60 ans après...        1943 - 2003 Marcel SANTONI

L’usage est de donner, tous les dix ans, un éclat particulier aux anniversaires.

En 1993, pour le Cinquantième anniversaire de la libération de la Corse, la présence des plus hautes autorités de l’Etat avait marqué les cérémonies commémoratives.
2003 sera l’occasion de rappeler aux uns, de faire connaître aux autres, les moments forts de l’histoire de notre île, il y a soixante ans.
Saisissant l’occasion du désarroi de l’occupant italien à l’annonce de l’Armistice et refusant l’attentisme conseillé, le 9 septembre 1943, la Résistance a donné l’ordre d’insurrection et décrété le rattachement de la Corse à la France Libre. Durant une semaine, les patriotes ont affronté, avec leurs seules armes, les troupes allemandes et fascistes italiennes dans l’attente de l’engagement des forces régulières venues d’Algérie et, à leur côté, ont poursuivi l’ennemi jusqu’au 4 octobre, date à laquelle Bastia libéré, les derniers occupants étaient chassés de l’île.
Dans le discours qu’il leur consacrait, discours radiodiffusé depuis Alger le 24 septembre, le Général de Gaulle soulignait l’importance de ces événements :
«… la France entière a tressailli… ».
Et à Ajaccio où, pour la première fois depuis juin 1940, il retrouvait le sol de France, le 8 octobre 1943, devant un peuple qui, par son enthousiasme légitimait son autorité, il proclamait :
« … la Corse a la fortune et l’honneur d’être le premier morceau libéré de la France… ».

Dans les jours qui suivirent, vingt deux classes se mobilisaient sur simple avis de presse. Près de quinze mille hommes et femmes volontaires allaient retrouver en Afrique ceux des leurs qui n’avaient jamais cessé la lutte et, renforçant les rangs de l’armée de la reconquête, allaient prendre part à tous les combats pour la libération de l’Europe.
De 1939 à 1945, au maquis, dans les camps, sus l’uniforme, il n’est pas un seul lieu où les corses n’aient été présents au combat.
                                                             Cela ne doit pas être oublié !!
Nous le devons à la mémoire de ces hommes et de ces femmes qui ne furent à aucun moment avares de leurs efforts, de leur pensée et de leur sang :
- les Fred Scamaroni – Colonna d’Ornano – Jean Nicoli – A. Giusti – Danielle Casanova – P. Mondoloni – P. Poggionovo – Charles Bonafedi et d’autres, d’autres encore….. combattants anonymes.
2003, c’est peut-être aussi une des dernières occasions de rendre hommage à celles et ceux, chaque jour moins nombreux parmi nous, qui furent les acteurs de ces moments historiques et leur dire notre reconnaissance.
La société d'Histoire Corse-Méditerranée « A Bandera » est résolue à contribuer à prendre part à la réussite des manifestations qui commémoreront avec éclat et solennité, ce soixantième anniversaire.


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