fée, la plupart du temps c'était avant de se coucher. Déjà autrefois nous avions besoin des histoires. Aujourd'hui, on va au cinéma pour regarder une histoire ou on achète un livre, peut-être un roman policier. Mais ce qui est intéressant est le fait qu'on n'apprécie pas toutes les histoires également : il y a quelques récits que nous gardons en mémoire pour un long temps et il y a ceux que nous gommons immédiatement de la mémoire. Ce qui est responsable de la durabilité des informations, c'est l'hippocampe :
C'est une partie du cerveau qui décide si quelque chose est important ou non. Sans aucun doute, les informations qui sont racontés à travers une histoire émouvante, ce sont les informations que nous apprenons mieux et par conséquent, elles nous semblent plus importantes. On s'aperçoit donc que les émotions dans une histoire sont déterminantes pour notre fascination, ou, au moins, pour l'accueil positif.

Müntefering :
[...] Un exemple connu est la comparaison de Franz Müntefering qui est le chef du SPD : pendant une interview il a comparé les investisseurs financiers aux sauterelles qui attaquent les entreprises, puis les dévorent et finalement disparaissent. Evidemment, Müntefering a critiqué le capitalisme en utilisant cette métaphore du fléau des sauterelles que nous connaissons déjà de la Bible. Cette petite histoire nous fait immédiatemment comprendre le problème que le chef du parti socialiste voulait exprimer.
C'est pourquoi on aime les faits divers : ils nous racontent des petites histoires pleines d'émotions pour satisfaire notre besoin. Ils excitent ou ils suscitent même les émotions du lecteur qui peuvent être très différentes : d'un côté le fait divers peut faire appel aux émotions positives, par exemple la joie, le contentement où la surprise, d'un autre côté aux émotions négatives, comme le dégoût, la tristesse et surtout la peur qui produit un frisson au lecteur. Donc, l'émotion est ce qui compte dans une histoire
- il y a presque 2400 ans que le grand philosophe grec, Aristote, le savait déjà. Pour lui, une bonne histoire, par exemple une tragédie, doit exciter « la pitié ou la terreur » comme il constate dans son traité « Poétique ». Les vieilles considérations d'Aristote sur la fable, nous aident beaucoup aujourd'hui pour comprendre un phénomène journalistique qui est essentiellement plus jeune. Car on a réalisé que le fait divers n'est rien d'autre qu'une histoire pleine d'émotions.

Selon Aristote il y a des règles déterminées pour écrire une histoire réussie :
Tout d'abord, il faut définir l'étendue de l'histoire : Aristote fait une comparaison avec un animal : si un animal était très grand , notre vue serait confuse parce qu'elle ne peut pas le prendre en compte comme un tout. En conséquence, l'histoire aussi doit être « saisissable ». C'est pourquoi beaucoup de fait divers sont plutôt courts et facilement à embrasser du regard : Il est important que le lecteur voie l'histoire du début à la fin pour bien la comprendre et pour s'apercevoir de l'esssentiel. Ce qui compte encore dans une histoire, c'est la structure : selon Aristote l'histoire doit être « parfaite et entière ». Pour le philosophe, c'est le cas quand l'action dans la narration est complète, cela veut dire quand elle a une constitution déterminée où tout est nécessaire et rien n'est superflu. Pratiquement, cela se trouve dans une histoire qui a un début , un milieu et une fin :
D'abord, il faut que le récit commence à zéro. Rien ne se passe avant ce début, donc le lecteur est introduit dans un nouveau monde. Mais après ce début quelque chose doit se passer ou se produire. C'est la partie moyenne qui, en générale, contient une péripétie, donc un point tournant. Après le milieu qui probablement s'occupe d'un problème, il nous faut quelque chose de très important : c'est une fin qui donne une solution au lecteur. Le suspense développé doit être dénoué. D'ailleurs, il est important que rien ne vienne après la fin. Ici je voudrais citer Kurt Tucholsky : « Beim Happy End wird abgeblendt. »
Tout cela semble banal, mais une pareille histoire « fermée » a une fonction très importante pour le lecteur :
on est sécurisé, parce que d'un côté, il y a un drame, une chose insolite ou même inquiétante. Mais d'un autre, il y a (presque) toujours une fin qui nous donne une solution rassurante. Donc, après le problème on retourne à l'ordre et à la normalité. Les lecteurs sont satisfaits.
- Dans leur propre vie réelle il n'y a pas d'histoires dont ils connaissent la fin, bien sûr.
Quand même, les lecteurs doivent croire les histoires racontées. C'est pourquoi le journaliste d'un fait divers veut nous convaincre de la véracité de son récit. Evidemment, une histoire plus exceptionnelle a besoin de plus de signes qu'elle est vraie. Un journaliste peut y réussir en nous donnant beaucoup d'informations sur l'incident, par exemple l'adresse exacte et les noms des témoins. En outre, il peut utiliser des moyens plus subtils pour prouver que son histoire est véritable :
Premièrement, les faits divers correspondent souvent aux schémas psychologiques : L'auteur prend les idées pour ses articles des têtes des hommes : par exemple, ce sont les traumatismes qui sont partagés par beaucoup de gens. Donc, l'auteur peut écrire une histoire qui reprend un vieux motif. Celui-ci fait les gens se souvenir d'une peur archétypale, par exemple la peur des araignées ou des serpents.
Il y a d'autres raisons pour lesquelles le lecteur peut croire un fait divers : les gens aiment être familiarisés avec quelque chose, on préfère souvent une chose connue, par exemple un pays de connaissance, parce que la répétition nous rassure énormément ! C'est la même chose avec les histoires : comme les enfants aiment écouter toujours un seul conte de feé, les lecteurs du journal aiment retrouver les histoires déjà vues ou entendues, par exemple les histoires qui contiennent les motifs connus des mythes, des contes de fée ou des films. En plus, le fait divers reprend souvent un script. Pour expliquer ce mot scientifique de la psychologie il faut vous imaginer une visite au restaurant : Qu'est-ce qui se passe après qu'on est entré ? – Il y a un déroulement standard que tout le monde connaît bien : le garçon demande si on a réservé une table, il apporte la carte et ainsi de suite. Donc, il nous suffit de savoir que quelqu'un entre dans un restaurant et tout suite on sait ce qui va se passer. Accoutumés à la répétition, les gens ont besoin de retrouver un schéma cognitif qui leur donne un contexte . De cette façon, des images connues nous permettent d'interpréter une chose qui est seulement indiquée par l'auteur. Quand on regarde toute la structure d'un fait divers qui en fait n'est pas du tout banale, comme les moyens psychologiques qu'il utilise, on aperçoit que ce genre journalistque est absolument respectable : Il suit les prescriptions précises d'une histoire et il fait tout pour convaincre le lecteur de sa crédibilité.
Bref, je voudrais conclure que le fait divers est de la littérature méconnue.

Le fait divers et la littérature :
Mais le fait divers n'est pas seulement un phénomène littéraire, mais aussi il peut être un générateur de littérature. Je me réfère ici à deux exemples bien connus : Premièrement, le romancier réaliste Stendhal a écrit son roman populaire « Le Rouge et le Noir » d'après l'affaire Berthet qui était un fait divers courant de l'année 1827. De plus, « Madame Bovary » repose sur un fait divers, donc Flaubert était inspiré aussi par les petites histoires dans les journaux. Pour ces romanciers le fait divers était comme la preuve d'une d'une réalité bien fondée et en même temps c'est le point de départ pour l'histoire proprement dite.


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