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Tiré du Bulletin SISTech - édition du 25 avril
2003
En évaluant les retombées d’un programme qu’elle a implanté
dans 300 écoles primaires et secondaires du Sud-Est des États-Unis
dans le but d’améliorer les compétences des enseignants
en TI, la BellSouth Foundation est arrivée à des résultats
pour le moins déconcertants : un fossé important se
creuse entre les enseignants et les élèves quant à
leurs perceptions de l’usage des TI en classe.
Pourtant, l’initiative lancée en 2000 par la BellSouth Foundation,
« Power to Teach », a atteint ses objectifs. L’initiative,
représentant 6 millions de dollars américains en investissement,
a permis à plus de 1500 enseignants de 50 districts scolaires
d’apprendre de nouvelles façons d’intégrer les TI à
leur enseignement. Entre 2000 et 2002, enseignants et élèves
ont significativement accru leurs compétences de base en TI.
Aussi, le pourcentage d’écoles dans lesquelles au moins 50
% des enseignants intègrent les TI en classe est passé
de 41% en 2000 à 71% en 2002 au primaire et de 49% à
75% au secondaire.
Malgré tout, la découverte majeure de l’étude
n’avait aucunement été présagée. Appelés
à se prononcer sur le niveau d’intégration des TI dans
leur classe, les élèves semblent moins enthousiastes
que leurs enseignants. Qui plus est, au lieu de diminuer, l’écart
entre les perceptions des élèves et celles des enseignants
s’est accru entre le début du programme en 2000 à sa
fin en 2002! Près de trois quarts (71%) des enseignants du
primaire et trois quarts des enseignants du secondaire affirment intégrer
fortement les TI dans leur enseignement. Pourtant, les élèves
disent ne pas avoir remarqué une utilisation accrue des TI
dans leur classe. Pire encore : Le plus grand facteur de divergence
entre les deux a été le niveau d’intérêt
et d’engagement des élèves dans les activités
en classe, les élèves le considérant faible et
les enseignants l’estimant élevé.
Malgré que les enseignants aient augmenté leur niveau
de compétence en TI, les élèves sondés
considèrent que les TI jouent rarement un rôle important
en classe. Ils mentionnent également que leurs enseignants
placent de nombreuses barrières à leur utilisation des
TI, soit en limitant leur accès à l’ordinateur, soit
en restreignant leur navigation sur Internet ou leur usage d’un logiciel
à un objectif très spécifique. Les élèves,
habitués à une certaine liberté et une autonomie
dans leur utilisation des TI à la maison, se disent frustrés
face à ce contrôle de leur usage de l’ordinateur à
l’école. Ils s’insurgent également contre le fait que
leurs enseignants n’aient pas transformé leurs façons
d’enseigner, conservant un style très directif.
Comment éviter que ce fossé ne poursuive sa croissance?
En amenant enseignants et élèves à collaborer.
Les élèves ont diverses attentes envers la façon
d’intégrer l’ordinateur et Internet à leur apprentissage.
Prendre connaissance de leurs besoins et de leurs perspectives permettrait
sans doute de contrer cette distance qui se creuse entre eux et leurs
enseignants. Leur connaissance des TI gagnerait donc à être
mise à profit pour la conception de leçons intégrant
l’informatique, afin de combler leur soif grandissante d’un apprentissage
à l’aide de l’ordinateur.
Rédactrice : Isabelle Vachon, analyste-conseil en veille
stratégique, CEFRIO
Sources : Anonyme, 28 mars 2003, « BellSouth ‘Power to Teach’
Report Reveals Students’ View Of Technology in the Classroom »,
CENT Investor. BellSouth Foundation, 2003, The Growing Technology
Gap Between Schools and Students. Findings from the BellSouth Foundation
Power to Teach Program, 17 pages. Martine Jaudeau, 16 avril 2003,
« Comment les élèves voient-ils les technologies
à l'école ? », Thot/Cursus.
On croyait les profs complexés face à Internet, les
élèves encore condamnés à l'âge
de pierre du tableau noir et du crayon HB.
Le mammouth, en réalité, apprivoise habilement la souris,
à vitesse grand V.
Collèges et lycées bénéficient quasiment
tous maintenant de l'accès à Internet ; le premier degré,
plus poussif, a connecté une école sur deux. Un niveau
d'équipement encore très disparate, parfois limité
à un unique
ordinateur à la bibliothèque.
Mais le mouvement, rapide, fait naître déjà des
centaines de cyberprofs et des classes entières d'élèves
convertis au tableau électronique ou au e.cartable.
Un investissement modéré suffit parfois à dépoussiérer
l'école de Jules Ferry : au lycée Jean-Lurçat,
dans le XIII e arrondissement de Paris, tous les élèves
défilent devant les seize ordinateurs de la salle informatique.
Thierry Vanel, prof d'espagnol, connecte ses ouailles dès qu'il
peut, trois ou quatre fois par trimestre. « C'est suffisant,
pas besoin de gavage
informatique, l'intérêt est de varier la pédagogie
». Lui met ses élèves devant Canal + Espagne,
« c'est comme si on était dans le pays !
On regarde les bandes annonces de films, je les fais travailler au
casque. Cela sollicite leur capacité de compréhension,
l'expression orale, l'écrit ensuite... Qu'est-ce que vous voulez
de mieux ? »
Alors que pratiquement neuf profs sur dix possèdent déjà
un micro chez eux, les trois-quarts disent utiliser la connexion Internet
de leur établissement pour enrichir leur cours, selon le baromètre
France Télécom .
Du coup, les formations continues proposées aux enseignants,
à l'IUFM de Paris par exemple, ne désemplissent pas.
Une révolution récente, dont l'accélération
est manifeste sur les trois dernières années. Et qui
pose l'épineuse question de l'inégalité entre
les écoles : superposée à la fracture sociale,
la « fracture numérique » creuse encore le fossé
entre les élèves.
le Parisien : http://www.leparisien.com
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