Afghanistan Par Morgane

LEXIQUE pour comprendre

Afghanistan : (État islamique d'),
État d'Asie centrale, entre l'Iran, laRussie, la Chine et le Pakistan 22,1 millions d'habitants [estimation 1997]
capitale Kaboul.

Depuis le début de la guerre civile en 1978, les pertes s'élèvent à plus d'un million de personnes et près de trois millions d'Afghans sont des réfugiés vivant encore dans des camps pakistanais ou iraniens. La culture du pavot s'est développée au détriment des surfaces agricoles..
Ruiné par la guerre, l'Afghanistan fait partie des pays les moins avancés.
En septembre 1979 L'U.R.S.S. intervient militairement: la guerre va alors durer de 1979 à 1989. L'armée d'occupation, incapable d'asseoir son contrôle, va se heurter à la résistance des moudjahidin. Après le retrait des troupes, le régime communiste afghan,.
En 1992, une coalition de moudjahidin, dirigés par le commandant Massoud, renverse Najibullah et institue une république islamique. Les talibans (étudiants islamiques partisans de l'islam le plus rigoureux), qui s'emparent de Kaboul en septembre 1996, tandis que se reproduisent les vieux antagonismes ethno-religieux (Pachtous-Tadjiks, sunnites-chiites). Hachette Livre, 1998
Ben laden, oussama : Riche homme d'affaires d'origine saoudienne né à Riyad en 1957 dans une famille d'entrepreneurs très liée à la famille royale saoudienne.. Très croyant, il rejoint en 1973 des groupes islamistes locaux et se rend en Afghanistan en 1979 après le début de l'intervention soviétique. Il participe aux combats, crée des centres d'entraînement, arme et encadre des volontaires arabes, finance leur voyage). C'est en Afghanistan qu'il noue des liens avec des mouvements islamistes de toutes nationalités. Après cette guerre, il regagne l'Arabie Saoudite où les critiques qu'il adresse au pouvoir pour avoir permis le déploiement de troupes américaines sur le sol saoudien, ainsi que le soutien qu'il apporte à des groupes islamiques armés à l'étranger lui valent un retrait de passeport en 1992. Il s'installe au Soudan puis le quitte le Soudan sur l'insistance des autorités soudanaises qui désirent se blanchir aux yeux de la communauté internationale des accusations de soutien au terrorisme dont elles font l'objet. Il refait surface en Afghanistan en mai de la même année d'où il commence à lancer des fatwa (décrets religieux) contre les Etats-Unis. Il est soupçonné d'avoir financé ou encouragé toute une série d'attentats commis ces dernières années Il aurait contribué à la création de plusieurs organisations radicales islamistes et serait à la tête d'une "armée" d'environ 5.000 hommes qui agissent principalement en Arabie saoudite, au Soudan, en Egypte, au Yémen, en Ethiopie, en Somalie, en Afghanistan, au Pakistan et aux Philippines. Oussama Ben Laden est un véritable héros pour les mouvements islamistes du monde entier. Malgré les démarches américaines, les Talibans, qui contrôlent actuellement la quasi-totalité du territoire afghan, ont déclaré qu'ils ne livreraient pas Ben Laden à la justice américaine, prétendant qu' "il n'est pas juste de livrer un Musulman à un pays infidèle". Rappellons que les Etats-Unis ont été jusqu'il y a peu, avec l'Arabie saoudite, un des principaux bailleurs de fonds des Talibans.
Ils auraient versé quelques 43 millions de dollars et financé la mise en place du "reseau Bin Laden"
Le 15 octobre 1999
, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a adopté une résolution prévoyant des sanctions à l'encontre de l'Afghanistan s'il n'extrade pas le dissident saoudien. Ces sanctions seraient le gel des comptes bancaires à l'étranger appartenant aux Talibans et un embargo à l'encontre des avions appartenant, loués ou utilisés par eux.Suite aux attaques terroristes sans précédent menées le 11 septembre 2001 contre des sites commerciaux et politiques américains (le World Trade Center à New York, le Pentagone à Washington DC et à Pittsburgh en Pennsylvanie), la plupart des soupçons se portent sur Osama Bin Laden et son réseau. Aucune revendication n'a été faite mais les experts estiment qu'une attaque d'une telle envergure n'a pu être commanditée et exécutée que par un terroriste tel qu'Osama Bin Laden ayant les ressources financières, logistiques et humaines suffisantes ainsi que des convictions idéologiques islamistes ultra radicales. Le régime des Talibans a immédiatement démenti qu'Osama Bin Laden, qui résiderait en Afghanistan, ait pu être impliqué dans ce drame. . Chari'a, : dans l'islam, ensemble des commandements divins consignés dans le Coran et relatifs au culte mais aussi à tous les autres domaines (politique, juridique, familial, hygiénique, etc.).
