NOUVEAU MEDIA, NOUVEAU JOURNALISME ?

 Internet est désormais suffisamment développée pour être considéré comme un médium d'information légitime. Les journalistes du web et les fournisseurs de contenu publient des articles. Mais ils transgressent aussi les règles, de nombreux journalistes on-line travaillent sans encadrement, sans les codes conventionnels du journalisme traditionnel.
Du fait de cette gigantesque toile d'araignée, l'information est planétaire, elle abolit les notions d'espace et de temps. Textes, images, sons, programmes et banques de données peuvent être lus, recopiés, téléchargés depuis n'importe quel point du globe. Ces nouveaux supports modifient la façon de traiter l'information. Contrairement à ce que l'on a pu croire au début, les éditions électroniques ne se limitent pas à la copie numérique des versions papiers.
Internet apporte un plus au lecteur : l'interactivité. L'individu n'est plus passif dans son rapport avec l'information. Il clique sur les sujets qui l'intéresse et les liens proposés il peut donc approfondir à l'infini un sujet. A partir d'un lien hypertexte, il commence à la base avec de grands titres et des résumés de nouvelles (comme les dépêches sur Yahoo, par exemple). Ensuite, il peut cliquer sur des icônes pour aller chercher plus d'éléments sur la nouvelle, des histoires reliées, des analyses ou des bandes audio et vidéo. Finalement, en fouillant un peu plus, il peut atteindre des groupes de discussion et des documents originaux liés au sujet en question.

Si les lecteurs doivent apprendre à utiliser intelligemment toutes les ressources d'Internet, à saisir les astuces pour trouver le sujet précis que l'on cherche, le cyberjournaliste doit également remettre en question tout son enseignement pour s’adapter au médium.    

Un nouveau médium, un nouveau message ?

Les nouveaux réseaux de communication changent la façon dont les lecteurs appréhendent l'information. Il faut donc que les journaux en ligne apprennent à utiliser le web pour améliorer le contenu, en l’adaptant aux différentes possibilités qu'offre Internet.
La presse a répondu au nouveau médium de différentes manières. Certains groupes ont rejoint le camp des tabloïds pour tenter de garder une audience substantielle. D'autres ont pris le parti d'inventer un « journalisme public ou citoyen ». Les technologies digitales libèrent l'information. Le challenge du journalisme n'est donc pas le médium, mais le message, comme l'explique Ellen Humes .

A l'image des consommateurs qui commencent à devenir des utilisateurs chevronnés du cyber-espace, les journalistes ont besoin de s'expérimenter dans la forme de diffusion de l'information et dans la qualité du produit central : une information vérifiée et utile sur laquelle chaque citoyen puisse réagir mais surtout agir.
Sur le Net, la construction de l'information est et doit être différente. Ce nouvel espace façonne une nouvelle forme de journalisme, mais avant tout une nouvelle espèce de journalistes. Avec l'émergence de ce 4°grand support médiatique, il faut former ou trouver de nouveaux professionnels : des cyberjournalistes.
   

La nouvelle génération des « fournisseurs de contenu »
Maintenant en France, les écoles de journalisme créent des cours de formation aux nouveaux réseaux de communication. Il faut à la fois apprendre à exploiter ce colossal gisement d'informations mais à organiser ces données de manière à ce qu'elles soient parfaitement accessibles par l'internaute. Il faut qu'il puisse surfer d'une information à l'autre grâce à des liens intelligemment situés.
Le cyberjournaliste doit aussi trouver de nouvelles techniques de rédaction des articles. En effet, l'internaute ne lit pas de la même manière un journal imprimé et un magazine on-line.
Aujourd'hui, il serait aventureux de se hasarder à faire du cyberjournalisme sans une connaissance étendue de l'Internet et de son fonctionnement .  

1. Comment devenir e-journaliste ?
Les publications on-line ne cessent de s'accroître rapidement . C'est un nouveau support qui a besoin de gens formés à l'utilisation de ce médium. L'apparition d'un enseignement plus spécialisé dans le journalisme sur Internet confirme sa pérennité . L'avenir d'un e-journalisme ne fait pas de doute. Il s'inscrit désormais dans la durée et gagne en légitimité. Mais être un cyberjournaliste exige des qualités bien particulières. Ce sont ces aptitudes que J.D. Lasica, rédacteur en chef du San Francisco Sidewalk, le guide online de Microsoft pour San Fransisco, s’est efforcé de recenser:

Avoir une passion pour le journalisme online
Il estime que le talent n'est pas suffisant.(nous pensons le contraire au JSC, il faut un travail à la base pour l'écriture sur Internet savoir que la lecture d'un texte se doit d'y être plus percutante que sur un support papier) Il faut avoir le désir de faire ce métier, cela requiert une véritable vocation pour travailler autant. Il faut accepter de passer des heures entières devant un écran. Les meilleurs sites journalistiques online attirent des individus courageux, des gagneurs, avec de bonnes qualités relationnelles.

