Comment
Organiser un voyage scolaire...

Le Journal Scolaire de la Corse

par  Laurent Chabot


Ce voyage scolaire éducatif a été organisé en collaboration avec un organisme reconnu d'utilité publique, les MIJE (Maisons Internationales de la Jeunesse et des Etudiants). Cela signifierait-il qu'il suffit de contacter une agence de voyages pour effectuer un déplacement avec sa classe ? Pas tout à fait quand même...
Il faut savoir que, pour éviter entre autres une (détestable) sélection des élèves par l'argent, le rectorat impose aux professeurs organisateurs de voyages scolaires une limite : la participation financière des familles ne doit pas excéder 1500 F par enfant. Si le voyage revient à plus de 1500 F, il s'agit donc de trouver l'argent qui manque...
Traditionnellement, les enseignants ont donc recours aux PAE (Projet d'Action Educative) pour espérer obtenir le complément nécessaire : il s'agit de déposer un projet, rédigé sur le formulaire adéquat, que l'on proposera au Conseil d'Administration en temps voulu (avant Noël). Une enveloppe sera attribuée à l'établissement, variable bien sûr en fonction du nombre de PAE déposés. Un inconvénient toutefois : il faut savoir que ce système permet rarement de boucler son budget. Sur le papier, tous les PAE se valent, et demander 10.000 F en décembre pour réaliser le voyage en avril revient souvent à espérer en toucher la moitié ... quelques mois après le voyage ! Il y a encore quelques années, la Région subventionnait plus largement les voyages scolaires en général, puis a donné la priorité aux appariements : le voyage consiste alors en un échange avec un établissement d'un autre pays. Si l'on choisit, comme moi, de ne pas avoir recours aux PAE, c'est aussi parce qu'on préfère impliquer les élèves dans le projet. Toutes les idées et les bonnes volontés sont recevables, du moment qu'on passe un "contrat" avec les parents : le voyage ne peut pas avoir lieu sans vous. On peut alors faire flèche de tout bois pour trouver l'argent qui manque ( en prenant bien soin évidemment de demander à son chef d'établisssement ou à son intendant ce qui est autorisé). Pour ce voyage par exemple, les élèves ont vendu des journaux réalisés par eux, et l'opération "photos de toutes les classes du collège" a elle aussi bien servi.
L'exercice est rendu un peu plus compliqué par le fait que, depuis peu, les Foyers socio-éducatifs (FSE) des établissements ne doivent en principe pas financer directement ce type de projet. Si on organise, comme c'était souvent le cas auparavant, une tombola ou une soirée dansante pour trouver des fonds, il sera difficile de demander au FSE de reverser le bénéfice pour le voyage... sauf si (par exemple) la tombola a été organisée par une association qui fera un don au FSE... No comment.

Je ne parle ici finalement que du moins intéressant, des "trucs" pour lancer la machine. L'essentiel reste bien évidemment le projet pédagogique. Tout enseignant motivé le sait bien : un bon voyage se prépare avec les élèves, est exploitable une partie de l'année en classe, sous forme de travaux de recherche, d'exposés, d'exposition... Ce ne peut pas être qu'une banale semaine de balade! Sur place, le fait de connaître les lieux visités est la seule vraie garantie de visites efficaces et profitables. On ne part pas à l'aventure avec 30 ou 40 élèves dans ses bagages ...

professeur de Lettres Classiq

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