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Nous, fondateurs de réseaux civils, invitons nos correspondants à
prendre en considération les suggestions suivantes qui éclairent ce
que pourrait être une pratique de gouvernement dans une société civile
et de réseaux.
La Constitution crée en droit, des citoyens libres, égaux et fraternels.
Cela est, par le travail de nos anciens, une conquête de l'humanité.
* Internet offre à ces mêmes citoyens une opportunité de plus
pour être, au travers de leur énergie personnelle, des acteurs indépendants
et autonomes de cette liberté, de cette égalité, de cette fraternité
entre les hommes comme entre les peuples. Ceci est un usage éclairé
d'une technologie. Aujourd'hui, nos sociétés sont régies par des règles
de droit, des valeurs idéologiques, cultuelles, culturelles et par
des pratiques sociales qui privilégient la plupart du temps :
* La référence à une organisation sociale institutionnelle
dont les dénominations varient selon les contextes (Etat, administration,
société, association, collectivité, syndicat, chambre etc...). Certaines
de ces organisations sont mentionnées dans la Constitution mais toutes
reviennent souvent à une interprétation juridique de l'affectio societatis.
* La délégation juridique de responsabilité dont les dernières
décennies ont vu (à travers ce que l'on appelle communément les affaires)
les limites et les avatars dans l'exercice des pratiques publiques,
privées ou associatives. L'expression des corporatismes en tous genres
confortant cette dénégation des responsabilités, des engagements mais
aussi des sanctions avec la formule désormais célèbre "responsable
mais pas coupable !" ou avec la forfaiture que constitue l'amnistie
en matière de financement des partis politiques.
* L'usage de valeurs, plus ou moins partagées et identitaires,
sur lesquelles les dernières enquêtes confirment une certaine stabilité
des références à la famille et à l'ordre social, l'expression d'un
désir d'autonomie, l'engagement dans des communautés sous des formes
individualistes et de valorisation immédiate du plaisir etc...
* L'exploitation "verbeuse" des mots et des concepts, pour
être dans l'air du temps et donner le change afin de cacher des incapacités
à l'innovation, à la transparence de l'exercice public, à la créativité
utopique urbaine, à la valorisation de nos patrimoines locaux, à la
protection de nos ressources naturelles...
* Le caractére monétaire de toute valeur ajoutée marchande.
L'échange est trop souvent une simple valeur monétarisée. L'arrivée
d'Internet dans le paysage de nos pratiques collectives nourrit une
succession de ruptures qui sont en elles-mêmes fondatrices :
* Le réseau est seul maître à son bord. Pour preuve toutes
les tentatives de régulation d'Internet ne peuvent s'établir par le
biais d'une organisation classique. On fera désormais appel au forum
public qui est en soi un réseau. Toute agression contre le réseau
crée immédiatement un effet démultiplicateur de contrefeux.
* La parole est libre et responsabilisée par la référence à
un code moral de valeurs et d'attitudes : la netiquette. L'écrit domine
pour l'instant mais l'oralité et l'image interactive pointent leur
nez derrière la petite lucarne. En cas de non respect de ce code,
la réponse sera plutôt du domaine de la réprobation voir du mépris.
* Chaque citoyen est à égalité de chances. Internet est un des supports
de communication les plus modiques qui soient. La communauté des artisans
du logiciel libre offre gratuitement à chaque citoyen les outils pour
communiquer, apprendre ou pour rendre visible son expression personnelle.
* L'accès à Internet est facteur de fraternité et de solidarité.
Ouverture entre les hommes, connexion des savoirs, sentiment identitaire
d'appartenance à des communautés porteuses d'actions, de préoccupations,
d'utilités, d'amitiés...
* Modèles économiques de la gratuité et de la monnaie peuvent
coexister. L'économie de la gratuité est viable car elle amplifie
les lieux de création de valeur ajoutée en matière d'innovations technologiques
et sociales. L'économie de la monnaie est utilisable par internet
qui en facilite les référents et les transactions classiques de l'univers
marchand. Face à ces constats qui sont des vérités simples, nous,
fondateurs de réseaux civils invitons nos correspondants à s'interroger
sur les quelques pistes suivantes et à rejoindre librement les pratiques
civiles et de réseaux proposées.
* Le tout institutionnel est du passé. On ne peut fonder l'évolution
d'une société civile sur les seules organisations à base juridique,
les seuls financements à caractère marchand ou relevant du transfert
financier public. -> Place aux communautés en réseau sans nécessité
d'un fondement juridique. Le réseau civil est une des réponses.
* L'énergie civile de chaque citoyen est une richesse collective.
Il n'est pas besoin de faire partie d'une quelconque organisation
pour l'exprimer. => Place aux
initiatives individuelles et civiles porteuses d'énergie.
* Le réseau est un centre de ressources. Chacun peut y contribuer,
chacun peut en tirer profit. Qui donne reçoit sur Internet. =>
Place aux lieux de partage gratuit du savoir et à un accès
libre aux bureaux virtuels de travail.
* Les lieux des décisions publiques ou privées doivent être
co-produits par le débat et l'exercice du sens critique. -> Place
aux lieux collectifs de débats pour exercer la co-production et la
co-régulation des décisions qui nous concernent.
* L'émergence de projets locaux fondés sur des énergies individuelles
ou de communautés est la richesse d'une nation. -> Place aux porte-voix
qui accompagnent gratuitement l'énergie de chacun. Si vous partagez
le propos et souhaitez l'enrichir, créez votre propre réseau civil
et rejoignez avec conviction l'exercice collectif d'une pratique civile
de gouvernement.
* Ne cherchez pas à signer ce document, ce n'est pas une pétition...
mais un manifeste.
* Faites le circuler pour en débattre et exercer votre esprit critique.
Il est libre de tout droit...
* Agissez et libérez vos énergies personnelles.
A bientôt dans l'action.
Jacques Chatignoux & Olivier Zablocki, ©
Echos du Développement Local Durable"
Un grand merci à eux !, le JSC vous invite à
visiter le site www.developpement-local.net
vous y trouverez une mine d'infos et de liens enrichissants !
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