Robert Lafont

 

 

La Tribune libre

    de Robert
             LAFONT


Pour le Journal Scolaire de la Corse

      Editeur et
           Directeur du journal "La Une"


Réconciliation Tricolore


«Je ne supporte plus la vérité, parce que je me suis habitué au mensonge, à la manipulation, pire au non-dit...»
Cette phrase tirée du courrier des lecteurs illustre mieux qu'un long discours la profonde nécessité d'en revenir à la sincérité, au courage et à la réflexion sans arrière-pensée ni calcul.
Nos compatriotes semblent avoir assez soupé des politiques de gribouille ou d'accommodement qui, pour remporter les élections, mettent le pays en difficulté au lieu de le mettre en position de gagner. Nous sommes bien placés au journal «La Une», qui avons toujours refusé l'alignement sur un camp ou sur un dogme, qui avons toujours refusé de condamner un gouvernement avant de l'avoir vu à l'œuvre ; nous sommes bien placés, donc, pour sentir et exprimer le besoin réaliste de notre peuple pour un retour en grâce des valeurs d'ambition, de prospérité, d'intégrité, d'autorité, et de renouveau... L'appétit du pays est à cet égard énorme. Certains signes ne trompent pas.
Sans même revenir à la victoire à la dernière Coupe du Monde, et le triomphe des drapeaux tricolores dans les rues qui s'en suivit, surprenant bien des observateurs. Ni même sur la nostalgie jamais aussi vivace pour un personnage aussi considérable que De Gaulle (le héros politique français par excellence du XXe et peut-être aussi du XXIe). Jusqu'à la réussite surprise de la liste Pasqua au nez et à la barbe des apparatchiks du RPR. Les prémices d'un sursaut de l'idée patriotique sont manifestes dans le pays qui, certes, prend goût à la liberté individuelle et au vent du grand large, mais qui, dans le même mouvement (instinct de survie ?), aspire aussi au plan collectif à se retrouver dans un grand et bel élan pour renouer avec son avenir, tout en tenant compte de ses valeurs et traditions... Lisez à ce sujet l'entretien que nous publions dans le numéro 32, de notre ami Jacques Dauer. Il est édifiant et va donner des sueurs froides à bien des bonnes consciences qui, depuis bien des années, s'évertuent à vouloir étouffer dans l'œuf l'esprit vital de notre pays.
Un retour aux sources nécessaire et qui, malgré des épisodes sans gloire de notre histoire récente, présente bien des intérêts, y compris et surtout pour les générations montantes, à commencer par celles venues de l'immigration récente.
Oui, au plan de la tolérance, de l'éducation, de la culture, des sciences, de la création ou de l'art de vivre, notre nation peut s'appuyer sur son passé afin de se tourner avec ouverture vers la modernité. Ceux qui prétendent le contraire sont les vrais «archéos­ringards» du moment, et ils seront vite balayés par le sens de l'histoire. Ne pas se fier aux apparences.
«Les Etats­Unis produisent plus d'ennui par tête d'habitant que n'importe quel pays du monde...» avait coutume de dire l'écrivain américain Henry Miller, qui avait, il est vrai, fait le choix de vivre dans l'hexagone. Comme on le comprend. Avant de recopier tête baissée le modèle de consommation américaine, certains beaux esprits à la mode devraient être un peu moins oublieux de tout ce que notre savoir vivre a apporté à la civilisation du monde. Nul doute que la diffusion ininterrompue, dans notre publication originale, d'idées positives telles que l'intelligence, l'ouverture, le courage, l'indépendance d'esprit, l'autonomie intellectuelle, le refus de la haine, l'affirmation des traditions, le sens de l'histoire, l'ouverture au monde et à la concurrence, bref la liberté de conscience humaniste et raisonnée, et le respect de la personne face aux appareils totalitaires puisse changer bien des choses. Certes nous ne sommes pas les seuls, certes nous ne resterons pas seuls non plus ; mais qu'importe puisque nous sommes en train d'ouvrir la voie : celle du renouveau des idées. Et rien qu'en cela, c'est une petite révolution qui peut avoir d'heureuses et grandes conséquences.
Car c'est en se réconciliant d'abord avec soi-même, et ensuite avec les autres, que notre pays pourra enfin recommencer à redresser la tête, à s'aimer et à étonner le monde...
C'est tout notre combat. Il est très bien expliqué dans ce numéro par Dominique Jamet. Celui-ci ne fait que commencer.
Il est ouvert à tous les hommes de bonne volonté, et Dieu sait s'ils sont nombreux dans notre très beau pays.
Merci de vos soutiens.
Robert LAFONT


Avec l'aimable autorisation de «La Une»
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