|
| Staccia SPRAGG: photographe |
|
|
|
|
Mais qui sont donc ces bergères Navajos, qui sont-elles et d'où
viennent-elles?
Les Indiens Navajos, partout présents en Arizona, sont en particulier
originaires de la région de TSAILE et CANYON DE CHELLY. Depuis toujours
ils y vivent de l'élevage de leurs moutons et de la culture de leurs
terres. c'est pourquoi il est important pour comprendre leur histoire
de comprendre d'abord l'histoire de leur mouton, le très spécial CHURRO.
Il y a des centaines d'années que le premier mouton Churro, première
espèce de moutons domestiques dans le Nouveau Monde, a été introduit
dans le SOUTHWEST par Don Juan Onate.
La particularité de ce mouton?
Son incroyable résistance à un climat extrêmement rude, (un froid
intense dans les canyons, végétation rare et sauvage, déserts, etc...)
et à des conditions de vie difficiles. Son incroyable facilité d'adaptation
et sa grande fécondité. Sa laine est incroyablement dense et abondante
et sa chair particulièrement savoureuse et ne contenant pratiquement
pas de gras!
Dès le 17ème siècle le Churro était l'animal le plus important
dans les ranchs et les villages installés le long de la vallée du
Rio Grande. Les Indiens natifs se sont mis à acquérir des troupeaux
entiers de Churro pour se nourrir et pour tisser la laine. En un siècle,
l'élevage et le tissage devient une sécurité économique pour le peuple
Navajo.C'est de cette laine que les anciens tissus du Rio Grande proviennent:
les collectionneurs l'admirent toujours et la retiennent pour son
aspect lustré, sa variété de couleurs naturelles et sa durabilité.
La Nation Navajo vivait donc dans la richesse grâce au Churro jusqu'en
1863: date à laquelle l'Armée Américaine, prétextant les dégâts
causés par les troupeaux, et par les Indiens, se met à les décimer
en masse: plusieurs millions de moutons abattus! On peut voir dans
cette opération particulièrement sanglante et gratuite une volonté
politique de repousser les Indiens et de les réduire à la misère en
s'attaquant à leur ressource d'existence. La méthode n'est pas nouvelle:
durant la guerre civile, on voyait souvent par exemple des généraux
américains refuser de bruler leurs couvertures contaminées après des
épidémies, pour en faire cadeau aux Indiens, décimés alors par la
maladie.
En 1900, la position du gouvernement américain se durcit encore:
on impose aux tribus Navajos des restrictions de leurs troupeaux et
on continue de décimer le Churro.
Les survivants sont désormais concentrés dans des villages isolés
au Nord du Nouveau Mexique et dans les canyons reculés des réservations
des Indiens Navajos. Les massacres ont été si importants que le mouton
Churro est désormais une espèce en danger; heureusement, dans les
années 70, plusieurs associations se sont crées pour la protéger.
Un programme scintifique spécial de l'université de l'Utah a commencé
à restaurer ce mouton chez les Navajos, réintroduisant l'espoir d'une
renaissance économique. L'espèce revit doucement à présent. Mais les
bergers Navajos restent marqués par cette dévastation et tentent désormais
de réinventer leur économie. CONDITIONS DE VIE ACTUELLE: IMPORTANCE
D'UN ECHANGE INTERNATIONAL POUR BRISER L'ISOLEMENT
Les Navajos restent fiers de leur identité et de leur tradition. Mais
ils doivent faire face aujourd'hui à de nombreuses difficultés: les
fileuses et producteurs se voient obligés de vendre leur laine à bas
prix pour être processée par les moulins modernes, et d'acheter en
contrepartie, pour un prix exhorbitant , des métiers à tisser commerciaux.
Car la laine non-churro ne passe pas dans les outils traditionnels!
Les fileuses désireuses d'utiliser le churro ont du mal à trouver
une source sûre de production de la laine. Souvent la laine est gâchée
par manque d'infrastructure commerciale. Très peu de fileuses continuent
d'employer des teintures à base de plantes natives. Peu de personnes
détiennent ce savoir, les plantes se font rares et difficiles à récolter.
Pour relancer ce marché, il faut des infrastructures, une éducation
des fileuses, la restauration de toute une culture qui se perd. L'organisation
DINE BI'IINA, située à l'Université de Diné, s'efforce de developper
des programmes, de procurer aux Navajos une assistance technique.
Par exemple cette association a établi un centre de couture à JEDDITO,
procurant des machines à coudre pour que les femmes puissent fabriquer
des vêtements traditionnels et les vendre sur le marché local. Ce
centre développe d'ésormais de nouveaux produits. de plus l'association
travaille à rétablir les troupeaux et crée des programmes de développement
économique pour commercialiser les produits Navajos.. Elle porte aussi
assistance directe aux familles de bergers, leur procurant des outils
et une distribution de leurs produits. En favorisant cet échange
avec des bergers Corses l'association Diné bi'iinà ouvre le débat
de la survie des bergers Navajos, le plaçant au niveau international:
comment font les bergers corses?
comment s'en sortent-ils?
quels sont leurs outils, leurs marchés?
voilà ce que les Navajos viennent apprendre chez nous, et ils nous
apportent évidemment leur propres solutions, leurs outils, leur langue,
leur culture, leur regard sur la tradition et le progrès, sur les
moyens de continuer les techniques ancestrales..
Le JSC leur souhaite la bienvenue en Corse !
|