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Les Patriotes de 1837 1838
Il est certain qu'à cette époque, les esprits étaient
tellement excités, et Ici détermination d'opposer la
force à la force, tellement enracinée parmi les habitants
(...) que l'autorité du gouvernement était méconnue
et rejetée. ( ... )
L’autorité du peuple était la seule que l'on reconnût,
et à laquelle l'on obéit ; et il y avait assurément,
dans cette partie de la province, un gouvernement de facto, c'est
à dire une autorité de fait, et celle qu'exerçait
le peuple par ses chefs. Que cette autorité fût ou ne
fût pas légitime, qu'elle fût usurpatrice, ou ne
le fût pas, elle n'en existait pas moins, le gouvernement ne
s'étant fait connaître ensuite que par l'envoi du député
shérif, et des troupes, qu'on regardait comme venant porter
le fer et le feu dans les campagnes, pressentiments que la suite a
bien justifiés. Ceux, par conséquent, qui prirent part
aux troubles de 1837, étaient conduits par la force et l'influence
irrésistible d'une autorité qui était le peuple
même. »
J'avais quinze ans. Chez mes parents, à Châteauguay il
y avait quatre ou cinq livres, pas plus. Dans le tas, Les Patriotes
de David. Je découvrais un trésor.
PIERRE FALARDEAU
Les Patriotes de 1837 1838
OEuvre d'un homme politique passionné par le sort fait aux
Canadiens français, Les Patriotes de 1837?1838 témoigne
des soulèvements infructueux qui déchirèrent
le pays durant ces deux terribles années de révolte
contre le joug de la couronne britannique, alors symbole d'oppression
sur tous les hémisphères du globe. Malgré le
romantisme et les inexactitudes historiques que ce travail a contribué
à colporter au fil du temps, ce livre est indispensable à
qui veut comprendre le destin de ces hommes portés par l'idéal
de liberté et de justice.
Les Patriotes de 1837?1838 a connu plusieurs éditions. La présente
est soigneusement établie à partir de l'originale, publiée
en 1884 à Montréal, chez Eusèbe Senécal
& fils.
Laurent-Olivier David
Élève de l'historien Maximilien Bibaud, journaliste,
avocat et député, Laurent-Oliver David (1840?1926) est
l'auteur d'un nombre considérable d'ouvrages historiques. Il
défendit tout d'abord les positions des conservateurs avant
d'adhérer à des idées libérales modérées.
En 1896, sa brochure, Le Clergé, sa mission, son oeuvre, est
mise à l'index par l'Église. David fut président
de la Société Saint Jean-baptiste ainsi que l'un des
fondateurs du Monument national. Enfin, le gouvernement de Sir Wilfrid
Laurier lui attribua un siège de sénateur en 1903.
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