Assimiler et intégrer les principes du journalisme
L'acquisition d'un jugement perspicace sur l'information n'est pas innée. C'est le fruit d'une longue expérience qui ne s'acquiert que dans le monde réel. C'est pourquoi il faut apprendre à travailler dans une rédaction, intégrer les leçons tirées des relations avec les gens, apprendre le pouvoir des mots qui peuvent éduquer, instruire, mais aussi blesser.
En fait, il faut apprendre à informer par les faits et par l'analyse, ce que Laurie Petersen résume très bien:
Informer, c’est informer. Les journalistes online doivent avoir les mêmes compétences que les journalistes des autres médias: de bonnes techniques d'interview, une solide capacité à l'investigation, de la ténacité, de la vitesse, de la précision, de la flexibilité, un bon diplôme de détective, du tranchant et une écriture vivante.  

Apprendre ce qui fonctionne sur le web
Afficher une histoire de 10 pages, sans image, sur un site web et y ajouter des liens n'en fait pas du journalisme online. Il faut au contraire se demander avant tout comment cette histoire peut être rendue plus performante. Cela signifie qu'il faut s'interroger sur la manière dont on va s'y prendre pour que cette histoire reçoive une valeur ajoutée. On peut utiliser des forums, des sondages, des documents complémentaires, du son, de la vidéo, des cartes interactives, des moteurs de recherche, etc. Tous les ressources du web doivent être utilisées. En fait, il faut posséder une connaissance précise de la façon dont les gens utilisent le web pour la communication, l’information et le divertissement.
Il est essentiel, en définitive, de savoir faire la différence entre une histoire affichée online ou imprimée. Il ne suffit pas de savoir convertir une histoire en mots. Un cyberjournaliste a besoin des compétences du journalisme traditionnel, mais il doit aussi avoir un certain recul.

Faire de sa page web une vitrine de ses compétences
Il est absolument nécessaire de créer sa propre Home page pour montrer son savoir-faire en matière de création et de gestion d'un site sur Internet. C’est le meilleur moyen d'exposer son habileté à utiliser toutes les ressources techniques proposées par le WWW. C'est aussi l'occasion de montrer ses talents dans le traitement de l'information à d'éventuels employeurs. Avoir une adresse e-mail est également un avantage car cela permet d’être rapidement, et en permanence, joignable.

Etre publié sur le web
Le cyberjournaliste en herbe a également tout intérêt à écrire une série d'articles et à essayer de les proposer en freelance à des magazines et des journaux online. Cela permet d’acquérir une expérience, de montrer sa capacité à rédiger, et c'est parfois même rétribué !

Apprendre les outils du métier
L'univers online a été l'occasion de la création de nouveaux outils technologiques. Il est absolument nécessaire de savoir les utiliser si l'on souhaite devenir un journaliste online. Il faut donc s'exercer au Real Audio, à Quick Time, Schockwave, Director etc. Il est également important d'avoir des notions dans les logiciels tels que Photoshop ou Quark Xpress. Mais le cyberjournaliste n'est pas nécessairement un programmateur informatique, inutile d'apprendre à se servir de Perl ou C (même si cela peut être intéressant). Enfin, il est conseillé de se tenir au courant des nouveaux outils ou des applications en 3-D.
L'étude du langage HTML  et la connaissance des pratiques design sur le Web sont capitales si l'on veut travailler sur Internet. On peut aussi apprendre à numériser des images ou créer des séquences audio. Ce qui est important sur le Net, c'est de posséder des compétences étendues à toutes les formes de technologies présentes sur les réseaux de communication et de ne pas se laisser dépasser par les innovations.

Etre actif et audacieux
Pour pouvoir se faire remarquer par des employeurs potentiels, il est crucial de se faire connaître sur le web. Pour cela, il faut référencer son site sur les plus importants portails, participer à des discussions online sur les médias et le cyberjournalisme. On peut même créer son propre magazine sur la toile. Qui sait, un jour, il aura peut-être la taille de CNET, Wired News ou d’America Online ! Il est avant tout primordial de montrer sa motivation à faire ce métier. On voit donc apparaître une nouvelle espèce de journalistes. L'environnement virtuel d'Internet exige des compétences et de nouvelles manières de voir la profession. Il faut innover.
Il n'y a pas si longtemps, le jeune journaliste n'avait qu'une question à se poser: presse écrite ou audiovisuelle ? Aujourd’hui, une nouvelle option s'offre à lui. C'est un nouveau monde à construire.
Pourtant, on devine déjà les qualités nécessaires à ce nouveau spécimen de journaliste : l'expertise, la souplesse et la créativité. Le cyberjournalisme influence même les médias classiques qui recherchent maintenant des aptitudes identiques chez leurs reporters.
Un cyberjournaliste doit avant tout faire preuve d'imagination et de curiosité. Le cyberespace est un monde en évolution constante. Il faut savoir se tenir au courant des changements, c'est la « veille technologique ». Le cyberjournaliste doit être capable de sentir les transformations et les métamorphoses d'Internet. Plus que jamais, le journaliste online est à la fois un technicien et un reporter. Avoir une belle plume et l'instinct pour le scoop ne sont plus suffisants, il faut également savoir utiliser les nouvelles technologies de communication. Le risque est de voir cet équilibre précaire rompu, le journaliste serait alors avant tout un technicien, un « fournisseur de contenu ».

