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Samuel Dudouit       Par Violène
du lycée Robespierre d'Arras (Pas-de-Calais)


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Le samedi 4 mars 2000 a eu lieu au lycée Robespierre d'Arras (Pas-de-Calais) la 4e conférence du cycle proposé par l'établissement. Il s'agissait d'une allocution du poète Samuel Dudouit, qui s'était déplacé depuis la Normandie afin de lire des extraits de son œuvre et d'exposer sa démarche aux élèves. Après la prise de parole du proviseur M. Rosiaux et de M. Boisnard, professeur de philosophie, M. Dudouit s'est adressé aux élèves. Car c'est bien cela : il parle, il leur parle. Il les accuse même, remet en causes les habitudes, tente de nous réveiller de notre torpeur d'individus sociaux.

            C'est à travers la lecture de quatre textes, deux poèmes et deux extraits de roman, que Samuel Dudouit a présenté son travail. Il ne se considère comme un poète que dans la mesure où il écrit de la poésie et désire ainsi se délier du langage informationnel et utilitaire qui caractérise notre anonymité et notre manque de spontanéité.
            La " Prière exacte " de M. Dudouit s'est tout d'abord imposée comme une sombre image de la misère du quotidien qui trop souvent dénigre la vraie beauté de la vraie vie. Ensuite Samuel Dudouit a interpellé l'assemblée avec " Ne sois pas distrait ", son second poème. Par cette adresse directe à l'auditeur il le responsabilise et l'attaque à coup de " hamburgers surréalistes ", et de prise à parti du langage, comme cette association entre " fausse communication " et " fosse commune ". Il stigmatise parfaitement la mesquinerie et l'étroitesse de notre subsistance monotone, ce " petit hoquet régulier de la vie ", et parallèlement, faisant appel à une technique tibétaine, il nous apprend qu'il faut s'éveiller au moment de la mort pour réaliser que ce passage n'est rien. Toutefois, le parcours de M. Dudouit ne se limite pas aux poèmes qu'il trouve trop formels, pas assez ouverts. Pour lui la frontière entre poésie et roman reste floue, et c'est une des raisons pour lesquelles il a adopté ce second genre. Il a donc lu deux extraits de ses romans, et sa plume libérée a raconté " L'enfer ". L'enfer de nos " yeux fermés " sur la vie qui se réduit à un " petit vieux récit ".
Samuel Dudouit nous fait entendre " combien je n'est que silence ".
            Dans une seconde partie, c'est la démarche de M. Dudouit que les élèves et les quelques adultes présents ont pu apprécier. Or, en fait de démarche, Samuel écrit son propre destin et se risque au dépassement inévitable de l'œuvre sur son créateur. En effet chaque homme est cadré par ce qui lui est donné naturellement dès la naissance, comme l'a expliqué M. Dudouit. Chacun se complaît dans des habitudes qui lui permettent " le plus profond sommeil possible ". La poésie intervient alors d'une manière quasi politique ; c'est une attitude de révolte contre tout. Ce langage qui n'est au départ qu'un système de communication demande à être construit par ceux qui l'emploient et qui en ont dès lors la responsabilité. M. Dudouit a insisté sur le problème du " on " qui nous laisse tout juste la possibilité d'être marionnette de nos propres mots. Car il faut passer à un " je ". Ici M. Dudouit a évoqué Solers : " il faut briser en [soi] les liens du langage ". La poésie s'impose alors : elle est la subversion indispensable, l'orateur a alors cité Jouffroy (un de ses pairs et de ses " pères ") : il faut " se tirer une balle dans les mots ". La poésie implique une intervention personnelle de chacun, un rejet du " on ".
            Pour finir M. Dudouit a lu quelques pages d'Antonin Arthaud, un auteur qu'il apprécie tout particulièrement.
Réveillons-nous donc !
Sachons écouter et regarder la vie comme nous y incite Samuel Dudouit.
Abusons des mots afin de ne pas abuser des hommes.
      Par Violène



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