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| Le Néolibéralisme Scolaire en question... Pourquoi une telle unanimité contre Claude Allègre ? Précisons, qu’en son temps Lionel Jospin alors ministre de l’éducation de Rocard avait dû démissionner sous la pression des enseignants ! Cela l’a conduit à une assez longue traversée du désert... Du fait de l’incompréhension de ses ex-collègues, il en gardé une certaine rancune et un profond malaise d’ingratitude. On a dénoncé de Claude Allègre, son poujadisme, son dénigrement des professeurs et des chercheurs, ses basses flatteries médiatiques... On en conclurait donc que sa démission serait un bien pour l’école. Reste que par les mots et par les actes, une politique prend forme, et il faut maintenant interroger pour ce qu’elle est: Une politique néo libérale... ? L’adjectif pourrait surprendre tant les discours officiels sur la République et la citoyenneté semblent indiquer une orientation différente. En fait en étudiant les mesures concrètes d'une telle politique on comprend qu’elles sont induites par un libéralisme bureaucratique bien français. Effectivement, d’un côté, on veut donner une autonomie croissante aux établissements scolaires sous couvert en fait de moins en moins de moyens. Autonomie ? Pourquoi ne pas reprendre le concept d’un ex-ministre de l’éducation, le libéral de droite François Léotard ? Claude Allègre, néo libéral et bureaucratique ? Pourquoi ce désir de plus d’autonomie dans nos établissement scolaires : pour qu’elles soient plus productives. Cela paraît doux à l’oreille... Mais est-ce une solution ? En fait, on induit sournoisement sous le précepte « autonomie » le dogme « débrouillez-vous » On cache cette vérité chaque jour avérée par une recherche de productivité, qui fait bien et peut être agréable si l’on s’en donne les moyens. Mais la productivité d’un enseignement peut-elle se satisfaire de moins de moyens, quand ce n’est pas d’un manque dont il s’agit ? C’est ce qui en en cause dans les nouvelles réformes, qu’elles s’appellent plans ou autrement... D’un autre côté, les chefs d’établissements sont plus que jamais aux ordres du « centre » pour « tenir » politiquement l’appareil de formation et imposer les nouveaux dogmes pédagogiques. D’une part, il s’agit, de déléguer aux niveaux administratifs inférieurs, en liaison avec les pouvoirs économiques et politiques locaux, « la gestion de la pénurie » et le traitement d’une misère sociale dont la noblesse d’État préfère se tenir éloignée. C’est à dire « le transfert de compétences » On dit aux communes ce qu’il faut faire, comment il faudrait le faire, mais on ne leur donnent pas les moyens financiers de le faire ! Car un dogme économique s’impose en effet à l’école: réduire les déficits publics malgré la croissance des « déficits » sociaux, culturels et éducatifs. D'autre part, on veut à terme promouvoir l’éclatement du système éducatif tout en en enfermant la pratique pédagogique des enseignants dans un carcan de « programmes » et de « méthodes » qui ne peuvent que favoriser le pire conformisme idéologique. Une politisation sans vergogne de la pédagogie conduit le ministre, à décider du contenu des matières, des livres à étudier, du type d’exercice à donner aux élèves, etc... Pour cela, le « il faut dégraisser le mammouth » (phrase de Claude Allègre dès ses débuts) consiste à diminuer la rémunération des enseignants, à ne plus créer aucun emploi d’enseignant, à « redéployer » les moyens existants, à diminuer les heures de cours et des programmes scolaires, bref à alléger et saupoudrer ! Quelles en seront les victimes : toujours les mêmes les plus pauvres, de plus en plus nombreux au demeurant. En fait il est question de quoi ? De prendre aux pauvres pour donner aux plus pauvres et ainsi à décharger l’État de ses responsabilités financières en les reportant sur les régions et les villes. C’est ainsi que dans le rural entre autre, ou dans des communes par ailleurs peu scrupuleuses, on peut voir les établissements scolaires se dégrader devenir de véritables squats crasseux, ou l’envie de travailler du pédagogue jusqu’à l’élève, relève du miracle ou du sacerdoce ! La politique scolaire devient d’abord celle de l’économie. D’une économie de bouts de chandelles, et de fait, toute aussi condamnable que celle du sang contaminé ! Où en sommes nous ? Une situation ou n’importe quel enseignant peut remplacer n’importe qui, une politique de déqualification (tout le monde peut enseigner n’importe quoi à n’importe qui dans n’importe quelle condition), des emplois-jeunes précarisés sans formation ou futur reclassement prévu... L’abandon du plan Informatique dans les collèges, ce qui pour sûr, est là une très sérieuse économie budgétaire, et qui n’hypothèque en rien l’avenir de notre société française, où son président demandant lors d’une visite à la Grande Bibliothèque où lui était présenté une recherche sur un micro « Qu’appelez-vous la souris ? » ... On en reste rêveur ... A quoi nous attendre ... ? Au pire... ? Comment pourrait-il en être autrement tant les convergences de nos dirigeants politiques sont concordantes ? Verrons-nous bientôt (toujours selon Léotard) un lycée devant l’absence d’un enseignant proposer des primes pour obtenir une affectation de poste, et s’il y a trop de prétendants à un autre poste baisser le revenu de base, en fonction de l’offre et de la demande ? Pourquoi ne pas imaginer que La Sorbonne devienne une vaste braderie, une foire au postulant et que le bénévolat en soit sa rétribution ? Je n’ai plus qu’à conclure : Vive le néolibéralisme pédago ! |