2. Journaliste ou fournisseur de contenu ?
Le cyberjournaliste doit être "journaliste" avant d'être "cyber". Il serait malheureux que le domaine technique prenne le pas sur la profession. Le web reste une spécialisation du métier de journaliste, il ne faut pas l’oublier. Deux écueils apparaissent : que le journaliste online devienne un documentaliste ou alors qu’il devienne un technicien, chargé simplement de la mise online de l’information. On parle même de technojournalistes.

Drive this CAR
CAR signifie Computer-Assisted Reporting, ou reportage assisté par ordinateur. Le danger est de ne voir en un cyberjournaliste qu’un professionnel du web. Le péril est donc de l'utiliser en tant que spécialiste en recherche sur la Toile. Avec le CAR, les journalistes sont désormais tenus de savoir trouver et recueillir l'information. A eux, par la suite de la classer et de l'analyser.
Le problème, c'est qu'une spécialisation risque de peu à peu se développer. D'un côté, des individus deviendraient des professionnels de la recherche d’information sur Internet, une nouvelle sorte de documentalistes, somme toute. D'un autre côté, des journalistes se chargeraient de synthétiser les données et de les analyser pour les rendre aisément compréhensibles par le lecteur.
Le CAR a d'ores et déjà permis à de nombreuses salles de rédaction américaines de réaliser d'importantes économies en puisant dans les ressources gratuites offertes sur le web. Cette nouvelle technique exige une connaissance étendue du Net car cela nécessite de savoir distinguer les sites crédibles, comme les sites gouvernementaux, de sites nettement moins fiables.
Mai il faut reconnaître que le CAR à l'indéniable avantage de familiariser peu à peu les journalistes des médias classiques à cette nouvelle source d’informations.
Le problème avec les journalistes online, c'est que l'utilisation du CAR les enferme encore un peu plus dans le monde virtuel. Il faut mettre en garde les reporters contre ce danger : le web ne doit pas être l’unique source d’information dans un reportage. Sinon, il y a le risque d’une sorte d'auto-alimentation du média et un effet néfaste pour le cyberjournaliste.
Il ne faudrait pas qu'il finisse par ne vivre que dans son bocal, sa salle de rédaction. Il serait alors dans la position où les seules fenêtres ouvertes sur le monde seraient ses écrans d’ordinateur, il ne vivrait plus que dans un monde virtuel. Coupé de la vie réelle, du contact avec le public, le cyberjournaliste perdrait alors toute sa valeur puisque, isolé de son audience, il ne pourrait plus rendre compte de manière efficace.
 

Un documentaliste de presse ?
La frontière entre les professions de documentaliste et de journaliste est très ténue car tous les deux « recherchent de l’information ». Cette notion est toutefois appréhendée de manière différente selon le métier.
Christine Leteinturier s’est attachée à définir cette "zone d’incertitude" :
La notion d'information est pour les journalistes, actualité, événement, mais quand ils parlent de recherche d'information, il peut s’agir aussi de recherches de renseignements sans lien direct avec l'actualité: un arrière-fond historique ou des données chiffrées. Ce sont les documentalistes qui prennent les premiers, possession d'Internet dans les salles de rédaction. L'arrivée d'Internet ne modifierait donc pas la frontière entre documentaliste et journaliste. Cependant, aux USA, alors que les journalistes sont plus rompus aux techniques de recherche sur Internet, cette crainte est apparue. Les reporters deviennent de véritables experts du Net, ils craignent une évolution de la profession, où le documentaliste disparaîtrait puisque chacun saurait où aller chercher une information sûre et crédible. Seul l'avenir nous dira s’il y avait lieu de redouter cela.

Des « technojournalistes »
Bien que la profession de cyberjournaliste soit encore toute récente, nombreux sont les journalistes en ligne qui se plaignent des tâches qu'ils doivent accomplir.
Ce sont surtout ceux qui travaillent pour les sites web de la presse écrite qui se sentent frustrés. Les sites, disent-ils, ne sont finalement que des copies conformes de l’édition imprimée. Ils estiment qu'ils doivent se contenter de transformer en bits électroniques la version papier. Un sondage réalisé par mediasource  en 1998 révèle qu'aux Etats-Unis 73% des journaux papiers affichent moins de 5% de contenu original sur leurs sites (cela descend à un peu plus de 60% pour la radio et la télévision). De plus, 63% des groupes de presse interdisent à leur site web de divulguer des scoops avant la version imprimée.
Le fait est que, dans ce contexte, le travail journalistique est alors réduit à sa plus simple expression. Il y a encore de nombreux journaux qui se cantonnent à mettre en forme des contenus pensés, réalisés et produits ailleurs et dans le cadre d'une autre finalité. Ils sont donc appelés « fournisseurs de contenu ». L'expression «mise sur le réseau» illustre bien cette situation. Il est aisé de comprendre combien ce travail est loin de captiver les intéressés qui, au lieu d'avoir une activité journalistique, doivent se contenter d’être des techniciens.

