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La table de Faustine

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Une entrée sobre au bord de la route qui traverse un petit village entouré de montagnes, une maison crépie depuis peu, qui hélas lui ôte de son cachet...
Mais dès l'entrée franchie, on pénètre dans une salle qui nous transporte au siècle dernier ! La salle est vaste, au milieu d'un mur, une imposante cheminée réchauffe la pièce d'un bon feu qui crépite au bois de chêne.
Tous les regards se sont portés sur moi, les conversations brusquement tues…toute la Corse est accrochée aux murs, du fusil aux vieux souvenirs de famille, on comprend tout. La salle est occupée par 3 grandes tables, une est réservée à la famille les 2 autres aux convives. Quelques portes basses semblent amèner à la cuisine d'où les odeurs me creuse l'estomac par cette journée d'hiver.
On entre donc et on salue:
- " Salut " On serre des mains ou on s'embrasse pour les intimes, alors là pas besoin de se présenter on sait de qui on est les " cousins " sinon on se présente:
- Voilà je suis Nathalie, une amie de Pierre?Paul Battesti, vous savez de Marignana…
- oui le petit fils de "vultamonti"... (en Corse on aime les surnoms)
?"ah oui !!! celui qui est né au Canada ?'
? « oui »
? un sobre « posa » en toute invite…çà y est on est accepté.
Alors on attend en buvant l'apéro: le casa (nis) ou le « cap corse » (leur vin cuit au quinquina) avec un zeste d'orange pour moi... Personne ne me demande ce que je viens faire ici… Pas de pancarte pour cette auberge, aucune indication.
La bouteille de vin est déposée sur la table avec le pain du fournil et les cannelloni au brucciù arrivent (autant qu'on en veut!), puis la charcuterie (de quoi reconstituer 2 cochons!) enfin la soupe corse (pas mixée, brute, comme nous eux-autres) ensuite survient une daube de sanglier avec des pâtes fraîches et quelques beignets de courgettes en accompagnement... le fromage est déposé sur la table, certains regards entendus, on en m’en amène un vivant ! Des sourires diffus mais discrets, je goûte, c’est doux et visqueux, les visages se détendent, je crois que c’est le test… Je suis acceptée.
Le dessert de Faustine, qui a lui seul est un repas, et la cafetière italienne circule de tables en tables, remplie les verres… puis « l’acquaviva » (eau de vie) ou la myrte maison (rouge et parfumée) on est entré à midi il est 16 heures !
Entre temps quelques amis de la famille sont arrivés pour le café, il y en a un qui décroche une guitare et là commencent des chants... gais et tristes… On ne demande pas combien on doit, on le sait... Ici on ne vexe pas les gens avec de futiles questions...
Voilà ma Corse… Natahalie…
Amizcia a tutti et bonne nuit


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