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"J'ai été initiée à la spiritualité
en Corse, par ma grand-mère..."
C'est ainsi que Josiane se présente à ses visiteurs
sur son site web, http://www.mattersofspirit.com
Un site consacré à la beauté de l'âme,
où Josiane propose à tous ses prières et ses
talents de guérisseuse. Du Mont Shasta, en Californie, où
elle exerce, Josiane Antonetti-Mariani, loin d'avoir oublié
la Corse, s'en est rapprochée. Elle retrace les étapes
de cet émouvant parcours à la recherche de son enfance
dans son livre Whispers of the Soul, "Murmures de l'âme",
déjà traduit en allemand et dont la parution en français
ne saurait tarder. La Corse, pour Josiane, dont la mère est
d'Ajaccio et le père originaire de Vescovato, c'est avant tout
l'ambiance que sa grand-mère, pour tous "Zia Raphaella",
la sage femme, "Mammana" et 'Incantatora", a su créer
autour d'elle durant les sept premières années de sa
vie, à Ajaccio. D'elle, elle tient son attachement à
une spiritualité "naturelle", qui s'inspire des traditions
liées à la connaissance et à l'écoute
de la terre et des anciens. De son grand-père, pêcheur
retraité de la marine marchande, qui éblouit les enfants
de ses récits de voyage et de la description de paysages exotiques,
comme la mystérieuse Mer Morte, elle tiendra sans doute son
goût de l'aventure et du voyage. Dans l'Ajaccio de 1942, la
famille habite la maison de Napoléon, et la petite Josiane,
dont les parents sont retournés à Marseille, dort avec
sa grand-mère dans l'ancienne chapelle des gardes. Les murs
sont couverts d'images saintes et des cierges de dévotion brûlent
toute la nuit "pour écarter les mauvais esprits de la
maison", mais aussi "pour monter aux morts leur chemin".
Il n'y a pas grand chose dans cet Ajaccio touché par la guerre
et les privations qui l'accompagnent. La nourriture manque souvent.
Mais la petite fille grandit dans la joie, entourée de sa famille
et de ses grands-parents, auxquels elle a été confiée.
Et surtout, elle a le privilège d'accompagner partout sa grand-mère,
et se trouve ainsi plongée au cœur des traditions et des cérémonies
dont elle voudrait apprendre le secret. "Plus tard, ma fille,
plus tard, se Diu vole"... lui répond Zia Raphaella. Alors
elle se contente d'observer les rituels, parfois en cachette, en témoin
curieux et passionné. Les souvenirs de Josiane sont d'autant
plus intéressants qu'ils se mêlent à son imagination
enfantine, qui en est profondément marquée. Avec Zia
Raphaella, elle écoute les prières des morts et des
vivants, observe l'interprétation des rêves et la prédiction
de l'avenir, car la grand-mère a aussi un talent de voyante.
Avec elle, elle se glisse dans le cercle des femmes guérisseuses
en tous genres, car chacune a son domaine privilégié.
Il y a la "mazzera" Zia Louisa, la "signatora",
dont le regard la fait presque mourir de peur! Mais aussi l'étrange
et envoûtante "sfumatora" qui guérit à
travers l'invocation des esprits, dont elle surprend la cérémonie,
et qui brûle des herbes jetées dans un chaudron rempli
de braises dans une chambre obscure, entourée des mystérieuses
incantations des femmes. Et la "tundra", la seule capable
de soigner à distance. Josiane participe à bien d'autres
rituels, comme au découpage précis des tomates que l'on
arrange savamment sur le toit pour faire cesser la pluie. Ces croyances
se confondent naturellement avec les rites catholiques, les processions
du "Catinacciu", les prières aux saints et à
la vierge Marie.
Il est certain que dans cette ambiance de prière continue la
sensibilité de Josiane lui permet d'entrer très jeune
en contact avec le monde de l'esprit.
Les questions pour elle ne se posent pas. Zia Raffaella est dans le
vrai, elle sait. Le voisin et mort et Josiane l'a vu lui dire au revoir
de la main, tandis qu'il était mort, dans le village voisin?
Rien de plus normal: "quand on meurt on retourne vers les lieux
qu'on connaît," explique la grand-mère.
Et le soir du premier novembre les enfants ne participent pas à
la veillée, et les mets délicieux demeurent hors de
portée, car ils sont "pour les morts".
L'incendie d'Ajaccio va changer brusquement cette vie fertile. Sa
mère vient la chercher et l'emmène à Marseille.
Pour la petite fille, c'est un vrai
déchirement.
"il me manquait la langue, et les prières de ma grand-mère",
dira-t-elle.
"Plus personne ne parlait corse. On allait au catéchisme,
et c'était froid, on apprenait des choses différentes,
froides."
Elle va se faire cependant à la séparation. Elle grandit,
passe ses examens, devient infirmière... (...)
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