Cependant, la situation est en train d’évoluer car les journaux papiers apprennent peu à peu à utiliser tout l'éventail technologique qu'Internet met à leur disposition et cherchent à fournir sur le web une information sensiblement différente de la version papier. Si certains se bornent encore à afficher la « une » de leur version papier sur le Net, une grande majorité des journaux à forte diffusion ont compris l’enjeu d'Internet et s'efforcent de fournir un contenu original.
Le New York Times, le San Jose Mercury News (premier journal online de l'histoire) ou le Raleigh News and Observer  ont essayé d'adopter une approche inventive pour la conception de leur site. Cela passe par l'ajout d'un contenu original, de barres d'outils hypertextes et d'autres outils permettant de rehausser la qualité des matériaux.
Ainsi, le New York Times propose les « CyberTimes », une section du site qui est réservée à des reportages sur des sujets liés à Internet dont la plupart sont inédits.
La difficulté du cyberjournalisme, c’est que les techniques classiques ne fonctionnent pas forcément. Un rédacteur du journal, Rob Fixmer, affirme que les journalistes doivent savoir que le style de la pyramide inversée ne marche pas online. Les lecteurs ne se contentent plus d'un article commençant par un exemple et se terminant par des formules choc. « Nous devons concevoir les articles avec les exigences propres au médium, cela signifie penser en terme de liens hypertextes plutôt que de barres d’outils ».
Mais le contenu original qui est produit sur le site se borne souvent à parler du média Internet. Ce travail n’est donc pas "journalistiquement" satisfaisant puisque le cyberjournaliste rédige, assis devant son ordinateur, des articles au sujet de personnes assises devant leurs ordinateurs. On tourne en rond.
Les seuls journalistes online qui aient un emploi intéressant sont ceux à qui il est permis de faire du reportage, d'écrire et de diffuser. Cela signifie que ceux qui ont un travail que l'on puisse réellement désigner sous le nom de journalisme, font en fait un travail équivalent aux journalistes de la presse écrite.

Kinsley, directeur en chef de Slate, le journal online de Microsoft, estime que le cyberjournalisme ne deviendra réellement intéressant que lorsqu'on aura compris que son essence est l'interactivité.
La seule raison pour laquelle Internet attire les jeunes journalistes sortant des écoles de formation, c'est que cela paie bien et que l'on accède immédiatement à des postes aux noms prestigieux. Alors que les jeunes qui débutent dans la presse écrite gagnent en moyenne 20 000 dollars, ceux qui choisissent le nouveau média débutent entre 45 000 et 65 000 dollars. Même chose pour les titres hiérarchiques, les jeunes cyberjournalistes occupent directement des places de rédacteur adjoint ou de responsable d’un service. C'est nettement plus prestigieux, mais le travail n’est souvent pas à la hauteur du titre. En définitive, on ne peut qu'acquiescer lorsque Robin Sparkman de MSNBC  déclare : « Je ne sais pas si c'est du journalisme, mais c'est intéressant ».

Le cyberjournalisme reste donc encore une discipline trop neuve pour que l’on puisse déjà porter un jugement sur ce nouveau métier. Une chose est sûre, il faut que la presse apprenne à se servir des possibilités de communication interactive qu’offre l'Internet. La relation lecteur-producteur d’information est la véritable nouveauté. Tous les titres proposent d’ores et déjà un échange avec le Webmaster du site. Les journaux attendent un feed-back de la part du lecteur, soit par le biais des mails, soit au travers des forums à thèmes et des groupes de discussion.

C’est là que se situe l'avancée la plus révolutionnaire du système. Pour la première fois, la presse à une relation directe et des plus simples avec le grand public. Elle peut privilégier son rapport à l'opinion. Ces relations particulières permettent d’entretenir des rapports privilégiés avec les internautes qui consultent le site. Cela permet aussi de constituer une sorte de "club"  des plus assidus lecteurs du site. Mais est-ce que l'intercommunication et la logique du média de masse feront bon ménage ?

Ni vraiment journaliste, ni uniquement «fournisseur de contenu», le cyberjournaliste reste encore une notion floue. Jusqu'à présent, les sites web consacrés à la presse n'ont pas une durée de vie suffisamment longue pour pouvoir porter un jugement, et plusieurs actuellement en France ferment ou deviennent payants donc à termes fermeront.
Les groupes de presse ne laissent pas les cyberjournalistes libres de développer les sites à leur façon. On comprend donc le point de vue des indépendants qui préfèrent créer leurs propres pages d'information.
Mais cette situation est également dangereuse. Si chacun peut devenir un éditeur de l'information, à l'image de Matt Drudge, cela signifie-t-il la fin du journalisme professionnel ?    

