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" Quel temps fait-il pour la presse ? "
Même le roi du porno américain Larry Flynt ayant acheté des photos montrant Jessica Lynch, à moitié dénudée, en Irak, est revenu sur son intention de les diffuser ! L'éditeur du magazine Hustler, tout à son honneur, a précisé qu'il avait acheté ces images à deux soldats "avec l'intention première de les publier". "Mais j'ai rapidement changé d'avis et décidé de les conserver simplement à l'écart de la circulation", a-t-il dit. Flynt, opposant déclaré au conflit, a décrit Jessica Lynch comme un pion du gouvernement américain dans la "tentative cynique" de ce dernier de "créer un 'héros' pour 'vendre' la guerre au peuple américain". "Mais Jessica Lynch n'est pas une hypocrite. Elle est la victime des médias et du gouvernement", a-t-il dit.
Voilà le débat lancé, Bush en qualité
de puritain, appréciera...
La presse américaine en a fait une icône. "Si ça
leur fait du bien, je suis contente", dit-elle. Mais Jessica ne cache
pas qu'elle s'est engagée dans l'armée - c'était juste
avant le 11 septembre 2001 - pour la solde (1 100 dollars mensuels) et la
perspective de faire du shopping dans des centres commerciaux. Elle voulait
aussi se prouver qu'elle n'était pas qu'une "fille de la campagne"
ne pensant qu'à lisser sa coiffure et à assortir ses vêtements.
Sept mois après avoir quitté l'Irak sur une civière,
Jessica Lynch avait reçu sur ses béquilles le titre de "Femme
de l'année" du magazine Glamour.
Au delà de l'effet boumerang pour un mensonge de plus,
les médias se discréditent encore...
C'est aux webzines libres de montrer l'outrance de cette information qui se
vend ; elle n'a plus d'âme dirait-on, oubliée la déontologie
qui se cache derrière une pseudo qualité d'image. Informer le
public que l'analyse des faits est pratiquement toujours tronquée au
profit d'une vente, d'une commande du reportage. De même que dire de
ces journalistes "embarqués" amenés, déposés
sur certains lieux après le passage des troupes US, qui pour la plupart
ont été bien discrets sur les marchandages de leurs patrons
sur ces présences...
Moi je suis fière en tout cas en qualité de (jeune) femme de voir "cette" jeune Jessica de 20 ans ne pas avoir été à la facilité, et nous donner là une vraie leçon de courage. Ils m'ont utilisée comme un symbole, ce n'est pas bien. Je ne sais pas pourquoi ils ont fait ça". Jessica Lynch assure également avoir été bien traitée par le personnel de l'hôpital irakien où elle était détenue. "Personne ne m'a battue, personne ne m'a giflée, personne... il y avait même une infirmière qui chantait pour moi" affirme-elle. Surtout, elle ne fait aucune allusion au fait d'avoir été violée par des soldats irakiens, comme le révèlerait sa biographie sur la base de rapports médicaux. (interview sur ABC)
Par Jessica
