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L'édito

    de Joseph-Guy
    POLETTI


Pour le Journal Scolaire de la Corse

      Editorialiste et
           Rédacteur en chef du journal CORSICA


La visite "décalée" de Lionel Jospin


Curieux. Très curieux déplacement que celui qu'a effectué, début septembre, le premier ministre. Car il intervient bien tard. Quatre mois après l'affaire des paillotes. Que dirait-on d'un chef de corps des sapeurs-pompiers qui, appelé sur le théâtre d'un incendie, en profiterait pout visiter une caserne avant de s'y rendre ?
Ce déplacement est aussi une curiosité en ce sens que Lionel Jospin n'avait rien à dire sur la question corse. Certes, il a été brillant. Face aux élus de l'assemblée, fort en verve à quelques exceptions près, il a fait preuve d'élégance et de dextérité. C'est à peu près tout.
Il a bien dit que rien ne pourrait être obtenu sous le diktat de la clandestinité. Il a raison. Non seulement parce que donner l'impression de céder à ce qui n'est qu'un chantage, met la démocratie en danger. Mais ceux qui en Corse en ont pris l'initiative sont, à force d'aveux et de mises en cause mutuelles, disqualifiés pour conduire la revendication. Il faudrait qu'ils s'effacent pour qu'on daigne les entendre.
Cependant, on peut tranquillement rappeler au premier ministre qu'avant la violence, c'était pas folichon. L'agonie de la Corse ne commence pas en 1976, date de création du FLNC.
On a compris que la motivation de tous les "non" de son gouvernement: à la centrale thermique, même si entre-temps la majorité des conseillers territoriaux s'était ridiculisée en proposant un site inédit; non au synchrotron, même si le choix de l'Angleterre laisse pantois bien des scientifiques; no encore à l'épreuve en langue corse au programme de la formation des maîtres alors que l'assemblée régionale qui en a la compétence, l'avait estimée nécessaire.
Mais à quoi dit-il oui ? C'est toute la question. Ah ! si: à la ratification de la Charte des langues minoritaires. Mais là C'est le président de la République qui n'en veut pas. Pas de chance vraiment.
Lors de la première journée de son voyage officiel, Lionel Jospin a visité le site de haute technologie que constitue l'entreprise "Corse Composite". Il l'a trouvé superbe. Pourtant, il n'y a jamais eu personne pour lui souffler qu'elle n'avait aucune raison, aucune raison objective de s'installer dans l'île. Si elle l'a fait, c'est parce que le pouvoir politique - à l'époque celui de Raymond Barre - lui a forcé la main. Cela n'a pas frappé le premier ministre comme un exemple qui pourrait être repris.
Bref, Lionel Jospin nous a dit que la Corse avait bien de la chance d'appartenir à un grand pays qui avait retrouvé le chemin de la croissance et qu'elle en recueillait les fruits comme toutes les autres régions de France.
C'est pourquoi nous lui disons merci. Et à la prochaine.




Joseph-Guy POLETTI

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