Vers la fin d’un journalisme professionnel ?
Le développement exponentiel d'Internet et sa facilité d’utilisation font de ce nouveau média, un support extrêmement attrayant pour l’information.
Effectivement, de plus en plus de journalistes décident d'informer via Internet. Impossibles à dénombrer, ces professionnels de l'information en ligne posent le problème de leur reconnaissance.
La définition du journalisme est tautologique: est journaliste celui qui exerce comme tel son activité principale dans la presse écrite ou les médias audiovisuels . Pas plus qu'il n'y a une exigence de formation, le choix du support médiatique n'est pas défini dans le statut. Le flou de cette situation est accentué par le fait que chacun aujourd'hui peut s'autoproclamer journaliste online. Alors, doit-on parler de journaliste en ligne ou de journaliste virtuel ?

1. Tout le monde est reporter sur Internet
L'interactivité permet aujourd'hui à chacun de diffuser des news. Ce bouleversement des moyens d’information soulève le danger qui lui est inhérent : la fiabilité très inégale des informations qui circulent sur le Net. Il existe aujourd'hui des milliers de publications online sur Internet gérées par des journaux, des stations de télévision ou de radio, par des entreprises non actives dans le secteur des médias traditionnels, ou par de simples particuliers.
L'évolution du nombre de journaux sur le web a été particulièrement rapide. Depuis l'apparition du premier quotidien sur le Net en 1993, plusieurs milliers de journaux ont fait une incursion dans l'univers électronique. Une grande majorité concerne les médias américains. Mais plusieurs spécialistes, comme John Katz , sont très critiques devant les expériences sur le web tentés par les médias traditionnels, surtout par la presse écrite. L'inconvénient des cybermagazines, c'est que les éditeurs de journaux ont souvent tendance à percevoir leur site web comme un prolongement de leur journal plutôt que comme un média en lui-même. Le risque est que l'on retrouve systématiquement la même information sur le Net. Une uniformisation des sites de presse pousse les consommateurs à chercher autre chose, une information un peu moins identique à ce qu’ils peuvent trouver ailleurs. Si les éditeurs de journaux se contentent de reproduire l’information déjà publiée dans la version papier, Internet perd toute son originalité et sa valeur.
Tant que les médias traditionnels n'auront pas compris l'intérêt d'utiliser l'instantanéité du Net pour diffuser en avant-première les scoops au lieu d'attendre l’impression de la version papier ou le journal de 20 heures, Internet restera le paradis des particuliers qui souhaitent diffuser une information "chaude" et libérée de la contrainte du prisme médiatique.
Avec un modem, chacun devient un communicant potentiel, et peut s’autoproclamer journaliste. La création d’un site online est une des issues possibles de la volonté des particuliers de s’approprier peu à peu l’information. On assiste également à la démocratisation du communiqué de presse : l'e-mail favorise une diffusion la plus large possible, d'une information qui ne coûte pratiquement rien. Les journaux submergés de mails garantissent le scoop.
Les groupes de discussions sont le lieu favori de ces journalistes amateurs, qui profitent de ces tribunes publiques pour diffuser le plus largement possible leurs informations exclusives. Le Net en regorge. Il y a surabondance d'information' sur le web mais il est très difficile de parvenir à l'utiliser de manière performante. Les Internautes peuvent donc se sentir submergés devant ce trop plein d'information et se limiter aux sites les plus renommés pour chercher des renseignements fiables sur l’actualité, ou plutôt qu’ils préfèrent encore les médias classiques pour s'informer.

 

 

Les journalistes de la presse traditionnelle doivent également faire face à cet afflux de scoops et de documents en tout genre. Les technologies présentent sur Internet permettent de simplifier le travail de sélection :

Cette « mine d'or » peut aussi être exploitée de façon industrielle, notamment grâce à des services (news filtering) permettant de surveiller dans différents groupes l’arrivée de messages comportant tel ou tel mot.

Le risque est en effet pour le journaliste de passer à côté du scoop majeur. Il y a toujours l’éventualité de découvrir une information essentielle au détour d’un groupe de discussions. Alexander Wolfe a eu cette chance, c’est lui qui a repéré le message d’un chercheur indiquant un défaut dans les microprocesseurs Pentium.

Peu à peu, les journalistes prennent conscience de l’effet dévastateur qu’Internet risque de provoquer sur le quasi-monopole de la presse, à la fois dans la diffusion de l’information et dans l’accès aux sources d’information. Il est par exemple courant qu’un internaute fréquentant les pages web kosovars ou albanaises en sachent plus sur les derniers mouvements de troupes de l’UÇK que le site online de Libération ou du journal Le Monde.
La presse était jusqu’à présent le destinataire quasi exclusif des communiqués, dossiers, rapports, et autres documents dont on fait les nouvelles. Mais les choses évoluent, les entreprises en ligne consacrent des sections "information presse" qui sont en réalité accessibles aux particuliers .
Le risque, c’est que le consommateur se sente submergé par ces informations qu’il ne peut vérifier. Trop d’info, tue l’info ? C’est une des réactions possibles des internautes : qu’ils rejettent les sites de presse par excès d’information. Ne sachant à qui faire confiance, ils vont peut-être refuser l’information en bloc. Cependant, les récents sondages concernant les internautes consultant des sites d’information en ligne montre que les individus apprennent à faire la différence entre des nouvelles fiables et des tabloïds.

