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L'article

    de M.
    SIMEONI


Pour le Journal Scolaire de la Corse

      Editorialiste et Directeur du journal ARRITTI
BP 5    20288 Bastia    Tel: 04.95.32.27.87


Pas de logique de guerre


La nouvelle stratégie de la cuncolta "plaide pour un nationalisme pluraliste" (corse hebdo du 29/01/99) Elle constate qu'avec 25% des voix "les nationalistes ne pèsent rien car trop divisés".

Les mouvements clandestins ne sont pas engagés, ils ne peuvent l'être.
La seule garantie tangible qu'ils pourraient donner: l'autodissolution. En dehors de toute considération d'éthique, ils posent pour nous le problème désormais de leur efficacité politique, voire de leur nuisance.
Leur bilan est discutable. Ils ont médiatisé le problème corse, mais sans convaincre suffisament de la justesse de leurs actions. ont-ils stoppé la spéculation immobilière et l'appropriation par les étrangers de nos rivages ?
Une action ferme à visages découverts n'aurait-elle pas eu le même résultat en faisant l'économie de l'affrontement entre corses avec effusion de sang ?
La fragmentation que la conculta déplore aujourd'hui est imputable au système "politico-militaire", les vitrines légales multiples ne sont que son résultat. Comment rassembler à rebours ?
Espère-t-on que "les clandestins fragmentés" suivront les organisations publiques parce qu'ils sont affaiblis ?
Ou veut-on faire croire à ceux qui sont réticents et qui ne veulent pa s cautionner les dérives passées ou à venir ?
On entend dire "les mouvements clandestins sont appelés à disparaitre" mais aussi "avec l'état français, il ne faut se priver d'aucun moyen" Ce qui apparait, c'est que les clandestins semblent plutôt prêts à se défier qu'à s'unifier.
La logique de guerre, en l'occurence "subversive" appelée "terrorisme" par les états qu'elle combat comme l'état nazi pour les résistants, ou français pour le FLN algérien, ou sioniste pour les palestiniens, vise à la victoire. L'objectif recherché n'est pas la capitulation sans condition, mais une victoire politique des peuples sans états. La sortie est mitigée de tractations comme à Evian, à camp David ou à oslo. Les terrorites de ces peuples ne font que tenter de faire lâcher prise. ils n'ont pas pouvoir d'être eux des prédateurs. Ils se sauvent comme proie. A Evian De Gaulle a terminé une guerre coloniale, il a cherché à en limiter les dégâts.le FLN n'était pas en mesure d'écraser la France.
La logique de guerre, même de ce type, n'est pas possible en corse C'est pourquoi nous demandons l'abandon de la clandestinité.
L'erreur de certains est de croire que l'impasse n'est due qu'à l'incurie de certains chefs clandestins.
La logique de guerre absorbe tout, elle est le manichéisme parfait. Ce qui n'est pas pour est contre. Avec enthousiasme ou avec regret tout le monde est contraint de suivre. C'est dur pour les hommes qui souffrent, c'est simple pour les choix qui se réduisent aux seuls moyens de l'efficacité guerrière.
La logique de guerre se prémunit contre les dérives, elle les empêche ou en atténue les conséquences. Deux exemples.
Le premier, un véritable cas d'école de guerre. Napoléon échoue devant St Jean d'Acre ravitaillé par la flotte anglaise. Il reflue vers l'Egypte, a court de vivres, d'eau, et de munitions avec des bléssés, il traîne avec lui 10 000 prisonniers. Son armée est assaillie par les chevaux rapides des mamelouks. S'il libère les prisonniers, ils iront grossir le nombre des assaillants. Il décide de les passer au fil de l'épée pour économiser les balles et en couvrant leurs cris par des roulements de tambours. Personne n'a jamais fait grief à Napoléon pour cela. La logique de guerre s'imposait à lui. C'est la guerre qui est atroce mais le choix du moyen est évident. il aurait hésité, il aurait été fautif. Un chef de Willaja, deuxième exemple aurait exécuté sur un simple soupçon "sérieux" un collecteur d'impôts supposé indélicat, il ne pouvait pas prendre le risque de voir ce point faible explmoité par les ervices français, qui "l'aurait fait parler" ce qui aurait entraîné la mort de plusieurs combattants.
Qui peut prétendre qu'en Corse on puisse de près ou de loin instaurer de pareilles logiques ?
Qui peut imaginer que la violence peut se résumer à un face à face avec l'état et ne troublerait pas la société corse ?
Aussi, on comprend mieux qu'à la place de le loi de fer et de sang, on voit un mécanisme de bandes violentes à la ligne de conduite indécise.
Cela n'a rien à voir avec la sincérité patriotique de la plupart des militants. tout se mélange et devient flou à leurs yeux.
Des chefs "clandestins" connus comme le loup blanc, ni en exil , ni au maquis,dont certains se recyclent sur le "front institutionnel" en se faisant élire. Ils ne prennent plus beaucoup de risques sauf par rapport à ceux qui viendront plus tard de "l'intérieur"Ils sont officieusement reçus à Paris, ils traitent mais pourquoi faire alors qu'ils n'ont pas encore gagné "la guerre" Ils reviennent bredouilles de ces aller et retour. Ils préconisent parfois de redurcir ou de prolonger la trêve... il faut vivre durant tout ce temps. "L'impôt révolutionnaire" doit servir aussi à cela. On a des charges de famille à 30 ans qu'on avait pas à 20 quand on a commencé. Un peitt commerce par ici, un petit bar par là. Une assurance quoi. Mais pour quelques uns l'appétit vient en mangeant. Au fil des décades, le système attire des patriotes certes, mais moins idéalistesmoins regardant qui croient que plus on a d'argent, plus on a de moyens y compris militaires, donc plus de force et de chances de gagner ou... de s'en sortir. D'une amnistie à l'autre, à chaque élection présidentielle la logique de guerre dérive de plus en plus vite. "La propagande armée" aurait dû finir en "guerre de libération" Elle en est pour le moment au passif des affrontements internes qu'elle a du mal à digérer.
Le débat sur la clandestinité est une nécessité impérieuse. chacun reste convaincu dans sa tranchée ? Alors il faut gérer cette contradiction au mieux, avec intelligence. Notre patriotisme devrait nous rendre patients pour le dialogue, lucides dans nos choix, et aussi fraternels.
Pourquoi non ?




M. SIMEONI

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