En arabe, chari'a signifie «le chemin à suivre». L'application de la chari'a, sa coexistence avec les lois de l'État, son évolution au cours des temps, son interprétation posent de nombreux. problèmes. Hachette Livre, 1998
Chiites ou chi'ites, adeptes du chiisme, courant de l'islam qui, contrairement au sunnisme (V. sunna), ne reconnaît ni la succession d'Abou Bakr au califat ni la doctrine de sa fille Aïcha, Les chiites sont nombreux en Iran et au Pakistan. Hachette Livre, 1998
Croisade : Nom donné à diverses expéditions populaires ou militaires (ces dernières au nombre de huit, de la fin du XIe siècle au milieu du XIIIe) destinées à occuper, contre la puissance arabo-musulmane, les territoires donnés par le Nouveau Testament comme le cadre de l'action de Jésus-Christ. Prêchée à l'instigation de la papauté, la croisade peut aussi prendre des «hérétiques» pour cible (croisade des Albigeois). Bien que le mot ait désormais un emploi principalement métaphorique et désigne une cause poursuivie avec obstination et intransigeance (croisade contre l'alcoolisme, pour les bêtes), il a gardé une connotation religieuse. C'est ainsi que Franco avait désigné la guerre civile qu'il a menée contre la république espagnole (1936-1939). Le souvenir des croisades médiévales est resté vif dans l'imaginaire oriental, ce qui rend particulièrement malencontreux son usage par Bush à la recherche d'alliés au sein du monde arabe et musulman. Libération 22/10/2001
Dégats collatéraux : mots présentés par les autorités militaires et politiques et relayés par les commentateurs des médias décrivant les destructions survenus dans l'exercice d'une " opération de police internationale. Ces dégâts sont par définition involontaires mais quand même nécessaires à cette guerre puisque l'important était de rétablir et faire respecter la légalité internationale, d'empêcher la violence martiale non conventionnelle préexistante à l'intervention des démocraties libérales Les catégories manichéennes de la " bonne " et de la " mauvaise " violence établies par Peter MARSH sont ainsi convoquées pour tracer la frontière entre le licite et l'illicite aux plans politique et juridique. D'après la page web « mise en scène médiatique du recours a la violence martiale dans les démocraties libérales » par Maurice Engueguele docteur d'université en science politique
Djihad islamique :  organisation d'extrémistes musulmans chiites pro-iraniens, apparue au Liban en 1983.Hachette Livre, 1998 Fatwa Opinion ou décision concernant la doctrine ou le droit religieux émise par une autorité reconnue sur la base du Coran. Dans l'islam officiel, ce rôle est habituellement dévolu aux muftis nommés ou contrôlés par les régimes en place. Mais l'absence, chez les sunnites comme en l'occurrence les taliban et les Saoudiens, d'un clergé établi permet à n'importe quel théologien islamiste de proclamer ses propres fatwas et déclarer que les autorités religieuses officielles n'ont pas les qualités requises pour donner un avis juridique. Un groupe armé peut ainsi légitimer l'action de ses fidèles en décrétant la guerre sainte ou en prononçant une sentence de mort. Libération 22/10/2001
Fanatisme : Zèle, enthousiasme excessif, exalté. Fanatisme religieux.
Hachette Livre, 1998
Fondamentalisme islamique : désigne l'attitude de certains secteurs de l'opinion musulmane qui se tiennent à une interprétation stricte et littérale des textes coraniques et refusent toute interprétation historique ou critique. Cette position théologique rigide pousse le fondamentalisme musulman à rejeter la laïcité et à revendiquer l'application du droit canonique musulman dans l'État .dictionnaire historique et politique du 20è siècle la Découverte
Guerre : Conflit armé entre des nations, des États, des groupes humains. Hachette Livre, 1998
Impérialisme Politique d'un État qui cherche à étendre sa domination politique ou économique au détriment d'autres États Hachette Livre, 1998.
Intégrisme :    Attitude, opinion de ceux qui souhaitent maintenir dans son intégrité, sans qu'il évolue, un système doctrinal (et particulièrement. religieux) donné Hachette Livre, 1998
Isolationnisme Attitude, doctrine d'un pays qui se refuse à participer aux
affaires internationales. Hachette Livre, 1998 Islam religion monothéiste fondée par le prophète arabe Mahomet, qui, vers 610, commença à recevoir, par l'intermédiaire de l'ange Gabriel, la parole de Dieu sous forme de textes qu'il était invité à réciter. Le recueil de ces messages sacrés, établi après la mort du Prophète, est le Coran. Les principaux dogmes de l'islam sont: la croyance en un dieu unique, créateur du monde, incréé, dont les anges sont les ministres; la croyance en la vie future, la résurrection et le jugement dernier. Les obligations cultuelles
sont au nombre de cinq:
les cinq «piliers»