Les consommateurs de nouvelles en ligne
On connaît encore bien mal le profil précis de l’internaute consommateur d’informations sur le web, pourtant, des données commencent à apparaître. Quelques études qui ont été réalisées sur le sujet montrent qu’encore bien peu de gens s’informent par l’entremise des nouveaux médias. Néanmoins, ce nombre augmente sans cesse et à une vitesse croissante.
Une étude de The Pew Research Center  du mois de mai 1998 a mis en évidence un paradoxe. Malgré les nombreuses critiques contre les médias pour leur traitement du scandale Clinton-Lewinski, les indices de crédibilité des groupes de presse et des journalistes de renom n’ont pas chuté en 1998. De plus, en dépit de la popularité des tabloïds, le public continue à faire la différence entre la presse à scandale et la « grande presse ».
Le pourcentage d’Américains qui s’informent sur Internet au moins une fois dans l’année a plus que triplé entre 96 et 98, passant de 11 à 36 millions de lecteurs. Cependant, la télévision câblée reste, et de loin, le plus important média pour s’informer. En effet, 40 % des Américains regardent régulièrement les informations sur les chaînes câblées. L’utilisation du nouveau média comme fournisseur de nouvelles est nettement moins importante que celle des médias classiques. Nul doute que la confiance et la véracité des informations y sont pour quelque chose.

Un récent sondage de The Gallup Poll   a montré que les Américains ont souvent un haut degré de confiance dans de nombreuses sources d’informations majeures. C’est plutôt négatif pour les autres. Les informations télévisées ont un plus haut degré de crédibilité que les journaux imprimés. Les informations fournies « directement au public », c’est-à-dire les informations diffusées sur C-SPAN  et sur Internet, ont fait impression sur la majeure partie de la population américaine mais elles doivent encore faire leur preuve.
Selon Frank Newport et Lydia Saad , les informations diffusées « directement au public » sont supposées révolutionner la façon d’obtenir des informations et de les utiliser. Les prophéties annoncées sont loin de se vérifier dans le temps. Ni C-SPAN ni Internet apparaissent comme des médias fournissant des informations sûres. Internet n’est donc encore utilisé pour s’informer que de manière marginale.

Actuellement, ce que les consommateurs d’information en ligne recherchent avant tout, c’est de l’information locale. Alors que les précédentes technologies de communication avaient rendu l’information plus globale, maintenant le Net la rend aussi plus locale. Avec Internet, il n’y a plus besoin de faire se déplacer les journalistes. Le nouveau média permet d’utiliser les journalistes locaux quand une actualité surgit dans leur secteur. Les reporters spéciaux qui vont de crise en crise pour CBS ou le Washington Post ont moins de valeur sur le marché du Net.
Cela permet un important gain de temps et d’argent. De plus, ceux qui commentent l’actualité la connaissent bien puisqu’ils la vivent tous les jours, ils ne viennent pas d’être "parachutés". C’est peut-être une des chances de l’information en ligne : faire du local.

L’information sur Internet reste donc un sujet débattu. Il n’y a jamais eu d’information sûre à 100%, c’est vrai. Mais Internet sème un peu plus la confusion dans les esprits. Certains argueront du fait que c’est un bienfait pour l’ensemble des médias car le lecteur apprend à être vigilant et à être critique vis-à-vis de l’information, mais cette énorme masse de contenu peut faire peur, indéniablement.
D’un côté, il y a ceux qui critiquent le trop plein d’information et de l’autre, ceux qui apprécient le fait qu’ils puissent aller aux sources de l’information. C’est justement grâce à cela (le traitement des sources d’information) que le journalisme professionnel est sûr de surmonter l’épreuve qu’il traverse sur le web.
Cette « mine d’or » que constitue Internet est comme un diamant brut. En lui seul, il a déjà une grande valeur, mais il faut des professionnels, des journalistes formés et rompus à ce travail pour transformer cette matière brute en un petit joyau. Le potentiel d’Internet est énorme, encore faut-il faire confiance aux professionnels de l’information pour le développer.

