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Vous avez dit échec scolaire ?
Vous utilisez le mot rupture ou encore, fracture ?
Que des mots sympathiques, alors cette lecture vous intéresse...
Je me présente : je suis un ex-jeune de la "zone", celle
dont certains la décrivent comme espace de non-droit, des espaces
qui en font baver les profs, les institutionnels, mais aussi "baver"
les médias.
Ces "acteurs" sont devenus "nos" spécialistes,
ils souhaitent y créer des espaces culturels, car nos moyens d'expression
les intéressent, notre musique, nos danses, nos langages, nos codes...
Honorable intention... Mais que voit-on ?
Peu de choses en fait, à oui... des études, des mouvements
d'argent, des aides à certaines associations qui auraient dû
mettre dans leurs statuts en article 1er: "association alibi"
ou "association faire-valoir", au lieu de mettre "association
à but non lucratif"
Comme beaucoup d'autres jeunes nous avons beaucoup à donner, contrairement
à ce qui est décrit dans la presse, nous avons beaucoup appris
depuis notre enfance dans ces quartiers difficiles, où se cotoient,
misère au quotidien, alcoolisme, drogue, inceste, suicide, etc.
A-t-on besoin pour agir dans ces espaces d'être ethnologue, sociologue
ou ...logues ?
Sommes-nous ces nouvelles terres vierges, l'ouest américain pour
ces intélos, des zones à transformer en centres de recherche
? On nous prend pour des truffes ou plus grave, pour des rats de laboratoires
!
Un jour, un responsable académique me dit face à mon discours
passionné sur la transmission du savoir, de l'expérience,
"Pourquoi ne pas devenir prof, on voit bien que c'est votre truc ?"
Et pourquoi pas ? Mais devient-on prof au mérite, à son expérience
du vécu ?
Je ne le le pense pas, vu tous les diplômes qu'on te demande quand
tu vas retirer un dossier...
Les études rendent-elles intelligent ?
Je pense que cela ce saurait !
Est-ce que ces gens-là n'oublient pas trop vite qu'ici, la sensibilité
permet la faculté d'écouter, de comprendre et donc de transmettre
? C'est elle qui motive, qui apporte cette possibilité de soutenir
son voisin.
Oui je suis serein en disant que le système français éducatif
génère de l'exclusion, de l'échec, exemple: moi qui
n'ai pas de diplôme, pourrai-je jamais enseigner, passer une licence,
ou un truc du genre ...?
M'invitera-t-on en qualité de maître de conf dans une université
afin de parler de mon expérience, de celle de mes amis des souffrances
du peuple, le vrai, celui des cités, celui qui n'a accès qu'à
force de volonté, au savoir ? Celui qui pour se faire entendre, et
pour qu'on ait un peu de considération, doit brûler des voitures
de flics ?
Ne s'exprimer qu'avec les mots de son quotidien, fait rire les nuls de canal+,
mais aussi toute cette fange intellectuelle et aristocratique qui détient
le savoir et qui ne veut pas le partager.
Celle qui n'ose pas venir dans nos cités, dans ces lieux de non-droit
?
Les questions sont là, vous avez les réponses, car vous avez
les moyens !
Nous attendrons, mais pas toujours serein !
Pardon pour ce cri du coeur, qui n'est pas un cri du fiel, mais si rien
n'est fait, risque de le devenir...