1° La profession de foi.
2° La prière rituelle qui a lieu cinq fois par jour, doit être précédée d'ablutions purificatrices. Elle se fait le visage tourné vers La Mecque. Le vendredi, les hommes se retrouvent à la mosquée pour la prière de midi, dirigée par un imam; toutefois, l'islam ignore tout clergé.
3° L'aumône
4° Le jeûne du mois du Ramadan.
5° Le pèlerinage le monde islamique, ou Islam, comprend aujourd'hui près d'un milliard de croyants (dont 125 millions de chiites), essentiellement répartis en Afrique et en Asie. Dans tous les pays conquis, l'islam marqua de son sceau la vie sociale, l'art, la pensée. La simplicité du dogme, la tolérance à l'égard des anciennes coutumes ont favorisé les conversions, donnant la fierté d'appartenir à une immense communauté fraternelle et riche d'un passé glorieux.
Depuis les années 1970
, dans tout le monde arabe, s'est développé un mouvement qu'on nomme abusivement intégriste ou islamiste, réduisant l'islam à la chari'a et retenant de celle-ci les aspects les plus réactionnaires, ou «anti-modernistes», ce mouvement a été favorisé par des régimes autoritaires que par la suite il a menacés. Hachette Livre, 1998 Islamistes Ce sont tous ceux qui voient dans l'islam autant une idéologie politique qu'une religion (contrairement aux musulmans, qui sont simplement des croyants, lire «Islam»). Ils rejettent le monde actuel, qu'ils comparentà la période antérieure à l'islam, et prônent une véritable révolution pour revenir à l'âge d'or des quatre premiers califes. Ils ne jurent que par le Coran.
Le premier mouvement islamiste - les Frères musulmans - fondé en 1928 en Egypte par Hassan al-Banna, a, depuis, été dépassé par des groupes plus radicaux comme le Jihad islamique. Les islamistes modérés, qui donnent la priorité à l'action sociale sur le combat politique, s'opposent ainsi aux groupes islamistes armés qui prêchent en premier lieu le jihad, à l'instar d'Oussama ben Laden. Libération 22/10/2001
Kamikaze :  du japonais, signifiant «vent providentiel», nom donné à la tempête qui mit fin à une invasion maritime coréenne (1281). Kamikaze a désigné, à la fin de la guerre nippo-américaine, de jeunes volontaires japonais qui pilotaient des avions, ou plus rarement des torpilles, de manière à s'écraser sur des navires ennemis, donc en se suicidant. Il n'y avait pas de kamikazes à Pearl Harbor (1942). Le mot s'emploie aussi par métaphore pour désigner quiconque vaque à ses affaires sans trop se soucier de risques disproportionnés. Le 11 septembre, ils étaient dix-neuf terroristes kamikazes dans les quatre Boeing. Libération 22/10/2001
Mollah :   mulla ou mullah [mulla] : Docteur en droit religieux dans l'islam chiite. Hachette Livre, 1998
Moudjahidin : Combattant musulman notamment du commandant Massoud engagé pour défendre ou faire triompher l'islam. Hachette Livre, 1998 Opération «Justice sans limite» :Mise sur les rails le 19 septembre, l'opération militaire américaine après les attentats a commencé par buter sur les mots. Son nom de code «Justice sans limite» (Infinite Justice, en VO) a été jugé «offensant» par des théologiens musulmans, estimant que seul Allah en serait capable. Le secrétaire d'Etat américain à la Défense a donc amorcé une retraite sémantique, «pour éviter les malentendus». Plus généralement, spécialistes en droit comme en théologie s'entendent pour dire qu'une «justice sans limite» ne peut en effet se concevoir que dans l'ordre du divin. Même si l'expression n'est pas explicitement dans la Bible, on voit cette justice à l'ouvre notamment dans le Jugement dernier et dans l'Apocalypse. Dans tout autre registre, que serait une «justice sans limite»? «Une injustice, répond François Terré, spécialiste en philosophie du droit. La justice est en effet ce qui rétablit l'équilibre, l'ordre, impliquant forcément pour s'exercer une forme, une mesure et des valeurs.»
Après avoir été «sans limite», l'opération s'appelle«justice sans limite».
Riposte :   Contre-attaque
Solidarité : depuis les attentats, tous les partenaires - occidentaux ou non - des Etats-Unis l'ont dit et répété à satiété. Avec une emphase d'autant plus grande que chacun espère qu'après un tel affichage, il aura les mains plus libres pour apprécier le contenu concret de «l'obligation morale» faite à un membre d'un «groupe ayant conscience d'une communauté d'intérêts de ne pas desservir les autres et de leur porter assistance». Dans ce dosage, la France est d'ores et déjà aussi orfèvre qu'elle le fut pendant la guerre du Golfe Libération 22/10/2001 Taliban Littéralement «étudiants en religion» islamique. Armés par le Pakistan, ils étaient en effet à l'origine recrutés dans les écoles coraniques sunnites pakistanaises, très fréquentées par les réfugiés afghans. Estimés à 25 000 hommes, ils apparaissent sur la scène afghane en 1994, alors que les moudjahidine (combattants,) s'entre-déchirent après avoir renversé le régime communiste. En 1996, ils s'emparent de Kaboul, instaurant un «régime islamique complet», salué par la secrétaire d'Etat américaine Madeleine Albright. Washington y voit alors un contrepoids à l'influence iranienne en Asie centrale et une route plus sûre pour le pétrole de la région. Libération 22/10/2001
Terrorisme :   Usage systématique de la violence (attentats, destructions, prises d'otages, etc.) auquel recourent certaines organisations politiques pour favoriser leurs desseins. Hachette Livre, 1998

Par Morgane


   

[Les Unes]             [La Une d'Octobre 2001]           [Le Plan du site]