2. La profession sauvée par son professionnalisme
Il y a une raison pour laquelle un Matt Drudge ne pourra jamais remplacer un journaliste : ils ne jouent pas dans la même cour. Matt Drudge se contente d’afficher des scoops qu’il reçoit par mails. Ses articles n’ont aucun style particulier, ce sont des informations mises bout à bout. Il n’y a aucune analyse profonde. Ce sont des faits.
Un journaliste, en revanche, qu’il soit sur Internet ou non, ne se contente pas de diffuser une information, il la décompose, la met en perspective, la compare à d’autres actualités, etc. L’essentiel du travail du journaliste reste le même quand il passe sur Internet : collecter les informations et les rapporter de la façon la plus juste, la plus honnête et la plus responsable possible en donnant au lecteur des faits contextualisés et pondérés.
C’est pour cette raison que le journalisme professionnel sera toujours présent sur le Net et que la concurrence des reporters amateurs restera toujours extrêmement marginale. Les consommateurs d’information en ligne ont besoin de références pour suivre l’actualité. Ils ont besoin de faire confiance à une marque, à un nom, pour ne pas avoir à, sans cesse, vérifier l’information qu’ils reçoivent. C’est justement à ce niveau qu’intervient le journaliste.
Matt Drudge met en exergue des histoires qui vont intéresser l’internaute, pense-t-il. Mais il ne fait pas un travail journalistique, dont la base est la vérification des nouvelles. L’écueil, c’est que, comme le dénonce avec véhémence Pierre Bourdieu , la pression de l’urgence, la bataille des parts de marchés, la surveillance anxieuse des concurrents mettent souvent les journalistes au même niveau que l’auteur du Drudge Report. Ces dernières années, on a vu le fait divers prendre peu à peu de l’importance, la recherche du sensationnel est devenue le leitmotiv de nombreux journaux, télévisions et radios. Le développement du « direct », l’idée qu’il faille « montrer l’histoire en marche »  ont amené à une conception toute différente de l’information. Mais le scandale Clinton-Lewinski a eu un effet d’électrochoc sur les médias. Désormais, on réfléchit sur une redéfinition des pratiques journalistiques.

L'arrivée d’Internet et de ses innovations permettent de remettre les choses à plat. C’était l'occasion ou jamais.
Avec le courrier électronique, la mise en ligne des sources d’informations classiques, les ressources multiples du World Wide Web, ses catalogues de ressources, ses moteurs et ses agents de recherche, mais aussi avec ses listes de discussion, ce ne sont pas simplement de nouveaux outils qui font leur apparition dans les rédactions, ce sont de nouveaux modes de traitement journalistique de l’information qui s’élaborent. C’est donc aussi une remise en cause de l’organisation classique de la profession journalistique en fonction des supports médiatiques qui s’impose.
En Europe, mais aussi aux Etats-Unis, les médias s’efforcent de redéfinir les bases de leur métier. Il faut que l’ensemble de la profession redéfinisse les caractéristiques de ses fonctions. Avec l’arrivée d’un quatrième support médiatique, l’Internet, c’était vital.
Il semble que le web tende à considérablement modifier la façon de faire du journalisme. C’est une véritable révolution dans la collecte des informations qui est en marche. C’est aussi un nouveau message qui se profile : l’information service, l'information personnalisée. Internet permet à la presse de fournir des renseignements différents selon le lecteur.
Déjà, le consommateur d'information en ligne peut se créer son propre journal en indiquant à un fournisseur tel que CNN les actualités qu’il souhaite recevoir. Ensuite, c'est le site web qui se charge quotidiennement de faire parvenir, via le courrier électronique, toutes les informations qui intéressent ce lecteur, et ce gratuitement.
Les sites web de presse commencent aussi à proposer gracieusement des services à leur public. Ces contenus sont par exemple des petites annonces, des archives, des forums, des quizz… Cela permet de rendre le lecteur plus fidèle, surtout s’il souscrit à un abonnement par mail (envoi quotidien ou hebdomadaire des grands titres et de petits résumés d’articles) . Pour Le Monde diplomatique, par exemple, cette technique permet d’inciter le lecteur online à acheter son journal… dans la vie réelle.
Ce qui est paradoxal aujourd’hui, c’est que les journaux papiers reprennent du terrain sur les autres médias traditionnels grâce à un support : l’écran, jusque là réservé à son principal concurrent, l’image.

Le développement d’un nouveau message oblige les journalistes à se remettre en cause. L’ASNE (American Society of Newspaper Editor) a d'ailleurs posé le problème de la crédibilité des journalistes.
Les études de l'ASNE confirment que les lecteurs remarquent les fautes de grammaire et d'expression et qu'ils relèvent les inexactitudes qui surviennent trop souvent. Ils n’apprécient pas non plus les sources anonymes et le cynisme immodéré des journalistes.

En ignorant des détails tels que les noms de rue, les dates historiques et même des chiffres, pour ne citer que les erreurs les plus courantes, les journalistes ont envoyé un signal fort aux lecteurs en ce qui concerne leur précision, qui serait partiale.
Le public demande plus, et il a raison.

Mais l'ASNE a aussi remarqué que de nombreux lecteurs pensent que la presse couvrent les histoires sensationnelles juste parce qu’elles sont sensationnelles et non parce qu’elles sont importantes. Le public estime que les journalistes sont continuellement manipulés par des groupes de pression et des intérêts particuliers car ils manquent souvent d’expliquer pourquoi ils ont choisi de couvrir tel ou tel événement. Il y a une exigence de connaissance des critères utilisés dans le choix du traitement de l’information qui se fait sentir.
En fait, les lecteurs veulent pouvoir connaître tous les faits inhérents à une actualité, et non pas seulement quelques données factuelles publiées dans l’empressement. Et ils veulent des sources désignées, et si ce n’est pas possible, ils veulent savoir pourquoi.

En définitive, le public désire que les journalistes réapprennent à écrire des articles sur des individus et sur des événements, à produire ces histoires dans un esprit d’équité et de justice, avec des sources identifiées.
Ces petits détails peuvent sembler bien insignifiants, mais ils sont à la base du métier de journaliste, qui est de rechercher la vérité et de la rendre intelligible à tous, en toute impartialité. L’intégrité professionnelle est, en effet, la pierre angulaire de la crédibilité des journalistes. C’est pour cela qu’il est important de rappeler les principes  assurant un journalisme de qualité :

 Chercher la vérité et rendre compte de la manière la plus complète possible
- Vérifier la véracité d’une information en la confrontant au plus grand nombre de sources différentes possible. Refuser toute distorsion délibérée de la réalité.
- Identifier les sources chaque fois que cela est possible, le public apprécie toutes les informations qui rendraient une actualité aisément vérifiable.
- Toujours demander les motifs de l’anonymat avant de le promettre. Des situations claires sont préférables. Quoi qu’il en soit, toujours tenir ses promesses.
- Ne pas faire de sensationnalisme, s’assurer que les titres, les photos, les images vidéos, etc. ne présentent pas sous un faux jour l’article. Ne jamais détourner une image, une photo de son contexte, ou faire des montages et des trucages.
- Ne jamais faire de plagiat.
- Eviter les stéréotypes, encourager les échanges d’opinions, la tolérance.
- Donner la parole à ceux qui ne l’ont jamais, des sources officielles et non officielles peuvent avoir la même valeur.
- Distinguer le journaliste de l’avocat et du publiciste.

Etre indépendant
- Eviter les conflits d'intérêt
- Rester à l’écart des associations et des activités qui pourraient compromettre l’intégrité ou être néfaste à la crédibilité.
- Refuser les cadeaux, les faveurs, les voyages et les traitements spéciaux. Refuser les implications politiques, les fonctions publiques si elles compromettent l’intégrité journalistique.
- Etre vigilant et courageux face à ceux qui ont du pouvoir.
- Décliner tout traitement de faveur et résister à la pression influençant le choix d’un sujet.
- Dénoncer les sources qui offrent de l’information contre des privilèges ou de l’argent. Eviter de payer pour des informations.

Minimiser les préjudices
- Les journalistes doivent traiter les sources, les sujets et leurs collègues avec respect.
- Montrer de la compassion pour ceux qui pourraient souffrir d’un article.
- Ne pas rester insensible en relatant des événements tragiques.
- Reconnaître qu’un article peut avoir des conséquences néfastes.
- Respecter la vie privée des individus, même celle des personnalités publiques.
- Essayer de trouver le bon équilibre entre une personne suspectée par la justice et le droit du public à être informé.

Etre responsable
- Responsabilité des journalistes devant leur public.
- Clarifier et expliquer le choix d’une actualité, inviter au dialogue avec le public sur le travail du journaliste.
- Encourager le public à exprimer ses griefs envers les médias.
- Reconnaître ses erreurs et les corriger promptement.
- Dénoncer les pratiques irrégulières des journalistes et des médias.

Ces quelques règles sont l’essence même du journalisme. Sans le respect de ces lignes de conduite, la profession est en danger. Internet, en amplifiant les fautes et les errements des gens du métier, permet actuellement une redéfinition des pratiques journalistiques, une évolution vers des pratiques plus saines. Il faut espérer que ces efforts seront couronnés de succès, si la confiance du public revient.
En attendant, c’est le problème crucial de l’éthique qui est posé.  
   


Toutes ces pistes permettent aujourd’hui au cyberjournalisme de définir peu à peu ses propres codes, en se détachant lentement du fardeau des médias traditionnels. Il est vrai qu'il n'est pas facile de définir des règles dans un univers qui en est totalement dépourvu, surtout que la cyberculture milite pour une déréglementation extrême. L'ascendant du commerce électronique est également un handicap important dans la quête d’indépendance de l'information.
Les journaux online sont aujourd'hui contraints de définir leurs codes de manière individuelle, la diversité étant trop importante dans ce domaine. Cette définition se fera également au cas par cas, car les cybermagazines manquent encore cruellement d’expérience. C'est à long terme que la déontologie se modifiera. Toutefois, les codes et les valeurs des médias traditionnels peuvent d’ores et déjà servir de base solide à l’établissement d’une déontologie cyberjournalistique.
Il est indéniable que l'on assiste aujourd’hui à une véritable métamorphose des médias, une médiamorphose. Le médium Internet transforme les pratiques et révolutionne les relations entre les journalistes et leur public. Le défi de la presse sera de savoir gérer cette interactivité qui peut semblée embarrassante de prime abord, mais qui se révélera certainement être un atout supplémentaire pour le journalisme.
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